‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 111 sur 305 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

consiste-t-elle avant tout clans la quantité de somme d’argent susceptibles d’être prêtées, et subit-on faci lement la tentation de considérer déjà ces dernière pour elles-mêmes comme les capitaux véritables quoiqu évidemment à chaque emploi le capital ei argent dût tout d’abord être converti en une autrvariété des parties du capital. Une somme d’argen peut être prêtée quand elle n’est pas nécessaire à soi possesseur pour des déboursés obligatoires. Il fau toutefois examiner d’abord si toute somme d’argen prêtable dénote un approvisionnement, présent dan le pays, de moyens de production mobiliers, c’est-à dire d’autres capitaux opérant immédiatement. Um somme d’argent peut se former par diverses voies 1° Elle peut avoir été économisée sur un revenu Gomme la plupart des revenus proviennent immédiatement ou médiatement de la production de nouveaux biens , une somme économisée dénonce ej! général 1 existence d une quantité de biens nouvelle ment produits d’une espèce quelconque.

2° Elle est la compensation d’un approvisionne ment de biens qui a déjà existé, et par exemple jx) D un capital consommé dans une industrie. S 1 industrie est productive, cette compensation découb immédiatement de la recette d’argent faite contri une nouvelle production de biens ; que si l’industrh n’est pas elle-même productive, il faut cependan admettre que son rendement en argent provienne dt revenu que la production de biens fournit aux personnes y engagées. ;

h) Mais la recette d’argent peut aussi, en dehor de toute exploitation industrielle, avoir pour origim; l’échange d’anciennes parcelles de fortune les unes contre les autres, et par ex. la vente de fonds de terre, bâtiments, droits, moyens de jouissance, titres de créances, ou encore le recouvrement de créances exigibles. Une somme d’argent encaissée de la sorte ne prouve manifestement pas l’existence d’une quantité achetable de choses mobilières propres à l’offlce

de capital dont le prix correspondrait à cette somme, et il doit sembler plutôt que justement quelqu’autre personne ne sera à même que de prêter d’autant moins, en ce que c’est par elle qu’a été donnée la somme pour l’achat, par exemple. Les sommes à avancer qui rentrent dans cette catégorie ne concourent donc pas à une véritable offre de capital influant sur le taux de l’intérêt.

3° Quant aux arrivages d’argent provenant de l’étranger, il est également clair qu’ils n’indiquent pas une augmentation d’autres biens matériels.

Quelle que soit la partie des capitaux prêtables que leurs possesseurs emploient eux-mêmes acquisitivement, elle n’exercera sur les intérêts qu’une action assez peu appréciable, car plus souvent les capitalistes se comporteront personnellement en entrepreneurs, plus s’amoindriront pour d’autres personnes les occasions d’entreprises industrielles, et plus aussi du même coup diminuera la demande de prêts.

De Yoffre passons à la demande . La demande de capitaux prêtables se détermine :

1° Quand on les emploie acquisitivemenf, d’après le nombre d’occasions qui se présentent pour des entreprises lucratives. La place qu’il peut y avoir pour l’emploi de nouveaux capitaux dans les industries productives est subordonnée aux extensions que comportent les travaux substantiels et le négoce. Relatons, comme les circonstances particulièrement dénaturé à favoriser la fondation d’entreprises nouvelles et le développement de celles déjà existantes (abstraction faite les mesures gouvernementales, consistant par ex. îans la protection donnée ou la liberté laissée aux établissements industriels) : a) l’abondance et la ferilité de terres propres à la culture et non entièrement itilisées encore, comme il en existe surtout en quan- -ité dans les contrées nouvelles et à population clairsemée, ainsi que des approvisionnements de produits îaturels tels que des minerais ou de la houille ; b) de

bons ouvriers en nombre; c) l’habileté et le zèle d< entrepreneurs, en lesquels surtout vit l’art industrie plus spécialement propre à un pays et dont le progrf attire des capitaux de plus en plus nombreux dans l’ir dustrie, soit pour l’agrandissement de la productioi soit pour la poursuite de celle-ci à meilleur compt< avec l’aide de moyens auxiliaires fixes; d) la facilit du débouché, à laquelle contribuent de bons moyen de transport, les relations avec l’étranger, une ré partition satisfaisante des produits entre les diverse classes sociales, le goût prononcé des habitants pou diverses consommations, etc.

2° Quand des sommes sont prêtées pour un usag non acquisitif, elles cessent, aux mains du débiteur d’être des capitaux, mais elles reprennent parfoi cette qualité en parvenant chez un possesseur qu les utilise comme moyen d’acquisition. Cette cir constance est toutefois indifférente quant à la porté de la demande. Celle-ci se règle sur la fréquence de besoins de pareils prêts, contractés par des gouverne ments aussi bien que par des particuliers, et elle est selon les circonstances, très-inégale, s’accentuan par ex. dans les années de disette et en d’autres con jonctures malheureuses. Aux premières périodes di développement social, des prêts de cette espèce doiven avoir été les prêts ordinaires, et en tout temps ils sretrouvent fréquemment parmi les autres. Le caractère différentiel consiste en ce que celui qui cherch. à emprunter pour satisfaire un besoin pressant o; pour faire face à une dépense qui s’impose ne si laisse pas détourner du contrat par l’exigence d’intérêts élevés, tandis que celui qui ne recherche ui emprunt qu’en vue de réaliser un bénéfice aban-i donnerait son projet devant une pareille exigence D’où il résulte qu’au cas où il s’offre peu de capitaux les intérêts peuvent, pour des prêts de la premièn sorte, atteindre à un taux auquel ne le pousserai pas facilement la productivité des entreprises. L’expérience montre qu’en certains cas des individu;

• pressés d’argent doivent, tout en donnant de la sécurité, acquitter des intérêts presque hors d’atteinte, d’autant que la plupart des personnes aisées dédaignent de prêter leur fortune par petites sommes et d’exercer sur la situation de leurs débiteurs, d’une manière continue, une surveillance aussi exacte qu’il serait nécessaire pour ne pas courir de risques. On connaît l’appréciation de Tacite, laquelle suppose un mal très-intense : Sane vêtus urhi fœnebre malum et seditionum discordiarumque creberrima causa. Mais si, dans les premiers temps de la République romaine, le taux de l’intérêt n’était pas limité, la loi des Douze Tables n’autorisa au maximum que le anciarium fœnus, c’est-à-dire une once pour 12 ou [8 4/2 % pour l’année de 10 mois, par conséquent 10 % pour une année pleine. Constantin fixa l’intérêt au centième par mois (12 %), mais sa Constitution, dont l’objet avait été violemment attaqué par Saint Augustin et Saint Ambroise, fut révoquée par la Novelle de Justinien De nautico fœnere, qui défendit d’exiger aucun intérêt, excepté dans le cas de prêt maritime, appelé plus tard prêt à la grosse aventure. Selon les lois des Hindous, des Brahmines ne pouvaient exiger au-delà de 2, les soldats au-delà de 3, les marchands au-delà de 4, les autres classes au-delà de 5 % par mois, d’où il est permis de conclure qu’il avait été perçu des intérêts dépassant 60 %. Des intérêts très-élevés deviennent encore en quelque sorte supportables par la modicité de la somme prêtée et la promptitude du remboursement. L’Anglais Mayhew rapporte que des marchands des quatre saisons payent bien de 3 à 4 shellings d’intérêt par semaine pour 1 livre st. (ce qui fait de 15 à 20 % d’intérêts par semaine), et il faut bien reconnaître que ces marchands trouvent encore parfaitement leur compte à des avances faites à des conditions en apparence si dures.

Même quand la sécurité est entière, le taux le l’intérêt doit donc être élevé dans les pays

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