‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 264 sur 305 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

importantes. L’Allemand Prechtl a fait des calculs suivant lesquels un mille carré où il ne se ferait que de l’agriculture ne pourrait donner asile qu’à i 1,800 hommes, tandis que l’industrie survenant, 6,000 personnes pourraient y vivre. On peut admettre que la moitié seulement au plus des habitants a besoin de s’adonner à la culture de la terre, pour que l’autre moitié soit pourvue de substances brutes. Plus la proportion des cultivateurs est élevée, plus est ordinairement modique le produit du sol et plus aussi la population a coutume d’être faible à cet endroit ; toutefois ceci n’est pas d’observation constante, parce que d’autres circonstances peuvent ici jouer un rôle. Les faits statistiques n’éclairent pas jusqu’alors, dans la plupart des pays, d’un jour complet la proportion des cultivateurs relativement à la population entière, parce que dans les dénombrements la distinction des divers travaux n’est pas observée d’une manière assez soigneuse, suivant une règle fixe. En France , Schnitzler supposait que les familles vouées à l’économie rurale représentaient 18 millions, soit 514 °/0 de toute la population. Là où le perfectionnement de l’économie rurale s’est trouvé entravé par des causes résidant dans sa condition propre, la demande de moyens alimentaires émanée de villes et les capitaux se répandant sur la campagne y ont souvent donné le branle à des améliorations.

»\ Quand l’économe pourvoit immédiatement ses auxiliaires des produits terriens nécessaires, la portion de biens portée au marché sert à l’approvisionnement des autres classes sociales. Cette portion ■ à vendre doit couvrir les dépenses suivantes :

1° La rente du sol, soit pour le tout, pour autant qu’elle est acquittée en argent comme fermage, soit du moins pour partie, parce que, même les propriétaires fonciers qui exploitent en personne ont besoin d’argent pour acquitter les intérêts de leurs dettes et leurs impôts, et encore pour agrandir leur capital

par des achats d’ustensiles, par exemple, et de machines, par des constructions, etc., et enfin, pour se procurer des jouissances de biens et des prestations de services diverses.

2° Une partie des frais, faite moyennant espèces a) pour l’acquisition consécutive d’ustensiles et la réparation des bâtiments, à moins que l’écon. rurale ne soit poursuivie par des moyens auxiliaires tellement dénués d’art que les agriculteurs fussent en mesure de les confectionner eux-mêmes ; b) pour l’acquisition des articles industriels nécessités par l’entretien des cultivateurs et ouvriers salariés, sans qu’il importe pour le résultat que les ouvriers reçussent les articles industriels de l’économe lui-même ou se les achetassent à l’aide de leur salaire. Plus le genre de vie des cultivateurs est simple, moins est importante la portion des produits qui a cette destination.

A part des occasions de placement favorables, d’autres circonstances exercent aussi une influence exceptionnellement heureuse sur la grandeur du produit agricole ; ce sont : 1° le degré de zèle et d’habileté des économes de l’ordre rural ; 2° l’importance du capital à leur disposition et consacré à leur industrie, capital qui doit être comparé à la, grandeur des biens fonciers ; 3° le degré de liberté échue aux économes dans l’arrangement de l’exploitation et dans l’utilisation du temps ; 4° la perspective de jouir d’une portion plus ou moins importante des fruits de leurs efforts. Les deux dernières circonstances se déterminent d’après le rapport de droit dans lequel ils se trouvent relativement à la propriété des terres.

L’étendue des terres constitue, eu égard au produit du sol comme aussi eu égard à la situation économique de ceux qui travaillent la terre, une circonstance particulièrement importante, éclairée de plus en plus par les indications de la statistique moderne et dont les suites appellent des considérations spéciales, pendant que ses causes doivent être

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