‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 197 sur 305 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

le mode de répartition de la fortune souche et di revenu annuel, attendu que les propriétaires foncier! et capitalistes qui vivent de leurs rentes ont coutuim de moins économiser et de dépenser davantage poui des jouissances personnelles que des industriels ei des salariés; 2° par les besoins et les habitudes d( chaque classe sociale et la manière d’être de races entières, en ce qu il en résulte tantôt un penchani plus prononcé vers l’épargne, tantôt au contraire un goût plus fort pour 1 agrandissement de la jouissance de biens. Par ce côté, la consommation repose entièrement sur la liberté des particuliers, ce qui lait qu’il est difficile de la mesurer par avance • 3° par la grandeur et la modalité de la consommation de l’Etat, c’est-à-dire non seulement de la consommation des personnes qui sont au service de l’Etat, mais encore des créanciers de l’Etat, auxquels va dans presque tous les Etats contemporains une bonne partie du revenu national. Quand ménage public est bien organisé, la dépense afiectee aux services d’Etat peut passer pour médiatement productive, mais les revenus des créanciers de l’Etat ne contribuent pour aucune part à la production, encore même que les sommes avancées auraient été déboursées pour le bien de l’Etat.

La consommation improductive, à laquelle il est lait face sur le revenu net d’un pays, acquerrait une étendue démesurée si elle épuisait entièrement ce revenu net, de manière qu’aucune épargne ne pût etre réalisée. Une condition essentielle d’une prospérité nationale durable consiste dans l’accroissement du capital total d’un pays, par la mise à l’écart d’une partie du revenu. C’est à peu près là l’idée que M. J. Garnier exprime en ces termes : « De ce que la consommation provoque la production, de ce que plus on consomme, plus on peut produire, de ce que plus on produit, plus on est riche, on a conclu que pour enrichir un pays en général et les individus en particulier, il suffirait de développer la consommation

et par conséquent le luxe. Il y a là un sophisme. La consommation est le but de la production; elle en est l’excitant et le débouché, mais elle n en est pas la cause efficiente. Ce n’est pas en consommant que 1 on fait naître et que l’on multiplie les moyens de produire. C’est l’épargne qui favorise réellement la production et lui permet de s’accroître ». Ce qui rend en effet l’épargne nécessaire au point de vue de la persistance de la prospérité nationale, cest que des capitaux nouveaux sont constamment exiges dans l’Économie publique : 1° à cause de 1 accroissement de la population; 2° à cause de l’accroissement des besoins personnels des habitants, besoins qui se développent avec leur culture; 3° a cause des progrès de Part industriel, réclamant, en vue d une production convenable et à bon compte, un agrandissement incessant du capital fixe, tel que bétail agricole, machines, routes, chemins de fer, canaux, ponts, ports, navires, etc., et ici nous pouvons bien mentionner aussi la nécessité d’améliorations notables (lu sol, 4° à cause des pertes inévitables qui sont subies sur les narties diverses du capital. ,

* De ce qui précède, il résulte que 1 épargné des citoyens, en dedans de certaines limites concourt d’une manière efficace et est indispensable a la conservation et a l’élévation du bien-etre general. De même que des conditions économiques meilleures s’observent dans les pays, envisages d ensemble,^ ou le peuple incline davantage vers l’épargne, de meme aussi des observations semblables sont possibles su les régions et les villes diverses d’un pays. L épargné marche accompagnée du zèle, de l’ardeur technique, de l’ordre; un salaire plus élevé, une crue de la po- Dulation et une jouissance de biens plus abondante succèdent à l’accumulation des capitaux, tandis qffiune consommation dévorant le revenu net amene des phénomènes opposés. A cet egard, on n a qua comparer les villes adonnées au commerce et a 1 industrie à celles où une grande consommation împro-

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