CHAPITRE PREMIER IMPOTS DIRECTS
Après avoir expliqué les qualités d’un impôt scientifiquement irréprochable et nous être maintenu jusqu’ici dans les sphères de l’idéal, il nous faut descendre maintenant dans la pratique, c’est-à-dire dans l’organisation financière positive, et passer les taxes qu’elle nous offre au crible de la critique, éclairée par nos points de repaire. Mais au seuil même de ces opérations de contrôle, il est bon de rappeler, en nous les appropriant, les paroles suivantes, prononcées dans une chair d’Écon. pol. : « Autant, disait M. Batbie, la conduite dans l’exécution demande de ménagements, autant il faut que la théorie s’exprime avec liberté et ne s’arrête qu’à la vérité la plus complète. L’absolu doit être le but de ceux qui spéculent, de même que la modération doit être la règle de ceux qui agissent. Je vous parlerai en homme qui ne se préoccupe que de la vérité ; mais n’oubliez pas que sous mes paroles se trouve constamment le conseil d’agir avec autant de prudence que de fermeté. » Or, si tout le monde ne connaît pas dans ses détails le système de l’impôt tel qu’il est établi par notre loi, personne n’ignore que chez nous il y a à distinguer entre l’impôt direct et l’impôt indirect. Les contributions directes sont celles qui sont réclamées nominativement à tels ou tels contribuables auxquels le législateur se propose de les faire payer, et qui le sont en vertu de titres administratifs appe-