LIVRE II
teurs de ces billets réclamaient simultanément leur remboursement ; car, pour cause d’insuffisance de la réserve du comptant, il faudrait que les paiements fussent suspendus pour quelque temps au moins, ce qui porterait déjà un coup fort sensible au crédit de la banque. Un tel assaut ( Zudrang , Ueberlauf), venant à se produire à la suite d’une menace de guerre ou de toutes autres circonstances exceptionnelles, ne peut pas servir de fondement à des reproches dirigés contre les banques. En temps ordinaire, l’on peut assez compter sur la confiance et la clairvoyance des porteurs de banknotes, pour n’avoir pas à craindre que gratuitement ils viennent assaillir une banque sagement administrée; d’un autre côté cependant, toute banque à émission doit éviter soigneusement de jeter dans la circulation des billets en quantité telle qu’ils ne puissent pas s’y soutenir et qu’ils retournent avec une fréquence inusitée aux bureaux de la banque pour y être échangés contre de la monnaie. Dès que ce fait caractéristique se manifeste, il devient prudent de se restreindre dans l’émission ultérieure de banknotes (1). Si la réserve du comptant apparaît comme insuffisante, il faut qu’en même temps on songe à faire venir de la monnaie. Cette mesure de précaution est très-connue et sert de règle de conduite aux administrateurs des banques bien tenues, comme, par exemple, de la Banque de Londres. On a donc coutume de se montrer très-attentif à l’accroissement ou au décroisse- ; ment de la réserve métallique, et au cours du change qui caractérise l’invasion ou l’écoulement de la monnaie (2).
(1) Dans de pareils cas, on a l’habitude d’élever le taux de l’escompte, afin que précisément un moins grand nombre d’effets se présente à la négociation.
(2) En Angleterre, deux opinions se trouvent en présence relativement aux meilleurs procédés à employer
Mais comme ces banques ne peuvent guère, ou ioint se livrer personnellement à des entreprises ndustrielles, elles ne peuvent aussi émettre de lillets qu'autant que le comportent les avances et es achats d’effets qu’elles font; et les personnes vec qui elles traitent sont généralement des pariculiers qui, dans la plupart des cas, se proposent le traiter les sommes reçues en capitaux; par onséquent de les consacrer, en tant que l’occasion ’en présente, à des entreprises .productives, hn les temps d’une activité industrielle accrue, des lemandes d’emprunts se produisent avec plus de réquence chez les banques; en d’autres temps, au ‘ontraire, les avances laites par ces dernieres sont •emboursées et des sommes assez importantes leur ;ont confiées. La convertibilité des banknotes et la possibilité d’envoyer plus de monnaie encore hors lu pays s’opposent à ce que l’augmentation des notes
ar une banque. La doctrine professée par l’école dite e Birmingham, doctrine appelée aussi depuis 1840 curencv principles, ou currency theory, et qui a ete soumue principalement par Jones Lloyd et Norman, comme ussi elle a été admise par Robert Peel, part de cette iée que la monnaie serait l’agent de circulation le plus larfait, et en déduit que les banknotes dussent, dans la ruantité émise, se rattacher à chaque fois a la masse aonétaire existante. Dès lors donc que la provision du omptant diminue, il faudrait procéder a un retranchement égal sur les billets en circulation. Par la, on pense >hvier à une surabondance d’émission. Cette réglé est rop absolue et elle a été vivement combattue par loo e 'Enquiry in to tlie currency principle s, et J^ul-
arton (On the régulation of currencies, 184oJ, qui . soulennent cette thèse que, dans l’émission de ses billets, me banque doit se laisser diriger par ses besoins et se Dréoccuper seulement de posséder constamment les novens d’opérer le remboursement. Cette lutte s était mgagée surtout au sujet de l’acte de 1844, qui porte le rom de Robert Peel.