LIVRE I
neige rarement, où par conséquent il ne fait en général que pleuvoir (zone de la pluie), où réussissent les oranges, les citrons et les arbres oléagineux, et où la lieue carrée peut nourrir 6,000 hommes et davantage. Dans cette lre catégorie peuvent être rangées les villes de Bordeaux avec 10 88 degrés, — de Brest avec
11 — de Marseille avec 11 52, de Montpellier avec
12 le, de Rome avec 12 38 , — d’Athènes avec 12 4, — de Lisbonne avec 13, et de Palerme avec 13 41 degrés.
b) Celles où règne une chaleur moyenne de 3 à 9°, où prospère partout le blé d’hiver, où, à des endroits plus chauds, viennent les fruits, le tabac, etc., et meme la vigne aux endroits les plus chauds, et où 3 à 4,000 personnes peuvent trouver leur nourriture sur une lieue carrée. Dans cette catégorie rentrent, par exemple, Stockholm avec 4° — Christiania 4 27 — Dantzig 4 96 — Kœnigsberg 5 ï9 — Berne 5 83 Breslau 6 3 — Edimbourg 6 69 — Manchester 6 96 — Berlin, Gœttingues, Zürich, 7 2 — Genève 7 56 Francfort-sur-Mein, Pragues 7 98 — Stuttgard 7 74 — Londres 7 89 — Carlsruhe 8 38 — Bruxelles, Paris 8 64 — Vienne 8 69.
cj La partie froide, où ne mûrit pas partout le blé deté, et où, à laide de l’élève du bétail et de la peche, 100 à 200 personnes parviennent à peine à se sustentersurl espace d’une lieue carrée. Des exemples à l’appui sont fournis : par l’Islande et Tornéa, 0 4 deg. ; par Kasan, 157deg. ; par Saint-Pétersbourg, 2°; par Moscou, 2 5 degrés.
La Russie comporte une division en 8 zones : 1° celle du climat de glace; 2° celle de la mousse à rennes; 3° celle des forêts et de l’élève du bétail ; 4° celle du blé d’été ; 5° celle du seigle et du lin ; 6° celle du froment et des fruits ; 7° celle du vin et du maïs ; 8° celle de la culture de l’olivier, de la canne à sucre et du mûrier.
, Pour la France, Arthur Young, dans ses voyages a travers la France et une partie de l’Italie, a signalé les limites de la culture de la vigne, du maïs et de
l'olivier, limites qui s'en vont avec assez d'exactitude parallèlement à la direction principale de la frontière nord de la France, le long du canal.
Les différences que le sol et le climat amènent dans la fécondité des contrées exercent chez un peuple une haute influence sur toute la production et toute la consommation de biens matériels. Plus il peut être enlevé au sol de substances organiques utiles, plus est élevé le nombre d'hommes pouvant trouver à s’alimenter sur le même espace, sans relations extérieures, plus aussi sont bas les frais et par conséquent les prix de ces substances, plus encore il est facile aux individus de se tirer d'affaire, etplusenfin il pourrait être consacré de travail à l’élévation, au raffinement, à la multiplication de la jouissance de biens, comme aussi au développement et à l’accroissement des biens personnels.
Sous beaucoup de rapports, des pays plus froids, par ex., cèdent le pas à des pays plus chauds. Ainsi : 1° Le rendement du sol dans les pays plus froids est inférieur en quantité et qualité :
a) Parce que diverses plantes, qui éprouvent un plus grand besoin de calorique, n’y peuvent réussir, ou parce que, du moins, les produits y acquièrent une bonté moindre, comme c’est le cas pour les raisins, qui n’y deviennent pas aussi riches en principes sucrés. Un arpent prussien rend dans la Caroline 15 quintaux de riz, dans les Indes orientales 5 quintaux de café ou 11 quintaux de sucre. Un arpent de la meilleure terre, où l’on cultive du pisang (Musa paradisiaca), nourrit au Mexique 23 personnes et n’occasionne que peu de travail.
~b) Parce que les récoltes donnent des résultats moindres. Uu arpent prussien rapporte en Allemagne et en France de 6 à 7 quintaux de froment, dans les régions humides, près de Valence, j usqu’à 29 quintaux, sur le plateau du Mexique (de 4,200 à 10,000 pieds au-dessus de la mer), 27 quintaux en moyenne, mais près de Queretaro et Cholula, environ 43 quintaux