LIVRE II
a) dans des prêts ou autres destinations productives, on en retire des intérêts, des revenus, etc., qu agrandissent la richesse publique.
b) Achète-t-on des marchandises étrangères, à savoir :
De celles qui peuvent être utilisées comme capitaux, des matières premières, par exemple, le cercle de la production s’en trouve élargi;
Ou bien, au contraire, des objets de consommation, sans doute il n’en résulte uniquement qu’une augmentation de la jouissance et de l’absorption des biens ; mais comme l’introduction de la monnaie de papier ne profite, pour agrandir leurs revenus, qu’à ceux qui l’émettent, il n’est pas à présumer que la consommation intérieure s’accroisse en somme dans des proportions considérables, et la plus grande partie de l’argent devenu disponible recevra une destination utile avec continuité.
L’exportation d’argent métallique se produit nécessairement quand une quantité notable de monnaie de papier pénètre dans la circulation, à moins qu’un plus vigoureux essor simultané de l’industrie n’entraîne aussi de plus grands besoins d’argent. Car comme, étant donnés une certaine rapidité circulatoire et de certains prix de l’or et de l’argent, il n’y a qu’une quantité déterminée d’argent qui puisse trouver un emploi facile, les effets que nous avons signalés dans la deuxième partie doivent se manifester à l’occasion de l’émission de monnaie de papier. On éprouve de la difficulté à placer avantageusement les nouvelles sommes d’argent, et comme les possesseurs de monnaie de papier veulent l’utiliser de la même façon qu’une provision d’argent métallique, il en résulte une plus grande demande de biens et de travail. Aussitôt cependant aussi que la plus légère élévation du prix des objets d’échange se fait sentir dans le pays, il devient avantageux de faire à l’étranger des envois d’argent auxquels on ne peut employer que de la monnaie.
Cette exportation de monnaie continue tant qu’elle onne des profits; c’est pourquoi les marchandises t les prestations ne peuvent pas renchérir dans le tays au-delà des frais des expéditions du comptant.
>i les frais, les périls, etc., attachés à l’expédition de nétaux précieux comportaient ensemble 8 p. 0/0 c’était là au maximum la base d’appréciation en Angleterre, pour les envois du comptant sur le confinent), on cesserait d’adresser de la monnaie à 'étranger, si celle-ci ne pouvait y réaliser que 8 p. 0/0 le bénéfices en plus que dans l’île même. Les prix les choses ne sauraient donc dépasser que de 8 p. 0/0, iu plus ceux qui existent au dehors. L’argent méallique qui sort se répartit entre les autres contrées fi agit, par conséquent, quand sa quantité est consiléràble, comme une production accrue de monnaie nétallique. Une élévation de prix causée par la nonnaie de papier a des conséquences pareilles à ;elles qui proviennent d’un accroissement métalique. Un attrait plus puissant qu’auparavant sorte vers diverses entreprises, et il se développe me activité industrielle artificiellement surexcitée, le laquelle un examen superficiel pourrait induire in progrès égal dans l’aisance générale, tandis qu’en rnrtie ce n’est qu’une classe de la société qui gagne uix dépens de l’autre. Cependant il se rencontre rnssi quelque accroissement de la production, et il y a là un avantage durable.
Après l’introduction de la monnaie de papier, il faut qu’il reste au moins encore assez de monnaie dans le pays, pour effectuer les paiements qui ne peuvent se faire avec du papier. Mais plus seront infimes les sommes figurées par le papier, moins indispensable aussi deviendra la monnaie pour les rapports ordinaires, et plus sera grande la portion de la réserve antérieure de monnaie, qui pourra être remplacée par l’instrument circulatoire économique consistant dans la monnaie de papier. C’est ainsi que l’Angleterre a eu des banknotes de 5 schellings, que