‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 136 sur 305 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

déterminer le prix de la monnaie métallique, parc que les métaux servant à la fabrication de la monnaie ont en même temps un prix général, correspondant à leurs frais de production, et qui avec 1; possibilité où l’on est de les expédier facilement e à bon marché, ne varie guère d’un pays à l’autre Le prix des métaux transformés en monnaie dan* tel endroit ne peut pas beaucoup différer de ce prb général des métauxbruts, parce qu’il est aussi facib de rétablir, par la refonte des monnaies, la matièn brute que de convertir celle-ci en pièces de monnaie d’une certaine espèce; de diminuer, par conséquent, que d’augmenter la réserve en argent.

Quand, dans un pays, la monnaie commence i devenir trop bon marché, comparativement au prb universel des métaux précieux, une partie de la ré* serve ne tarde pas à être expédiée, sous forme d( monnaie ou après refonte, à l’extérieur, et cette réserve se trouve bientôt assez réduite pour relever lj prix de l’argent (1). Ce changement peut s’opérer sof

(1) Les notions qui précèdent établissent l’inexactitudi des principes fondamentaux sur lesquels repose le sys tème mercantile. Une forte accumulation d’argent métallique dans un pays n’y présenterait pas d’avantag* sensible et ne saurait s’y maintenir à la longue. L’exem pie de l’Espagne, qui échangeait ses affluences consi dôrables d’or et d’argent contre des marchandises d< diverses espèces, est surtout démonstratif. Gomment m pas trouver déraisonnable la conduite du ministre de! finances Galonné, qui, pour se procurer en 1782 et 178:de l’or et de l’argent en plus grandes quantités, en fi acheter à l’étranger à des prix tellement élevés qu’i devint profitable de refondre de la monnaie en France ou de l’envoyer sur les marchés du dehors. On s’exagère d’ailleurs trop facilement les effets d’une augmentatior donnée de numéraire, quand on ne songe pas au rapporl existant entre elle et la réserve totale du pays. Bien que comportant quelquefois une somme importante, cette augmentation peut tout de même souvent ne constituei que 1 ou 2 p. 100 de la réserve, ce qui, assurément, ne saurait entraîner des conséquences bien notables.

le 1° les habitants du pays emploient des sommes us ou moins fortes à acquérir à l’étranger des archandises ou des biens immobiliers, à y alimenter 3s entreprises, à y consentir des prêts, après avoir mstaté que l’argent y donne des résultats plus avangeux ; soit que 2° des étrangers eux-mêmes, enmragés par des prix plus élevés, se chargent d’aener les marchandises, pour en emporter ensuite produit en argent.

Aj outons qu’en même temps les indigènes consacrent îaucoup plus d’or et d’argent à la fabrication d’usnsiles, debijoux et autres objets servant aux usages ) la vie.

Bien qu’un accroissement de la provision d'armt dût avec le temps entraîner à sa suite une éléition générale du prix des biens, il commence pendant d’abord par exercer sur l’activité indusielle une influence heureuse, qui peut s’expliquer ir les considérations suivantes :

1° Les nouvelles masses d’argent n’apparaîssent is tout-à-coup et simultanément sur le marché ; [grandissement de la demande ne se manifeste en alité dans les premiers temps que pour certaines pèces de marchandises et de prestations qui se luvent ainsi renchérir avant les autres.

Voilà comment les vendeurs de ces espèces réalent des bénéfices plus élevés en attendant que l’effet idende sur tous les objets en circulation et que irs prix respectifs reprennent entre eux le rapport j.i existait avant l’accroissement.

2° Diverses dépenses des en trepreneurs ne s’élèvent s aussi promptement qu’il n’arrive pour leurs rettes, grâce à la hausse qui se produit dans les prix. i rente foncière demeure au moins la même pour iite la durée des baux existants (1); on s’acquitte

1) Quand le renchérissement des marchandises se Dduisit au XVIe siècle en Angleterre, les terres étaient

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