‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 281 sur 305 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

vent, qui eût été établie en Angleterre, ce qui n’empêcha pas cependant, il est vrai , l’État de réparer le dommage dans les deux cas et les machines d’être rétablies. Même encore, en 1846, les ouvriers d’Elbeuf s’insurgèrent contre la trieuse employée pour le nettoyage de la laine. Les machines à pétrir la pâte ont excité le vif mécontentement des garçons iDOulangers, et le métier de Jacquard, lui aussi, rencontra originairement de violentes résistances.

De même que d’autres perfectionnements dans l’exploitation, les machines élèvent le revenu national net en déterminant une économie dans les frais de production, ce qui entraîne à sa suite un abaissement du prix et une extension du débouché des produits d’art. L’avantage de l’économie dans les frais profite : 1° en partie aux entrepreneurs, pour autant que les prix des marchandises laissent encore subsister un profit. Cet excédant peut atteindre son maximum dans le placement des articles industriels au dehors, et donner lieu à un rapide développement des industries; 2° aux acheteurs des marchandises devenues meilleures et meilleur marché.

Ce que ces acheteurs épargnent à leurs déboursés antérieurs est immanquablement employé par eux d’autre façon, à savoir : soit à consommer plus de moyens de jouissance, ce qui agrandit le marché des entrepreneurs indigènes de travaux substantiels, soit à se faire rendre plus de services ou à appliquer de nouveaux capitaux à des exploitations industrielles, par suite de quoi les vendeurs de biens ad hoc et par ex. de substances alimentaires, de matières premières, etc., écoulent davantage, et un plus grand nombre d’ouvriers salariés trouvent de l’occupation.

Ces considérations expliquent qu’avec l’usage fréquent des machines on ne consacre pas, au total, moins de sommes à l’occupation d’ouvriers, et que partant un nombre aussi considérable ou même plus considérable encore de travailleurs puisse trou-

ver son entretien. En 1702, la Grande-Bretagne et l’Irlande comptaient environ 15 millions d’habitants; dans ce nombre se trouvaient 4 millions d’ouvriers manuels; les machines suppléaient à peu près 11 millions d’hommes; par conséquent, la production était ce que pouvaient la faire 15 millons d’ouvriers manuels. En 1807, la population se chiffrant par 18 millions d’àmes, on évaluait le nombre des ouvriers manuels à 6 millions et l’effet des machines était jugé en représenter 200 millions. En conséquence, la production s’est accrue près de 14 fois, et la quantité d’ouvriers manuels a proportionnellement augmenté plus que la population. Dans les fabriques de coton d’Angleterre, le salaire s’élèverait régulièrement,paraît-il, avec le perfectionnement des machines, sans que la prestation plus importante devînt pénible pour le travailleur. Quand le capital fixe reçoit par les machines un constant accroissement, ce n’est pas une raison pour que le capital circulant, et surtout la dépense effectuée en salaires, décroisse, et les fréquentes additions de capitaux nouveaux valent plutôt un renfort à tou tes les branches de la dépense de capital. Les ouvriers peuvent trouver du travail : 1° dans les mêmes industries où fonctionnent des machines, parce que celles-ci ne peuvent jamais se passer complètement du concours des hommes. Avec unegrande extension du débouché, telle qu’elle peut résulter d’une notable réduction dans les frais ou de placements à l’étranger, il n’est pas impossible de voir une industrie, après l’introduction des machines, employer le même nombre d’ouvriers qu’auparavant. 2° Dans d’autres branches du travail substantiel qui offrent moins d’occasion à l’emploi de machines. En aucun temps il ne manque de ces opérations, sans compter qu’il en surgit toujours de nouvelles, à mesure qu’on peut leur consacrer plus de ressources. Dans les industries chimiques, et par ex. dans la distillation de l'eau-de-vie, dans la préparation du verre, dans celle de diverses substances colorantes

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