Livre iv
crer à leurs travaux substantiels. D’un autre côté,av< le commerce passif le placement des produits est pli incertain, tandis qu’avec le commerce actif il e plus aisé de rechercher de nouveaux débouchés et c lier de nouvelles relations. Aussi le commerce act est-il mieux approprié à des pays riches. Gomme peut être essentiellement étendu par les transport maritimes, sa prospérité dépend en même temps d l’état de la navigation d’un pays, et par là médiate ment de l’occasion offerte à l’achat bon marché d bois de construction, ainsi que du développement d l’art de la navigation.
,*¥ Lesnotions de commerce actif ei passif ne se ré fèrent qu au cas où l’un des peuples consacre au com merce d’exportation et d’importation plus de capitau; et de forces que l’autre; aussi disparaissent-elles com plétement du moment que les deux peuples en rappor rivalisent entre eux quant à l’exportation et l’impor tation, cas auquel le concours des négociants et na< vigateurs respectifs procure aux preneurs et vendeur: des conditions d’autant plus avantageuses, et chaqu; peuple n’a besoin d’employer qu’une partie du capita commercial exigé. Mais dans ce caslecapital circulant utilisé à cette fin, demeure plus longtemps dans h circulation, chaque opération réclamant plus d< temps. Aussi un plus grand bénéfice peut-il écheoiî à l’entrepreneur, en ce que la grande étendue e les périls des entreprises, comme aussi les connaissances et relations qu’elles nécessitent, rétrécissent la concurrence. C’est ce qui se présente surtout fréquemment à l’occasion d’affaires commerciales nouvellement engagées; toutefois le bénéfice y réalisé parait plus grand qu’il ne l’est en réalité, parce qu’il faut avoir égard aux dangers de l’échec et pour cela admettre parmi les frais une bonification correspondante. Pour leur part, les producteurs des articles d’exportation ne peuvent jouir d’un bénéfice excédant la mesure ordinaire qu’aussi longtemps que le débouché suit une marche ascendante.
¥\ Il n’est donné à aucun peuple de connaître les avantages du commerce d’exportation et d’importation, sans être exposé en même temps à certains périls. Les rapports entre les nations peuvent être interrompus par la guerre aussi bien que par des mesures gouvernementales, et il arrive aussi parfois qu’un peuple se voit enlever son débouché par un autre peuple qui commence à s’adonner aux travaux substantiels avec plus de succès. Quand les branches industrielles , tournées vers l’exportation , sont atteintes, sont arrêtées dans leur marche, des perturbations sensibles se produisent, momentanément au moins, dans le bien-être, des capitaux et des ouvriers sont mis en non activité, et il y a à supporter des pertes et de mauvais moments jusqu’à ce qu’on parvienne à trouver de nouveaux emplois pour les sources de biens. Le moyen curatif naturel, en de pareilles circonstances, consiste en ce que l’exportation diminuant, l’importation doit également s’affaisser, en ce que la production se tourne davantage vers des objets de consommation indigène, et en ce que les revenus destinés jusque là à l’acquisition de marchandises étrangères fourniront maintenant un débouché aux producteurs indigènes. Néanmoins, il s’écoule parfois, surtout quand certaines branches productives présentaient de l’étendue, un temps plus ou moins long avant que la production ait complètement pris cette direction nouvelle et que les inconvénients aient disparu. Bien que de pareils événements amoindrissent quelquefois l’utilité du commerce d’exportation et d’importation, on ne saurait tout de même conseiller à aucun peuple de renoncer, à cause de ces périls, aux bienfaits incalculables du commerce extérieur (ce qui implique aussi une exhortation à la diplomatie ou politique étrangère de tendre à fortifier de plus en plus les rapports pacifiques entre les nations). Il y aurait plutôt à s’inquiéter si un peuple se laissait aller, par suite de l’approvisionnement moins onéreux à
l’étranger, à renoncer chez lui à l’engendrement d’objets de liante importance, au sujet desquels il est douteux qu’ils puissent, en tout temps, être importés en quantité et qualité suffisantes.
B. — Rapport entre l'exportation et l’importation.
Si même les doctrines réputées longtemps inattaquables du système mercantile ne conviaient à rechercher comment la quantité de biens exportée doit se comporter vis-à-vis de la quantité importée et ce qu’il en est de la fameuse balance du commerce, de la différence entre ces deux quantités, l’éclaircissement de cet objet aurait déjà de l’importance par la raison que l’exportation provient de la production, tandis que l’importation est tout d’abord au service de la consommation et que dans le rapport de ces deux grandeurs doit se répéter le rapport fondamental général entre la production et la consommation. La comparaison de l’exportation et de l’importation ne peut, quand elle doit se faire en chiffres, être opérée que d’après les prix. A la base de toutes les considérations se trouve cette proposition bien simple, que toute prestation à laquelle une personne procède pour une autre dans le commerce doit être aussitôt compensée par une contre-prestation, à moins d’entraîner après elle une créance et une obligation. Aussi la somme en prix qu’un peuple reçoit en une année de tous les autres peuples est-elle égale à celle qu’il leur fournit lui-même en prestations, ou dont il devient provisoirement leur débiteur. Toutefois ici ne se placent pas seulement des ventes de marchandises et des envois de comptant, mais encore d’autres dépenses et travaux en affaires commerciales, comme par ex. le transport de biens pour des étrangers, les déboursés du commissionnaire à la réception et à l’envoi de marchandises étrangères, etc. Les prêts faits à l’étranger peuvent également être compris
ici dans le compte, car, encore qu’ils ne constituent pas par eux-mêmes des affaires commerciales, on voit, comme chez ces affaires commerciales, se dresser en face de l’envoi de biens , matériels une dette nouvellement créée, ou l’extinction d’une telle dette, sans compter que les achats à crédit sont en même temps des emprunts. Cette conformité ne prévaut cependant que pour les sommes en prix déterminées conventionnellement, tandis que les articles d’importation peuvent encore être portés au-delà du prix d’achat par des frais de transport, etc. , , , ,
* Quand, dans un cas donne, un peuple semble donner à d’autres plus qu’il n’en reçoit, la cause en peut être en partie dans l’inexactitude des indications statistiques des chiffres, en partie aussi dans des prestations internationales ne prenant pas leur source dans des affaires commerciales et non soumises par conséquent à la loi de l’égalité. De pareilles prestations unilatérales, qui n’exigent aucune bonification, émanent tantôt de simples particuliers, comme c’est le cas pour les dépenses des voyageurs ou résidants à l’étranger, pour l’avoir que les émigrants emportent, pour des héritages, des cadeaux, des profits ; et tantôt aussi ces prestations émanent des gouvernements eux-mêmes, sous forme par ex. de subsides, d’indemnité de guerre, de frais d’entretien des ambassades, voire aussi de tribut acquitté aux Etatsbarbaresques, etc.
Si, pour la simplification du sujet, on néglige les’ moindres prestations se produisant dans le commerce, il existe trois moyens à l’aide desquels un peuple peut donner satisfaction à l’étranger pour les approvisionnements de marchandises qu’il lui a achetés, moyens qui reviennent à ceci :
1° Ou bien il se constitue débiteur de l’étranger;
2° Ou bien il y expédie de l’argent ;
3° Ou bien il y envoie des marchandises. Arrêtons-nous un peu à chacun de ces points.