LIVRE I
1° Toute branche commerciale ne saurait ètr« reconnue productive, et il n’en est ainsi qu< pour celle qui procure un débouché à de nouveau: produits du travail agricole ou manufacturier et qui de la sorte, facilite la production de biens nouveaux Rayons donc du cadre des occupations productive: le commerce appliqué à des objets qui ont déjà servi tels que livres, tableaux, ustensiles, etc., ou bien à de* billets, titres de créance, fonds de terre, etc..., à moim cependant que l’achat de certaines de ces choses m dût tourner au profit des travaux substantiels comme il arrive dans le commerce de chiffons, ou que la facilité de revente ne favorisât l’acquisition de nouveaux produits.
2° L’utilité du commerce pour l’Écon. nationale doit s’apprécier bien moins d’après les bénéfices qu’il vaut aux commerçants que d’après l’influence qu’il exerce sur la production ainsi que sur la consommation
3° Les frais des branches commerciales productives doivent être comptés dans les frais de production des biens, parce que sans ces frais lesdits biens ne pourraient pas toujours naître avec l’abondance que lé commerce rend possible. Les frais commerciaux sont bonifiés par le prix que donne l’acheteur des marchandises, et il n’est pas douteux que la valeur des biens, qui sont constamment produits et mis en vente, soit au moins aussi considérable que ce prix.
4° Des interruptions survenant dans les branches; productives du commerce ne tarderaient pas à entraîner à leur suite un ralentissement préjudiciable des travaux substantiels. A cet égard, nous feronsobserver qu’en 1859, c’est-à-dire peu de temps avant les traités de commerce, qui vinrent inaugurer chez nous au moins une sorte de libre-échange avec l’étranger, le montant des échanges n’était encore que de 3,906 millions, tandis qu’en 1877, sous l’empire des traités, ce montant s’élevait à la bagatelle de 7,240 millions. On jugera par là si la production a dû profiter des facilités laissées au commerce.
*¥ L’activité spéciale tournée vers le 'prêt et la location de biens a rarement avec la production un rapport intime. Quelque utilité qu’il y ait à ce que les détenteurs de fonds de terre et de capitaux, qui ne veulent pas les employer personnellement à la production de nouveaux biens, les confient à des entrepreneurs de travail productif, cet abandon a lieu d’ordinaire pour d’assez grandes masses et pour un temps plus ou moins long, de sorte que le passage de biens en des mains nouvelles peut être opéré sans beaucoup de peine. Les cas où un temps et des efforts considérables sont consacrés à ces prêts se rencontrent habituellement à propos de biens ou de sommes qui sont immédiatement destinés à la jouissance et ils ne favorisent alors que la consommation.
** Les activités vouées à remploi et à la conservation des biens (celles par ex. de l’encadreur, du relieur) n’ont également aucun rapport direct et immédiat avec la production et ne rendent tout d’abord service qu’en favorisant la jouissance des choses et en diminuantl’usure, la détérioration, dont l’amoindrissement agit tout de même sur la fortune publique à l’instar de la production. Les personnes qui s’adonnent à ce genre d’occupations peuvent aussi servir médiatement la production en relevant les producteurs de beaucoup de travaux qui sans cela eussent pour autant distrait ceux-ci d’un labeur productif.
B) Quant aux services personnels , il est vrai qu’ils n’engendrent pas par eux-mêmes des biens matériels, et que dès lors il n’y a aucune contradiction à ranger l’éducateur de îa jeunesse dans une autre classe de travailleurs que l’éleveur du bétail; mais ce n’est tout de même pas sans exagération et sans injustice qu’on leur a contesté tout lien causal avec la production. Une foule de travaux qui visent à donner aux hommes la sécurité, la santé, la pénétration, l’habileté, même la moralité, qu’ils soient accomplis à la diligence de l’État ou de simples