‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 211 sur 305 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Mais cet arrangement, qui a pour lui une apparence tout au moins d’équité distributive, n’est pas reste a 1 abri de toute critique. Ce n’est pas une raison toutefois de faire cause commune avec ceux aux yeux desquels le gouvernement doit servir à bien d autres choses encore qu’à la protection des perfi?™neS Pr?Priétés, et quand nous entendons dire qu il doit faire tout le bien et prévenir tout le mal que 1 existence d’un gouvernement puisse faire et prévenir, nous redoutons toujours qu’on étende outre mesure ses attributions. Seulement, le regretté John Stuart Mill nous avertit qu’à attribuer une valeur definie a des choses essentiellement indéfinies et a tirer de la des conclusions pratiques, on court risque de commettre des erreurs dans les questions

antîfl pS' * °in ne pteut dire’ selon la rerr|arque de cet auteur, que la protection d’un capital de 1,000 livres

camfaf îM inr f°1S autant 1ue la Protection d’un a niant ^ 100 livres, m que l’une coûte deux fois

autant ou qu elles coûtent autant l’une que l’autre

rinVmTnnn/lgeS\ mêmes soldats, les mêmes malroe“e,nt . un protègent l’autre, et un plus g and revenu n exige pas même pour sa défense une augmentation du nombre des agents de police. Que

lesVa^InieiP0Ur îerine de comparaison le travail et es fiais de la protection ou les sentiments de la personne protegee ou toute autre chose déterminée, et on ne trouvera ni la , proportion indiquée, ni aucune autre proportion régulière. Si nous avions besoin evâluer 1 avantage relatif que chacun retire de la protection du gouvernement, il faudrait voir qui

ïÆ.'S ie P,lus du retrait d8 ^tte protection*1; alois il faudiait reconnaître que ceux qui, par nature ou par position, sont les plus faibles d’esprit ou de ^P^faieat ceux qui âuraient le plus à perdre.

r+ea i’ ceuJ:“cl deviendraient presque infailliblement esclaves dans cette hypothèse. Si donc il y avait juelque justice dans la théorie de justice que nous examinons, ceux qui sont les moins capables de

s’aider et de se défendre étant ceux auxquels la protection du gouvernement est la plus indispensable, devraient la payer plus cher : ce serait justement le contraire de l’idéal de la justice distributive, qui consiste à réparer, non à imiter les inégalités de la nature. » L’argumentation que nous venons de reproduire est certainement fort ingénieuse, mais elle ne nous parait pas tenir assez compte de cette circonstance qu’en réalité, en l’absence de toute société, il serait difficile de soutenir que même les moins déshérités du côté de l’esprit ou du corps fussent assez forts pour défendre leur situation. La vente est que du haut en bas de l’échelle des individus, aucun de ceux-ci ne peut se passer de la société, de ses services, de son égide protectrice. Et alors, la véritable question, au point de vue de la distribution équitable des charges, nous semble être de savoir, non pas ce que le gouvernement a à déployer d activité, d’efforts pour la sauvegarde de chacun, mais bien quel est l’avantage que chacun retire de cette sauvegarde. Or, étant donné le besoin indispensable que tous indistinctement éprouvent de la protection sociale, cet avantage ne se mesure-t-il pas, en effet, sur la somme de biens dont tout citoyen peut disposer ? Assurément oui.

Nous rattachant à notre point de départ, qui consiste dans un sacrifice égal à réclamer de chaque individu, et demeurant pour quelque temps encore dans la sphère de l’idéal, nous allons poursuivre ce point de départ dans ses applications logiquement admissibles ou condamnables :

1° Demandons-nous donc d’abord si, au cas ou chacun donnerait la même proportion pour cent de ses revenus, notre principe serait compromis, en d’autres termes, ne serait pas observé. Cette maniéré de voir a trouvé des défenseurs estimant qu a donner le dixième d’un petit revenu, on se prive plus qu a donner le dixième d’un gros revenu et que le rétablissement d’un équilibre prétendument rompu de

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