‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 268 sur 305 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

quent de la terre plus ou moins de produits. Dai l’enfance de l’économie rurale, la population étai peu dense, les échanges faibles et le capital minim il n’y avait de possible qu’une exploitation extensiv capable seulement d’enlever un maigre rendemei à de vastes surfaces. Mais graduellement, des prc grès s’accomplissant sous les rapports indiqué, l’économie rurale gagne en intensité, comme il 1 faut d’ailleurs pour faire face à la demande accrue <3 produits du sol. Quel est celui des deux modesd’explo tation qui l’emporte en avantages sur l’autre ? Ce< dépend de diverses circonstances, parmi lesquelles b prix des produits de la terre déterminés par la popi tation et l’occasion fournie à l’écoulement de ceux-c la fécondité fondée sur le climat et la nature du so la quantité d’ouvriers à la disposition de l’économ» la richesse-capital du pays, etc. Jouent le rôle le pli; influent. Aussi longtemps que prévaut l’exploitatioi extensive, la préférence est pour les biens plus vastes parce qu’ils se prêtent le plus aisément à cette explo; tation simple, comptant plus qu’aucune autre su les forces naturelles et parce que les particularité avantageuses des plus petits biens n’apparaissent pa encore. Avec le passage à un traitement plus intensii ces avantages des possessions plus restreintes se fon davantage remarquer, là surtout où beaucoup di travail est appliqué immédiatement à la production tandis que dans les cas où un capital important es employé à des établissements fixes ou amélioration' du sol, ou à se procurer des moyens auxiliaires, le biens plus grands ne restent pas en arrière. Toutefois il faut, quand on oppose ces deux modes d’exploita l tioig réfléchir qu’il existe entre les deux point: extrêmes des gradations en grand nombre, et qu’auss I à l’occasion d’un genre d’exploitation il peut yavoif un traitement plus ou moins intensif ou soigneux C’est ce qui se voit dans le high farming ou rich farming des Anglais, procédé où rentre par exemple b drainage, l’achat d’engrais, l’emploi d’ustensiles

aratoires ingénieux, de machines à vapeur qui circulent, de machines pour battre le blé, etc., etc.

/, Quand des biens moyens et petits bénéficient réellement de la mesure plus grande de zèle et d’ardeur dont disposent leurs possesseurs et quand les circonstances déjà relatées (densité de population, débouché, etc.) se montrent favorables à ce genre d’exploitation , lesdits biens procurent pour une même surface non seulement un produit brut, mais encore un produit net plus considérable, et partant une plus forte rente foncière que de vastes possessions. Ainsi que le montre l’expérience, des terres divisées par petits fragments sont affermées et vendues à des prix plus élevés que réunies en masses plus imposantes, et le propriétaire d’un grand domaine subit par conséquent aisément la tentation d’en opérer le sectionnement. Ce phénomène trouve en partie son explication dans la rente plus élevée des petits biens, qui peut aussi être mise en lumière par des calculs relatifs au rendement. Mais une autre cause encore réside, il est vrai, dans le concours plus grand d’acheteurs et de fermiers, qui se produit autour de petits biens et spécialement autour de petits morceaux, parce que des journaliers et possesseurs de peu d’arpents visent ardemment à acquérir de la terre, afin d’être complètement et sûrement occupés, en se contentant au besoin d’une chétive compensation pour leur travail. Si un bien qui suffit à occuper une famille doit être acheté ou pris à ferme par pièces et morceaux, il revient souvent tellement cher que les intérêts du prix d’achat ne sont pas complètement couverts par la rente et qu’on a de la peine à acquitter le fermage. Une pareille ascension des prix du sol, résultant uniquement d’une grande concurrence, ne saurait toutefois être durable; elle expose les acheteurs et fermiers au danger de l’appauvrissement, et si la rente de possessions étendues était véritablement plus élevée, on verrait avec le temps des acheteurs et fermiers aisés

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