‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 214 sur 305 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

qu’il le soit au-delà du nécessaire, proportion par conséquent, non au revenu, mais, plus exac ment, au superflu.

Pour justifier, il est vrai, un impôt progressif n déré au moins, on fait valoir que des sacrifices pi portionnels imposés à de petits et à de gros revei pèsent plus lourdement sur ceux à qui écheoii les revenus modiques, et que par ex. un impôt 100 fr. prélevé sur un revenu de 1,000 fr. repi sentera une charge plus forte qu’un impôt de 1,000 prélevé sur un revenu de 10,000 fr., dont le béni ciaire se ressentira donc moins de ce prélèvement

Mais comment soutenir, avec le degré decertiti que réclament les actes du législateur, que l’hom qui touche 10,000 fr. de revenus se soucie moins 1,000 fr. que ne se soucie de 100 fr. celui qui perçoit 1,000?

On a dit encore, au profit de l’impôt progrès^ que l’impôt proportionnel atteint plus gravement revenus moyens que les forts et parvient davanta dans le premier cas que dans le second à faire d cheoir les contribuables de leur rang, en les re! guant dans les classes inférieures de la société. C rien n’est plus contestable que cette assertion. Mi en admettant même qu’elle ne le fût pas, J. Stiu Mill ne croit pas, et nous sommes de son avis, qu’ gouvernement dût se déterminer par des considéi tionsdecegenre, ni admettre cette idée que l’impc tance d’un individu dans la société est ou puisse êl mesurée par celle de sa dépense. « Le gouvernemei dit cet écrivain, qu’on est particulièrement heure; de voir se ranger du côté de la proportionnait alors que son extrême sollicitude pour des intére d’ailleurs respectables pouvait l’en éloigner, le got vernement devrait donner l’exemple del’appréciath de toutes choses à leur juste valeur, et par cons< quent apprécier les richesses à la valeur de l’aisan ou des plaisirs qu’elles peuvent procurer; il ne d<| vrait pas sanctionner l’idée vulgaire de ceux qui fo l

i8 des richesses pour la pitoyable vanité de passeï ->ur riches ou parce qu’elles leur épargnent la tovable honte de passer pour pauvres, idee qui Hermine les trois quarts des dépenses de la classe fovenne. Le gouvernement doit répartir, avec atant d’égalité qu’il le peut, les sacrifices d aisance ; de plaisirs réels qu’il est forcé d exiger; mais il ’a que faire de s’inquiéter de l’évaluation des sacrices de cette dignité imaginaire que l’on met a deenser beaucoup

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Est-il enfin besoin de protester contre le rôle lalhabile, sinon odieux, qu’on voudrait faire jouer

Fimpôt progressif comme niveleur de 1 inégalité îs fortunes? Ceux qui n’adoptent l’impôt progressif

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ne pour atteindre ce but, que pour diminuer par jnséquent ces inégalités, ne réfléchissent evidemlent pas aux services économiques que peuvent jndre les grands capitaux, ni non plus a 1 arrêt u’ils apporteraient dans le déploiement des enorts io-oureux vers la fortune, efforts qui ne profitent as moins à l’ensemble qu’aux particuliers eux-memes.

Il faut donc se prononcer pour l’impôt proportionel- du moins les financiers doivent-ils en faire leur 3éal, idéal qu’ils auront toujours assez de mal a tteindre complètement, empêchés qu’ils en seront éià par cette raison générale, sans cesse agissante, ,e l’inégalité de la valeur de l’argent sur les differents ioints d’un seul et même territoire.

2° Il n’y a pas de doute que les revenus perpétuels, ru i se renouvellent incessamment sous forme d inte- ■èts ou de rentes, tombent en théorie sous le coup de 'impôt; mais l’égalité veut-elle ou réprouve-t-elle me des revenus viagers ou temporaires, tels qu anmités viagères, salaires, profits de commerce, gains aits dans une profession, soient imposés au meme aux que ces revenus perpétuels résultant, par ex., l’une propriété foncière ou d’une créance hypothécaire, susceptibles de transmission par succession, ffest là une question qui se pose surtout a propos

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