‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 53 sur 305 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

dents; da marteau, qui fonctionne comme un poing vigoureux et d’une insensibilité parfaite ; de la pelle, qui remplace avantageusement la main plate, dont elle augmente la superficie, etc. Assurément, l’invention des outils constitue le premier pas marquant que la société humaine ait fait dans la voie des améliorations économiques.

D’autre part, des machines , qui opèrent également par du mouvement, mais qui sont complexes, de manière que la force motrice se propage d’abord à travers diverses parties intermédiaires du mécanisme avant que de produire dans la substance l’effet voulu : ce qui fait que cet effet et la manifestation de la force peuvent être tout-à-fait dissemblables. Au moyen de la machine, une force naturelle qui n’engendre qu’un simple mouvement peut prendre la place d’une personne habile, si bien que des machines ingénieuses rappellent des automates et peuvent être appelées automatiques, comme on serait certainement autorisé à le faire pour les métiers à filer, à tisser, etc. Au contraire, l’outil ne peut être utilisé qu’immédiatement par l’homme. La scie à main et le moulin à scie fournissent par ex. à cet égard les termes d’une comparaison.

De même que les installations chimiques, les machines forment tantôt corps avec les bâtiments industriels et tantôt y sont placées d’une manière indépendante.

Les machines constituent un des moyens lesmeilleurs pour renforcer l’efficacité du travail et donnent à ce point de vue des résultats supérieurs à ceux mêmes de la division du travail. Leurs avantages économiques se manifestent sous plusieurs rapports :

1° Grâce à elles, le travail humain crée une plus grande quantité de produits, qui est due principalement à l’utilisation de forces naturelles et qui entraîne un abaissement des frais et des prix des articles d’art, en même temps qu’une augmentation en

jouissance de biens pour le peuple. Le meilleur exemple que nous puissions mentionner des effets d’utilité générale attachés aux machines nous est fourni par l’industrie du coton. Au nombre des inventions les . plus notables des Anglais dans cet ordre de choses figurent surtout : a) la spinning jenny, découverte ou perfectionnée en 1767 par James Hargraves, un charpentier du comté de Lancastre et qui changea promptement l’état existant, en permettant, dès le principe déjà, de filer huit fils à la fois avec la même facilité qu’un seul ; mais comme la jenny n’était applicable qu’à la filature du coton pour trame, parce qu’elle ne pouvait donner au fil le degré de force et de torsion qu’exige la chaîne, il fut remédié bientôt à ce défaut par l’introduction du b) spinning frame ou waier frame (métier continu), cette merveilleuse pièce de mécanique qui produit un grand nombre de fils ayant chacun la même force et la même finesse. Depuis et même avant l’expiration du brevet d’invention de sir Richard Arkwright en 1785, les découvertes ont été très-nombreuses et les progrès trèsrapides dans toutes les branches de fabrication; mentionnons en effet c) la mule-jenny , inventée en 1779 par Crompton, et ainsi nommée parce qu’elle est un composé du spinning jenny et du spinning frame; d) le power-loom (métier à tisser mécanique) conçu par le révérend Cartwright en 1784 et grandement répandu à partir de 1805. On peut ajouter ici une foule d’autres machines, telles que le Flyrowing , banc à broches, et encore le métier à filer automate ou renvideur (selfacting mule ou selfactor) de Roberts, qui ne remontent qu’à 1825 et sont d’une ingéniosité remarquable.

Or, les machines à filer produisent, d’après Bernouilli, 100 fois, d’après Moreau de Jonnès, 120 fois, et d’après des indications plus récentes encore, même 266 fois autant, à travail égal, que des rouets guidés manuellement. Une fileuse à la main, avec un aide, ne doit pouvoir livrer par semaine qu’une 1/2 livre

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