INTRODUCTION RATIONNELLE
commande toujours plus particulièrement à l’attention y de l’observateur français, c’est celle déjà signalée de l’Econ. pol. sur la politique proprement dite. Que le , ciel puisse donc nous entendre et que l’Econ. pol. puisse donc tuer, puisse donc extirper chez nous la politique. N’est-ce pas cette affreuse manie de discuter des systèmes abstraits, de vouloir mettre le char de la " liberté, ou si l’on aime mieux la charrue avant les bœufs, ces représentants du travail, qui nous a depuis bientôt un siècle fait rouler dans tous les abîmes? Que veulent donc nos hommes de parti et nos intarissables rhéteurs? Nous procurer apparemment un bon gouvernement à qui nous soyons redevables à la fois de l’ordre et de la liberté. Mais ce bon gouvernement, ce , n’est ni de leurs menées, ni de leurs déclamations que nous pouvons l’attendre. Un bon gouvernement ne tombe pas du ciel; il est l’expression de la maturité, de la virilité d’un peuple. Certes, nous voulons tous l’ordre et la liberté! Eh bien, regardons de l’autre côté de la Manche, regardons de l’autre côté de ~ l’Atlantique, regardons de l’autre côté des montagnes qui nous séparent de la Suisse. Là, nous trouverons ' des contrées parvenues par les efforts continus des habitants à une grande prospérité et placées par l’importance prépondérante de leurs affaires, de leurs , richesses à la tête des nations ; et c’est là aussi que par une rencontre inévitable et méritée s’aperçoivent les institutions et l’état de choses qu’on désirerait tant voir s’acclimater chez nous, et qui sur les points où ils fleurissent sont certes tout-à-fait à l’abri de nos secousses périodiques. C’est que les habitudes laborieuses ne peuvent s’accommoder du moindre désordre et forment des hommes qui n’ont pas seulement de vagues aspirations vers la liberté, mais qui ont le tempérament de la liberté, tempérament qu’aucune usurpation ne saurait réduire. Que ces exemples ne soient donc pas toujours perdus pour nous et puissent nous déterminer à délaisser à tout jamais de , vaines agitations pour une réalité glorieuse qui peut seule relever notre fortune !
JP