LIVRE IV
enchérir sur les plus petits et arrondir de nouveau les biens-fonds.
Les mêmes causes qui élèvent habituellement le produit net des moyennes et petites propriétés audessus de celui des grands domaines peuvent, sous certaines conditions, reparaître aussi auprès de toutes petites possessions. Les biens peuvent avoir la plus petite dimension là où, dans la mesure du climat, du sol et du débouché, on a occasion de conquérir de ces substances qui réclament et bonifient beaucoup de zèle et d’habileté. Ceci se présente moins pour le blé que pour divers autres fruits des champs, notamment pour les plantes dites commerciales et encore pour l’horticulture et la culture des vignes. On en trouve des exemples dans les pays chauds, où la culture des vignes, des vers à soie, etc., est prédominante et où les champs et jardins arrosés donnent plusieurs récoltes en une année. La plaine de Valence compte plusieurs milliers de petits biens dont là plupart ne mesurent pas plus de huit arpents prussiens, et le propriétaire qui possède quarante arpents passe déjà pour opulent. Des conditions semblables se retrouvent dans le midi de la France. Sur les rives de la Durance (sud-est de la France), on vit abon-' damment sur 3 hectares avec des meubles polis er noyer, etc. En diverses régions de l’Allemagne méridionale où la culture des vignes et des légumes est trèsrépandue,? à 8arpentsprussienssuffisentàunefamille La surface qui occupera suffisamment une famille de j cultivateurs, la surface de travail (Arbeitsflæche), devra être plus grande là où des plantes des espèces mentionnées ne sont pas à leur place, et où, pat; conséquent, on vise principalement des fruits à tige,| d’autres plantes alimentaires et fourragères. Mais comme sur un pareil bien un attelage spécial de bêtes de trait ne trouverait pas assez d’occupation et reviendrait donc trop cher, on emploie avec profit les vaches pour le trait, qui dès lors occasionne les frais les moindres. En principe, les possesseurs de ces biens
à vaches (Kuhgut) n'ont pas de domesticité, circonstance dont on fait avec raison grand état, parce qu'en temps de cherté la famille se restreint plus facilement et qu'aussi elle est plus ardente au travail que des serviteurs. Il faut sans doute que ces possesseurs, surtout s’ils ont des dettes, vivent avec frugalité et travaillent vigoureusement, et néanmoins ils se trouvent dans une condition meilleure et plus assurée que des journaliers et souvent ils peuvent, pour le produit brut et net du sol, soutenir la comparaison avec ceux qui exploitent de plus grands biens. Il ne serait toutefois pas bon que tous les biens-fonds fussent réduits jusqu’à cette mesure. La famille d’un propriétaire qui n’a pas de dettes peut vivre d’un bien plus petit que la surface de travail, en ce que la rente du sol sera également mise à contribution pour l’entretien. La possession d’une pareille surface T entretien procure, il est vrai, à une famille ce qu’il lui faut, mais elle expose le propriétaire à être mis par tout accident et diverses circonstances défavorables dans l’embarras, et quand un partage de succession devient nécessaire, elle ne permet plus aux îéritiers une alimentation indépendante avec leur mlture propre. Au surplus, les inconvénients attachés i ces possessions inférieures à la surface de travail 'et qui d’après plusieurs indications comporteraient mviron de 3/5 à 2/3 de la surface de travail, à moins Iqu’il n’existe des dettes ou charges foncières, reniant nécessaire une surface d’entretien plus large) lisparaissent complètement ou en grande partie , quand les propriétaires trouvent occasion de prendre i ferme d’autres pièces encore et de constituer ainsi a surface de travail, ou bien de remplir leur temps ivec d’autres travaux, auquel cas ils s’évertuent surtout à retirer de leur terre ce qui leur est indis- Densable à eux-mêmes en produits du sol.
Abstraction faite de ces hypothèses, les biens touti-fait exigus sont désavantageux. Leurs possesseurs ne leuvent pas suffisamment bien employer leurs forces,