LIVRE II
entraînés à consentir des prêts considérables à l’Éts ce qui leur a préparé des embarras, a miné le créd de leurs billets et a communiqué plus ou moins ces derniers le caractère de monnaie de papier < l’Etat. C’est à l’administration de ces banques à r< sister à de pareils entraînements et à préven d’autres fautes encore.
Le gouvernail repose généralement entre L mains de préposés choisis par les actionnaires dai leur propre milieu et placés sous la surveillance d’n comité. Les déterminations graves sont réservées 1’assemblée annuelle de tous les participants. I publication des bilans et des comptes rendus annuel ainsi que rétablissement d’un fonds de réserve tii d’une partie des bénéfices, contribuent à fortifier ] confiance qu’inspire la banque. Mais une banque c ce genre n’est à sa place que là où se présentent e quantité suffisante des affaires sûres de l’espèce il diquée plus haut.
Ainsi que nous venons de le voir, il n’est p£ difficile de découvrir et de rapporter à l’unih aussi bien qu’à la pluralité d’émission, des incon vénients qui leur seraient respectivement propres et nous croyons cependant qu’en se plaçant mêm à ce point de vue exclusif de Y utile, les* avantage de la liberté l’emportent de beaucoup sur ceui qu’en cette matière on a pu, gratuitement selo nous, prêter au monopole, c’est-à-dire à la confis cation du droit d’émettre des billets au porteur è à vue au profit soit de l’Etat, soit d’une corn pagnie unique , délégataire de cette attribution Et d’abord, on pourrait peut-être s’étonner à bo droit de la nécessité où l’on se trouve aujourd’hef encore de se livrer à un tel examen après le conquêtes que nous croyions avoir réalisées, après le étapes qu’il nous semblait avoir franchies, après le stations que nous, Français, nous nous féliciton tous les jours de rencontrer sur notre route historique, et sur lesquelles on peut lire successive-
ient en gros caractères : Liberté industrielle, berté commerciale. C’est que, chez nous, les mots ennent le plus souvent la place des choses ; c’est u’on se contente généralement en France de vicnres idéales, et qu’il y a énormément à rabattre e cette prétention, à nous, d’être la nation la plus ratique de l’univers. Il est vrai que pour justifier anomalie qu’offre le monopole (1), on met constamîent en avant le souvenir néfaste du système de ,aw en déroute, et on montre les banques, après voir émis des billets, après avoir chassé les espèces, mibant par hypothèse en faillite et laissant le ays dans une détresse absolue, sans ressources ucunes, sans or ni argent, ni billets qui vaillent, lais il se trouve que ce souvenir, unique d’ailleurs ans les annales des banques de circulation, se >urne contre ceux mêmes qui l’invoquent, en ce u’il nous est fourni par le pays le plus métiuleux, le plus circonspect, le plus alarmiste, et où on a constamment pratiqué, relativement au moins l’installation du crédit , les doctrines proteconnistes les plus orthodoxes. Comment ne pas méprendre que ce sont précisément les contrées endues au monopole qui sont exposées, par la nite de l’établissement privilégié, aux conséquences ae nous indiquions tout-à-l’heure, conséquences axquelles on doit bien plus sûrement échapper . où la liberté triomphe, où la confiance publique
(1) C’est une question de savoir si la loi qui a créé la anque de France l’a réellement investie d’un mono- )le ; mais c’est là une question d’interprétation de texte îi ne peut pas trouver de place au. milieu de considérons générales et purement économiques, et sur laquelle ailleurs les curieux pourront consulter le volume intilé : Question des Banques , qui est dû à la plume de . Wolowski, ainsi qrue les observations qui, en . sens ntraire, ont été présentées par M. Michel Chevalier à nstitut.