LIVRE III
l’abri des changements de systèmes, et que h durée ne trouvât pas plus de garantie dans une pi dente administration et une sage économie que Ai rattachement vacillant, comme on a dit, de quelqi milliers de rentiers « moins empressés à défeiu un gouvernement qui chancelle que prompts à s’i quiéter et à semer l’alarme. »
Les objections faites aux enthousiastes des ei prunts doivent nous avoir préparés à leur suppos des adversaires, qui d’ailleurs non plus ne leur c jamais fait défaut et parmi lesquels on en peut cit des plus autorisés, tels que Colbert, Vauban, Mo tesquieu, David Hume, Quesnay, Turgot, J. -B. Sa Ricardo, Mac Culloch et bien d'autres. C’est Colbe qui, à la suite d’un conseil tenu chez Louis XIY où venait d’être décidé un emprunt, dit à Lamoignoi « Vous venez d’ouvrir une plaie que vos petits-f ne verront pas fermer ; vous en répondrez à la nati» et à la postérité. » Apostrophe qui fait penser à cet tentation si grande à laquelle les gouvernemer! peuvent avoir beaucoup de peine à résister, puisq l’emprunt leur fournit une occasion trop facile i remplir leur Trésor au prix seulement d’une char^ supplémentaire de quelques millions peut-être d’ii térêt pour les générations actuelles. Mac Culloch plaçait évidemment dans le même ordre d’idé quand il écrivait dans son ouvrage sur l’impôt (c taxation) ces lignes, dont les dernières semble, cependant avoir un peu trop chargé les couleurs « Le défaut capital du système des emprunts consis en ce qu’il trompe le public en ne troublant pas so* dainement le bien-être de chacun. Ses empiétemen sont graduels et passent inaperçus. Il n’exige sur ) moment que de légers sacrifices, mais il ne revier jamais sur ses pas : Vestigia nulla retrorsum. C’ef un système d’illusion et de déception. Il ajoute le taxes aux taxes, sans que l’on puisse jamais aboli aucune de celles qui ont été ainsi établies, en sort qu’avant que le public s’éveille au sentiment d
CONSOMMATION DËS RICHESSES. 59^
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