‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 133 sur 305 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

culées fait fonction de menue monnaie en Chine, dans l’Inde antérieure, en Arabie et en Afrique jusqu’aux côtes occidentales. Des îles Maldives ils se répandirent vers l’ouest, et on les rencontre aussi sur le littoral africain. Leur expansion semble avoir été favorisée par le commerce des esclaves, et si, dans certaines contrées, ils ne jouent pas le rôle de l’argent, on les y considère au moins comme des ornements.

Toutefois, de bonne heure déjà les métaux semblent l’avoir emporté sur tous les autres agents de la circulation, et leur introduction remonte même si haut chez les peuples de l’antiquité que la date précise en est ignorée pour chacun d’eux. La monnaie métallique circula fort tôt chez les Hébreux; Athènes la connut déjà du temps de Solon, et les Romains en usèrent à partir du règne de Servius Tullius.

Selon Mungo-Park, la monnaie d’un certain peuple d’Afrique consisterait en barres de fer, et les indi-, gènes y seraient habitués à donner à une masse dé biens, équivalente en valeur à l’unité de mesure, le nom même de barre; et c’est ainsi, par exemple; que vingt feuilles de tabac ou un gallon d’eau-de-viej y recevraient d’eux la qualification d 'une barre de tabac, une barre de rhum.

Parmi les métaux, ce sont l’or et l’argent qui ont généralement obtenu et obtiennent encore la préférence, le platine étant, même dans l’état actuel dé la métallurgie, trop difficile encore à convertir en monnaie, et cette préférence s’explique par les avan-: tages qu’ils présentent, et dont voici l’aperçu.

I. — En ce qui concerne leurs qualités physiques \ on peut faire valoir :

a) Leur dureté et leur durée, grâce auxquelles ils ne subissent par la circulation que peu ou point de déperdition de substance, échappent à presque toutes les dégradations, et peuvent sans danger de détérioration être conservés avec une grande facilité. Les travaux de Cavendish et de Hatchett ont établi que

l’or, l’argent et le cuivre sont, plus que tous les autres métaux, propres à être combinés ensemble, pour la fabrication de la monnaie, car ces combinaisons conservent la ductilité, et peuvent, sans perte aucune, être refondues par oxydation.

b) La constitution, la composition identique de ces métaux, quand ils sont purifiés, de telle sorte que chaque livre d’or ou d’argent équivaut à une autre livre et peut prendre la place de cette dernière.

c) Leur fusibilité et aptitude à prendre la forme; d’où résulte à la fois et la possibilité de convertir des pièces de monnaie en d’autres, sans perte et sans difficulté, selon la nature des besoins qui peuvent réclamer des pièces plus petites, plus fortes ou plus nouvelles, et la possibilité de transformer facilement en monnaie des ustensiles ou des lingots d’or et d’argent.

d) Leur bel éclat, inaltérable à l’air, en raison du peu d’affinité existant entre ces métaux et l’oxygène contenu dans l’atmosphère.

II. — Ils ont un prix peu variable et qui est, en même temps, assez élevé, ce qui fait que, sous un volume peu considérable, par très-petits rouleaux, ils représentent des valeurs importantes. C’est là une grande facilité pour l’usage et notamment pour les expéditions. Les métaux vulgaires peuvent, sans doute, quand il s’agit de compenser des quantités d’une valeur modeste, rendre des services excellents, mais ils perdent tout-à-fait leur application dans les échanges agrandis.

III. — Grâce aux qualités physiques qu’ils possèdent, l’appréciation de leur valeur a un caractère général. La beauté unie à une valeur élevée recommandent particulièrement l’or et l’argent comme objets de parure et de luxe, et les font servir comme de thermomètre pour les divers degrés d’aisance, voire de signe récognitif des positions sociales les plus élevées. Pour chaque échelon, l’usage d’un effet d’argent ou d’or peut servir de caractéristique.

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