LIVRE IV
tierce d’intermédiaire rassemble, et dont une por tion reste toujours dans le pays, sert à aiguillonne l’émulation des travailleurs indigènes. Et voilà com ment, avec le temps, ce commerce d’intermédiair. se transforme en commerce d’exportation et d’importation. Ainsi les Hollandais augmentèrent e perfectionnèrent grandement leurs industries, lors qu’à partir du traité de paix de Westphalie (1648 commença leur décadence, qui marcha d’un pas éga avec celle de leur commerce. Leurs industries de: toiles avaient de bonne heure déjà prospéré, tandb que beaucoup d’autres, telles que les raffineries d< sucre, les fabriques de soie, de porcelaine, de chapeaux, de tabac, la taille des diamants, les constructions navales et les nombreux moulins à scie doivent vraisemblablement leur origine au commerce d’intermédiaire. Même en 1789, il entrait encore chei nous pour 8 1/2 à 10 millions de produits propres dt la Hollande. Venise avait également appelé à son aide d importantes industries, comme par exemple des travaux d’orfèvrerie, des fabriques de verres; le tissage de la soie, etc., et la ligue lianséatique n avait-elle pas, au temps de sa grande prospérité commerciale d’intermédiaire, provoqué un mouvement industriel considérable sur toute la surface du nord de l’Allemagne ?
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SECTION DEUXIÈME
Le Commerce de détail.
Le commerce de détail, qui consiste dans le morcellement des approvisionnements de marchandises et leur débit par toutes petites portions, offre une
utilité apparaissant déjà dans cette circonstance que les consommateurs achèteraient beaucoup moins si force leur était d’acquérir en une fois de fortes provisions, de telle sorte que grâce à ce commerce, les débouchés et partant la production se trouvent singulièrement favorisés. Le marchand détaillant peut approvisionner les consommateurs à l’aide d’un capital bien plus petit que celui que ces consommateurs devraient enfouir eux-mêmes dans les provisions achetées. Ainsi, à supposer que le sel de cuisine ne fût vendu que par quintal, une famille qui consomme annuellement 90 livres devrait constamment s’approvisionner pour 14 mois, et il y aurait de disponible en moyenne, dans chaque famille, 1/2 quintal, soit 500 quintaux par 1,000 familles, tandis qu’en renouvelant ses achats toutes les semaines, le marchand n’a guère besoin d’avoir en magasin que 20 quintaux. Aussi les consommateurs peuvent-ils payer au détaillant salaire, intérêt du capital et profit industriel, et y trouver encore leur avantage, d’autant que le choix leur est aussi offert entre diverses espèces et sortes de marchandises. Le marchand en gros serait troublé dans sa sphère d’action particulière et contraint de retirer une partie de son capital d’entreprises plus rémunératrices, s’il voulait lui-même s’adonner au commerce de détail. Celui-ci apparaît donc dans son isolement comme un anneau essentiel de la chaîne des activités productives. Le marchand en gros rassemble les marchandises de loin et les livre en des quantités en lesquelles il peut aisément les livrer, sans effort particulier, à nombre de marchands en détail, qui sont près de lui, aussi bien que des consommateurs, de telle sorte que ceux-ci peuvent en tout temps, sans perte de temps sensible, faire les achats dont ils ont à chaque fois besoin. C’est par cette ramification seulement, qui s’étend du tronc principal aux consommateurs individuels, que le commerce remplit intégralement sa destination consis-