LIVRE IV
35,813 personnes qui percevaient 929,000 thalers de salaire. Quoi qu’il en soit, l’industrie extractive pourvoit les hommes de substances qui en partie figurent parmi les biens les plus appréciés et en partie s e prêtent du moins à des usages multiples et présentent une utilité généralement reconnue. Au nombre des premières, il faut ranger plusieurs métaux non précieux, entre lesquels le fer tient la place d’honneur pour les services indispensables qu’il rend dans presque toutes les occupations humaines ; après quoi vient le charbon, au sujet duquel on fit autrefois ce calcul, que son rendement dans la Grande-Bretagne, évalué d’après les prix que payait le consommateur (32 kreuzer par quintal), conduisait à un total l’emportant sur le rendement en or et en argent de l’Amérique au commencement du XIXe siècle, rendement représenté par 18, et respectivement 8,900,000 liv. sterling ; puis le sel gemme ou sel minéral. Quant à la seconde classe de substances livrées par les mines, elle comprend les autres métaux non précieux et les métaux précieux, la terre à porcelaine, etc. La plupart de ces matières, soumises à un travail ultérieur, sont utilisées comme substances transformables ou auxiliaires, ce qui fait que l’extension prise à chaque fois par l’exploitation minière dépend en partie des occasions offertes à la transformation et des frais de celle-ci, et aussi de la demande des produits à tirer de ces substances, principalement de la demande des métaux obtenus avec les minerais. A l’exploitation minière se rattache donc précisément pour cela l’emploi de bon nombre d’ouvriers industriels et de capitaux, et cette exploitation donne l’impulsion à une culture des arts mécaniques qui profite aussi à d’autres industries. Là, par conséquent, où se rencontrent des gisements abondants de substances minérales utilisables, le travail de ces substances est trèsavantageux sous le rapport économique.
,*, L’exploitation minière exige un grand capital fixe en galeries souterraines et à jour, en machines
destinées principalement à enlever les substances obtenues et à puiser les eaux qui contrarient les opérations, etc., et les fonderies consomment en même temps de grandes quantités de combustible. Le bon marché du bois ou même aussi de la maind’œuvre et la richesse, non tarie encore, en minéraux utilisables assurent, il est vrai, un grand avantage aux pays à population clair-semee, chez lesquels l’industrie n’est encore que maigrement developpee, sur les contrées qui sont plus avancées queux; mais la rareté du capital et le manque de préposes instruits aux mines, comme aussi de routes, peuvent servir de contrepoids à ces circonstances favorables, de telle sorte que malgré la libre concurrence d autres régions on voit encore parfois exploiter des mines dans des États florissants et fortement peuples, la notamment où la houille facilite la préparation des métaux. Que si l’art et la mise de capitaux ne peuvent être portés plus loin, les frais occasionnes par 1 obtention de corps du règne minéral s eleveront sans doute insensiblement, et c’est ainsi qu’on peut voir abandonner des exploitations minières incapables de lutter avec des pays où les métaux abondent.
* L’exploitation minière, dirigée vers 1 obtention de’métaux précieux, procure le profit industriel le moindre, à cause des frais modiques d expédition et de la concurrence étendue d’autres pays qui en resuite; même les mines d’argent et d’or d Amérique n’ont pas rapporté, la plupart, de grands bénéfices, ce qui a tenu cependant pour partie a une exploitation dépourvue d’art. D’autres minéraux, et spécialement le plomb, le fer, la houille, etc., atteignent plus facilement, quand la demande s’en accentue, un prix qui, les frais payés, assure un produit net considérable ; toutefois celui-ci se trouve souvent atteint par des accidents ou par des difficultés croissantes d’exploitation, de telle sorte qu’il le cède, au point de vue de la sécurité, au produit d’autres modes d’utilisation du sol. Il écherrait en grande partie, à titre de rente foncière,