‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 24 sur 305 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

plus difficiles à gouverner, où les routes de terre ne sont établies et entretenues qu’au prix de grands efforts, où les avalanches et autres incidents font courir des dangers à la vie et au sol utilisable ?

Plus, au contraire, le climat a fait pour l’homme, plus il est porté à la légèreté et à l’insouciance. Sans doute, dans les régions polaires, le froid et la sustentation difficultueuse de l’existence opposent aux progrès des hommes des barrières très-étroites, mais en revanche l’exubérance de la nature, qui facilite par trop l’entretien, et telle par ex. qu’on la trouve dans les iles Sandwich,

Where, comme dit Byron, ail partake tlie earth without dispute

Aud bread itself is gather’d as a fruit,

cette exubérance est loin d’être favorable à l’amélioration de beaucoup d’aptitudes ou dispositions humaines.

Il est des contrées où les procédés acquisitifs des habitants n’ont pour ainsi dire aucun lien avec la terres seulement un tel mode de sustentation est nécessairement exposé plus grandement à des causes interruptives que celui reposant sur les productions du propre sol.

„*„ II. — Les substances inorganiques utilisables, telles que les minerais, les sels, la houille, les pierres à bâtir, etc. , se rencontrent presque toutes déjà formées dans les entrailles de la terre; aussi l’influence persévérante des forces naturelles se manifeste-t-elle ici à un bien moindre degré que chez les plantes et les animaux (quoiqu’elle se révèle tout de même, comme par ex. dans la formation naturelle du salpêtre et du soufre, dans la cristallisation du sel marin, etc.); en revanche, pour la distraction de ces corps qu’il s’agit d’enlever à la terre, on a fréquemment recours à l’assistance des forces naturelles.

III. — La plupart des créations naturelles, qu’elles soient organiques ou inorganiques, réclament, pour pouvoir servir entièrement à des fins humaines,

une transformation ultérieure par l’art, et sous ce rapport les forces naturelles rendent encore une fois les services les plus signalés. L’activité de l’homme ne s’emploie souvent pas à autre chose qu’à mettre des substances en contact les unes avec les autres en telle manière que les forces naturelles puissent exercer sur elles une action prévue et voulue. Relativement à certaines de ces forces, l’art humain peut agir en toute liberté, tandis que d’autres forces, celles par ex. des rivières et des fleuves, sont liées à des localités déterminées.

Cette mise en œuvre ou transformation appelle à son aide deux classes de forces naturelles :

1° Les forces chimiques , en vertu desquelles les substances se combinent, se modifient et se séparent; à titre d exemple, mentionnons la force dissolvante de l’eau (qui s’utilise dans la teinture, dans les brasseries, dans la préparation de bon nombre de mets et de médicaments, etc.), le séchage par le vent, la propriété de la chaleur d’amener l’évaporation, la fonte, le durcissement des substances ou d’autres effets propices, l’action blanchissante de la lumière du soleil et du chlore, soleil et chlore qui, l’un et l’autre, sont mis encore diversement à profit dans les arts (daguerréotype et photographie) ou par l’hygiène (le chlore comme désinfectant), la décomposition des principes sous l’influence de l’atmosphère (fermentation comme moyen de produire de l’esprit de vin, production du salpêtre, — préparation de fumures), diverses affinités et séparations chimiques, etc.

2° Les forces mécaniques , qui engendrent un mouvement des corps et qui parla concourent à une transformation ou à une décomposition des substances en un autre endroit. Il est vrai que d’après i des études plus récentes, les modifications chimiques elles-mêmes apparaissent comme du mouvement imprimé aux molécules, ce qui ne doit toutefois pas conduire à la suppression de notre distinction, fondée

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