‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 265 sur 305 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

cherchées en partie dans des dispositions législatives, telles que constitution de majorats, etc., qui rentrent dans la politique économique, en partie dans des modes de répartition de la fortune territoriale, explicables par l’histoire de chaque peuple, en partie enfin dans toute la condition économique d’un pays ou d’une région. Si le morcellement de la surface cultivée par un économe allait toujours en se continuant avec l’accroissement de la population, il ne manquerait pas de tomber finalement dans une exagération économiquement préjudiciable. Aussi est-ce la peine d’examiner 1° quelles sont en général, au point de vue économique, les conséquences de l’inégale grandeur des biens fonds, et spécialement comment celle-ci agit sur le produit brut et net d’une certaine surface, sur le revenu et les occupations des agriculteurs et sur la quantité de produits agricoles arrivant sur le marché, pour être par conséquent appliquée aux besoins d’autres classes sociales que celle des agriculteurs; 2° à quel moment le rapetissement des biens-fonds commence à être désavantageux. Ces effets d’une étendue différente des biensfonds ne sont toutefois manifestement pas les mêmes dans toutes les conditions; une grandeur déterminée d’une terre peut bien plutôt, à inégales qualités personnelles de l’exploitant et de ses salariés, à capital inégal, à inégale fécondité du sol, etc., donner des résultats tout-à-fait différents, et là où les économes ne sont pas entravés, ils opteront, s’ils sont suffisamment éclairés, pour la dimension qui, tout bien calculé, leur est le plus profitable. En conséquence, ces conditions naturelles et économiques doivent aussi être ici prises en considération. La grandeur de la surface exploitée par un entrepreneur ne coïncide pas d’ailleurs nécessairement avec l’étendue d’un domaine foncier, parce que tantôt un propriétaire afferme ses terres à plusieurs cultivateurs et tantôt un économe utilise, comme fermier, des terres appartenant à plusieurs propriétaires. A ce sujet, il

peut paraître plus commode de diviser les biensfonds en classes, selon leur étendue. Ces classes ne peuvent pas être précisées avec des chiffres fixes, indiquant l’étendue superficielle, parce qu’un seul et même nombre d’arpents peut révéler tantôt les caractères de telle, tantôt les caractères de telle autre espèce de biens ; et néanmoins on peut mentionner certains signes récognitifs éclairant les locutions de biens ou grands ou moyens , etc : 1° Le mieux est de partir de ces biens-fonds qui occupent justement un attelage de charrue (se composant ordinairement de deux chevaux et de deux bœufs), car cette classe est la plus facile à reconnaître en toute contrée et à déterminer d’après la mesure du champ. Des biens de cette espèce peuvent recevoir l’épithète de petits . 2° Si la division est poussée plus loin encore, il en résulte de tout petits biens , à savoir : a) de ceux qui occupent encore en grande partie ou exclusivement une famille et permettent encore une exploitation régulière avec une récolte de fruits déterminée et une obtention de fourrage suffisante pour l’alimentation de gros bétail. C’est ce qu’on pourrait appeler des demi-biens, avec les Allemands de certaines régions Halb=, Sœldengüter, ou bien encore Kuhgüter ; b ) des sièges de journalier s (Taglœhnerstellen), quand la plus grande partie de l’entretien doit être couverte par des profits dus à d’autres travaux salariés. 3° Au-dessus des petits biens se placent a) les biens moyens, employant plusieurs charrues, dans lesquels l’économe est encore en état de mettre la main à l’ouvrage avec ses ouvriers salariés, et qui, par conséquent, peuvent encore être exploités par des possesseurs de condition rurale ; b) de grands domaines, dont la gestion réclame un administrateur tout entier, de telle sorte que celui-ci ne peut prendre aucune part aux opérations des ouvriers auxiliaires; c) de très-grands domaines, si par ex. un seul administrateur ne pouvait suffire à tout et s’il fallait mettre à ses côtés un

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