LIVRE I
lieu, dans une autre période ou dans le pouvoir d’ur autre personne, il serait devenu un moyen de satis faction plus efficace pour les besoins compris dans 1( exigences nationales. L’auteur concède d’ailleui que le bénéfice d’échange réciproque se manifesl seulement dans la valeur pour les deux personne échangistes. D’après de Prittwitz, ce qui fait que ] commerce est productif, c est qu’il est utile; quant Scialoja et Küdler, ils s appuient sur l’augmentatio de valeur que le commerce détermine, et M. Rosche sur la conception plus large du mot de productior On a souvent comparé le commerce avec les travau substantiels, par la raison que ceux-ci aussi n’effec tueraient quelquefois qu’un déplacement de lieu Ainsi Mac Culloch fait l’observation suivante • 1 travail du mineur donne de l’utilité à la matière parce que des entrailles de la terre il la fait passe a sa surlace ; mais le négociant ou le voiturier qu fait parvenir cette houille de l’endroit où elle a ét extraite dans la ville ou le lieu où elle doit être employée lui donne une valeur supplémentaire et peut etre bien plus considérable. Hermann partage ausS cet avis. Il importe toutefois de remarquer à ce egard : 1» que le mineur sépare la houille du sol e la place sous la puissance humaine ; 2° que son actioi est d une efficacité durable et d’une utilité générale tandis que le voiturier ne fait parvenir la liouilh qu a certains hommes. D’ailleurs, plus tard, Mal Culloch semble s etre ravise, et on le voit s’exprime! comme suit : « Sans s’adonner à aucune brandit spéciale de production, les commercants rendent aui producteurs les plus grands services. » Et ailleurs ; « The influence of commerce upon national wealth îs only indirect. » A cette manière, de voir nouvelle adhère J. Stuart Mill, qui fait des commerçants et ce leurs auxiliaires la classe distributrice des richesses.
Nous parlions du commerce intérieur. Pour ce qui est du commerce avec l’étranger, il augmente la
fortune nationale dans la proportion du bénéfice d’échange réalisé par l’Écon. nationale; toutefois ce résultat ne doit non plus être attribué à aucune production alors qu’il rentre dans les recettes provenant de la fortune étrangère, quoiqu’à cette occasion sans i doute, vu la diversité d’appréciation de la valeur, î les deux peuples échangistes fassent en principe l’un et l’autre un gain.
Mais les choses se présentent différemment du moment qu’on envisage le commerce dans ses rapports avec les travaux substantiels. La continuité de ces travaux est subordonnée au placement des produits ; or le débouché est lié à l’échange et augmente avec les affaires d’échange. Les opérations d’échange profitent donc aussi bien à la production qu’à la consommation des biens et forment comme le trait-d’union de ces deux phénomènes. Une classe spéciale de commerçants vaquera aux choses de l’échange avec un succès bien plus grand et avec des frais bien moindres que si les producteurs ou les consommateurs de biens devaient par eux-mêmes s’en charger Lintégralement. Bien des branches de production ne voient le jour qu’après que le commerce a ouvert aux producteurs la perspective d’une vente avantageuse et les a initiés à de nouvelles jouissances. De plus, il y a restitution plus rapide aux travailleurs qui s’acquittent des travaux substantiels, du capital, par eux employé à la production, quand lecommere leur prend et leur paye leurs produits : d’où il résulte que dans le même espace de temps, ces travailleurs peuvent produire davantage que s’ils devaient attendre a vente au consommateur lui-même et rentrer plus tard seulement dans leurs déboursés.
Le commerce apparaît donc comme une occupation auxiliaire des travaux substantiels auxquels il est indispensable et dont il assure l’extension et la continuité. Uni à ces travaux par les liens les plus étroits, il est par eux d’une productivité médiate ou indirecte. De là se tirent les conséquences suivantes :