‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 267 sur 305 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Néanmoins, l’expérience nous enseigne qu’y beaucoup de cas, une seule et même surface qui 1 contient que de grands biens donne un produit br plus maigre que si elle était divisée en plusieurs bie) moyens et exigus. « Les pays où la culture est plus avancée, fait observer M. de Lavergn sont en général ceux où dominent les petites pr( priétés. » « Les terres, dans le bassin du Bai

Escaut, dit de son côté M. de Lichtervelde, sont 1 mieux cultivées du département, et cela parce qi la plupart des fermes ne sont que de 21 à 22 arpen au plus de terres labourables. » Le statisticien pru sien Dieterici (tableaux statistiques) révèle cette cii constance favorable à la cause des petites propriété que dans les provinces rhénanes de la Prusse on r coite en moyenne, par arpent prussien, de 10 à 1 parfois même de 18 à 19 boisseaux de seigle, tand que dans les provinces orientales et moyennes, ui récolte de 8 à 10 boisseaux passe déjà pour élevé Aussi l'affirmation du Russe de Stolipine ( Journ des Économistes, févr. 1854, p. 205), d’après laque} une loi naturelle ferait incliner la production, daj tous les États florissants, vers l’exploitation en gran ne porte-t-elle évidemment pas pour toutes 1 branches de l’agriculture et tous les cas, alors qi sous certaines conditions on peut plutôt signaler t courant vers l’exploitation en petit. Recherchons do1 les causes des données de l’expérience, mises en a va tout-à-l’heure.

1° L’exploitation des grands domaines occu moins d’entrepreneurs et par contre plus d’ouvrie salariés (gens de maison et journaliers) qu’on « appelle à son aide dans les petites exploitation Aussi le traitement le plus approprié du sol et d plantes, la mise à profit de toutes les circonstanc de temps et de lieu, la réalisation de certaines éc< nomies, la préservation de petites pertes, l’obtenth enfin de divers résultats avantageux n’éveillent-i pas la même sollicitude qu’au cas de l’attenth

ininterrompue et de l’ardeur infatigable de plusieurs petits entrepreneurs qui ont davantage leurs terres ;ous leurs yeux. C’est pourquoi déjà la culture de :es plantes, qui réclament beaucoup de soins et sont d’un prix élevé, est bien plus difficile sur des lomaines d’une certaine étendue. Tel est par ex. le jas pour la garance, le lin, le houblon, etc. La julture du tabac est souvent abandonnée à des journaliers par des possesseurs de grands biens, pour la moitié du produit. Il n’y a que l’élève du bétail mquel ces observations ne soient pas applicables, car sur des biens plus vastes, on y vacque avec une irdeur et un succès peut-être même plus grands encore. Ainsi, en Flandre, des moutons ne sont habituellement élevés que sur des biens de 40 à 50 hectares, qui portent pour ce motif le nom de fermes à moutons.

2° Dans les possessions de peu d’étendue, on consacre ordinairement au sol une quantité proportionnellement importante de travail , parce qu’à cet égard il ne faut qu’un déboursé de capital moindre par chaque économe et que la surveillance est plus facile; de plus, le bétail a coutume d’y être plus abondant; aussi de pareils biens peuvent-ils être labourés plus soigneusement et fumés plus grassement, et ils ne peuvent guère être l’objet que des procédés se rapprochant de ceux ayant cours pour l’horticulture. Ce plus grand déploiement de travail et de bétail détermine une utilisation plus complète des forces naturelles et accroît la production, ce qui peut facilement compenser les avantages résultant des économies de frais et des meilleurs arrangements fixes auxquels donnent lieu des propriétés plus considérables. Est-ce que déjà, chez les Romains, on ne se plaignait des inconvénients des latifundia ?

Dans l’économie rurale, on distingue l’exploitation intensive et extensive , selon que l’on consacre à une surface donnée beaucoup ou peu de capital, de travail et d’art, et selon que l’on retire par consé-

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