CHAPITRE PREMIER COMPENSATION ET DÉLÉGATION
Quand deux négociants sont en relations d’affaires et se font réciproquement crédit, les créances respectives ne sont pas aussitôt réglées, et l’on attend quelque temps, ordinairement la fin de l’année, pour faire le compte de ce que l’un doit à l’autre. Des prétentions égales de part et d’autre s’effacent, et il n’y a que l’excédant des obligations de l’un d’eux qui doive être acquitté en argent. Ce décompte, cette compensation détermine donc une économie dans les moyens de circulation. Cette économie se réalise sur une plus vaste échelle encore, quand une grande quantité de personnes, se trouvant créancières les unes desautres, décomptent d’une manière semblable, de façon que chacune invite son débiteur à payer non pas elle-même, mais ses créanciers, et que chacune ne paie ou ne reçoit comptant que la différence de la totalité de ses dettes et dç ses créances. Supposons, par exemple, quatre individus faisant entre eux des affaires, en telle manière que :
A doive à B 1,500 fr.
et à D 4,000 »
C à A 2,800 fr.
et à D 6,400 »
La somme de ces obligations s’élève à 25,900 fr. Comme dans l’espèce A doit ensemble 5,500 francs et qu’on lui redoit 2,800 francs, il invitera C à se charger de sa dette envers B , remettra encore en outre à ce dernier un reliquat de 1,200 francs, satisfera intégralement B et paiera ainsi en totalité