LIVRE III
déjà résolue et ç[u il ny a plus qu’à se fixer sur le maniéré dont et le lieu où elle se fera, il n’est pa< douteux qu’elle procure un avantage à ceux des vendeurs a qui elle vaudra un débouché. L’élévation de prix qui découle de la demande agrandie pousse à une production plus énergique le nombre accru d’ouvners occupés, assure un marché plus vaste à tous ceux qui fournissent la nourriture et tous autres aliments de la vie, et grâce à un pareil accroissement de la consommation, le bien-être peut se développer dans toute une contrée. Qui ne connaît par exemple 1 avantage qu’une petite ville et sa banlieue tirent d une garnison, d un grand hôpital, de certaines autorités administratives ou judiciaires qui y ont établi leur smge, etc. ? C’est cette condition qu’on désigne ordinairement quand on parle de circulation rapide de 1 aigent. Ici se place la recherche des conséquences produites par le séjour à l’étranger de bon nombre de propriétaires fonciers d’Irlande et même d’ Angle-; terre (absentees). On suppose que les propriétaires fonciers d Irlande dépensent au dehors 41/2 millions de liv. sterl. L’Lcole de Ricardo et spécialement Mac Culioch combattent la prétendue nocuité de l’absenteisme du propriétaire foncier pour la raison suivante .* Les rentes qui sont consommées par ces absents en pays étranger ne sont envoyées au dehors par l’Irlande, ni en monnaie métallique, ni en papiermonnaie, mais en marchandises qui sont placées à 1 extérieur par des producteurs irlandais. L’activité pioductive y est par conséquent tout aussi bien entretenue que si toutes ces familles consommaient leur revenu dans le pays et se faisaient venir en Irlande les articles d’art exotiques dont ils font usage. Il faut accorder qu’en principe l’exportation de marchandises constitue le moyen de parer à l’entretien des absents hors de chez eux, en ce qu’on leur adresse des traites que les vendeurs de ces marchandises créent sur leurs acheteurs forains. Quand une quantité nouvelle de citoyens se rend à
l’étranger, ce qu’ils y dépensent peut leur être restitué ou par un accroissement de l’exportation, ou par une diminution de l’importation, ou en partie par les deux moyens à la fois. En ce qui concerne ici 1° l’étendue de la production de biens nationale, celleci demeure invariable quand l’exportation se maintient à la même hauteur, car s’il est vrai qu’il y a arrêt dans l’achat de produits indigènes que les absents consommaient jusqu’alors, par contre il entre aussi moins de marchandises étrangères, et il faut se > représenter les choses comme si maintenant les absents consommaient exactement à l’étranger les mêmes biens dont l’importation disparaît. L’exportation s’agrandit-elle, il y a là un avantage capable de contrebalancer au moins en partie d’autres conséquences défavorables : seulement le séjour à l’étranger des citoyens de l’État ne peut que maigrement renforcer l’exportation. 2° Il en est autrement du genre de débouché. Quand les rentiers sont présents, bien des choses peuvent être vendues qu’il n’est pas possible d’expédier à distance, mais dont i le placement convient cependant beaucoup, surtout aux agriculteurs, et p. ex. des substances alimentaires produites en détail, comme légumes, œufs, i volailles, etc. ; puis encore bien des articles faits à la main par le cordonnier, le menuisier, etc.
; Assurément ces sources d’acquisition ne tarissent pas sans qu’on s’en ressente douloureusement, et la compensation ne s’effectue pas d’une manière complète par l’extension de quelque autre branche acquisitive fournissant les objets importés jusque là. 3° Pour ce qui est de la dépense du revenu, les rentiers ne sont pas seuls à consommer leurs rentes, car ils occupent aussi des prestateurs de services de diverses catégories, et d’ailleurs les économies faites sur le revenu profitent en général au pays dans lequel elles sont réalisées. Aussi, à ce point de vue encore, ; la résidence dans le pays est plus avantageuse, sans ■ compter 4° les conséquences morales de la présence