‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 173 sur 305 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

et ce remboursement n’est surtout exigé qu’alors qu’on veut faire des envois de comptant au dehors (1). Aussi admet-on, comme une règle éprouvée, qu’une banque à émission peut bien entretenir dans la circulation trois ou quatre fois en billets ce que comporte sa réserve métallique, et comme ces billets sont aptes aussi bien que la monnaie à des usages productifs, la banque est en état d’étendre ses entreprises et ses bénéfices bien au-delà des limites que lui assignerait la disposition de son comptant seulement (2). Ce n’est que par cet excédant des billets sur la réserve monétaire qu’il y a remplacement de la monnaie par un agent de circulation plus économique.

Les entreprises commerciales sont légalement interdites aux banques, comme entraînant facilement des pertes dont l’éventualité seule affaiblirait déjà

(1) Quand on a de petits paiements à faire qui sont inférieurs au montant du billet de banque le moins important, on trouve facilement à changer ce dernier chez des particuliers sans avoir besoin de s’adresser à la banque même.

(2) Si avec 1 million de francs comptant une banque maintenait en circulation 3 millions de billets, et que par ceux-ci elle réalisât un bénéfice de 4 %5 elle ferait une recette de 120,000 fr., et ainsi, déduction faite des pertes et frais d’administration, il resterait bien encore 100,000 fr. pour les actionnaires. Les banques importantes semblent cependant, dans les derniers temps, avoir pris l’habitude de réserver des monnaies et des lingots dans des proportions plus fortes que celles indiquées. — Les actions d’une banque dont les affaires prospèrent ne peuvent plus, par cette raison, être achetées pour le montant de la mise originaire et atteignent un prix, un cours plus élevé, qui se règle sur l’importance du bénéfice, autrement dit du dividende; le rapport entre . le cours des actions et le dividende suit à peu près le pied usuel de l’intérêt, mais non pas rigoureusement, car l’acquéreur d’actions ne peut pas totalement perdre de vue l’avenir.

leur crédit, et parce qu’en outre leur rivalité deviendrait, sans cette prohibition, par trop redoutable aux commerçants isolés. Parmi les principales branches d’industrie exploitées par les banques à émission et fournissant l’occasion d’un emploi lucratif de banknotes, il faut ranger :

1° L’achat (l’escompte) de billets, au sujet desquels il faut s’assurer qu’ils portent des signatures connues et solvables.

2° Des prêts contre des sûretés suffisantes. Un établissement administré par des gérants responsables et qui ne doit pas courir de périls ne peut pas, en faisant des avances, se contenter de crédit personnel; il faut donc qu’il exige un nantissement (soit gage, soit hypothèque) ou une caution, et il doit éviter de prêter jusqu’à concurrence du montant intégral de ces objets engagés dont le prix subit de fréquentes variations. Ce qu’il y a de plus convenable, ce sont des avances sur des lingots de métaux précieux et sur de bonnes valeurs nationales, actions ou obligations de l’État. Des prêts sur marchandises sont un bienfait pour des industriels dans l’embarras, mais exigent certaines précautions tendant à écarter des gages qui n’auraient pas un placement facile et présentent quelques difficultés pour leur dépôt et leur conservation. Il n’y a guère que les avances faites aux gouvernements, pour lesquelles on n’exige pas en général de garantie réelle.

3° L’acceptation de sommes d’argent en monnaie ou en billets, soit seulement pour les conserver, soit à titre d’emprunt, avec ou sans intérêts. L’ayantdroit à un tel crédit peut, jusqu’à concurrence de son montant, délivrer des mandats sur la banque, ou faire transférer son dû à un autre ou exiger plus tard son remboursement.

Quand même une banque posséderait d’excellentes contre-valeurs en cautions, nantissements, etc., pour tous ses billets en circulation, elle n’échapperait cependant pas à de grands embarras si tous les por-

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