‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 119 sur 305 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

dise, par conséquent par un revenu suffisant, à défaut duquel les précédentes conditions seraient inutilement réalisées. Le revenu des acheteurs découle de leur participation au rendement d’autres œuvres productives et dépend par conséquent de l’étendue de la production totale de hiens, comme aussi de la façon dont celle-ci est répartie entre les diverses classes sociales. Chaque quantité de biens vendue met à même ceux qui sur le produit toucheront soit un salaire, soit un profit industriel, soit une rente du sol ou du capital, d’acheter d’autres articles, de telle sorte que les diverses branches de production se servent de condition les unes aux autres.

»*, Quoi qu’il en soit des barrières que ne peut franchir le débouché, les moyens signalés plus haut et qui englobent le débouché peuvent pour un temps valoir un bénéfice inaccoutumé à un entrepreneur qui serait seul à les mettre en œuvre avec sagacité. Que si ces moyens arrivent à être connus et à être employés, la concurrence fait disparaître l’avantage supérieur de l’entrepreneur isolé, que ce nivellement du profit dans une industrie résulte de l’abaissement des prix de vente ou de l’élévation d’une classe de dépenses industrielles. Il est vrai qu’entre plusieurs industries il se produit une tendance analogue à l’équilibre, en ce que les industries plus lucratives sont choisies plus fréquemment, tandis que les moins avantageuses sont désertées de plusieurs, ou en ce que du moins des extensions ou des limitations surviennent dans l’exploitation. Néanmoins, ici il n’y a pas en cause que les difficultés concernant le changement de l’offre, et déjà la différence dans les risques et dans les frais d’entretien de l’entrepreneur ne permet pas de compter sur une uniformité générale sous le rapport des profits industriels, de telle sorte que l’on peut seulement admettre que des industries réclamant même capital, même peine, même genre de vie, etc., de l’entrepreneur, rapportent approximativement autant les unes que les autres.

Dans le royaume de la Grande-Bretagne, le profit industriel, y compris la rente du capital, comporte, selon Sinclair, pour le fermier de terres labourables environ 10, rarement 15 0/0 du capital, tandis qu’il s’élève plus fréquemment pour le fermier de pâturages à 15 0/0 et même plus, à cause du savoir faire et de l’esprit entreprenant et osé des éleveurs de bétail.

* Quand le profit industriel s’élève au-dessus du montant des frais, l’entrepreneur perçoit un revenu net, qui est un profit industriel net. A degré égal d’habileté et d’ardeur, celui-ci se trouve habituellement plus élevé dans de grandes entreprises d’un certain genre que dans des entreprises plus restreintes, attendu qu’avec le développement de l’exploitation, les frais d’entretien de l’entrepreneur, aussi bien que divers frais industriels, comme par ex. les dépenses pour bâtiments et machines, n’augmentent pas dans la même proportion. Bien des machines de valeur , telle que celle à l’aide de laquelle on cylindre dans les fabriques de toiles peintes, ne trouvent de l’emploi que dans une industrie d’une certaine importance, comme aussi l’achat des substances requises peut s’y organiser plus économiquement, et comme encore on peut se livrer soi-meme à la préparation de bien des choses dont on a besoin sur une échelle un peu vaste, etc. Sans doute, quand les entreprises ont de grandes dimensions, cet avantage pourrait se trouver affaibli par la difficulté de la surveillance d’un nombreux personnel d’employés, ou en général par la difficulté d’une bonne direction de l’ensemble, ainsi qu’il est possible de l’observer dans de grandes compagnies commerciales et d autres entreprises riiontées par actions; mais, abstraction faite de cela, le plus petit et le plus fort entrepreneur peuvent être considérés comme des propriétaires de deux fonds de terre d’inégale fécondité; si déjà le plus petit a à se réjouir d’un produit net, il n en peut écheoir qu’un d’autant plus grand à l’entrepreneur de plus haute taille.

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