‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 57 sur 305 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

nomisé sur l’une profite à toutes. Ce qui importe, c’est de bien comprendre que jamais, au grand jamais, les économies n’ont lieu aux dépens du travail et des salaires. »

Les machines soulèvent d’autres objections encore que celles que nous venons de combattre, mais d’ordre secondaire et que pour ce motif nous croyons pouvoir négliger ici.

Nous passons maintenant, conformément à la marche indiquée plus haut, au commerce , qui laisse les substances telles qu’elles se présentent, sans opérer en elles de modification, et à l’égard duquel il est permis de poser les trois points suivants :

1° Le commerce ne réclame pas de matières premières (ou substances à transformer), mais bien des approvisionnements de biens, de l’ouvrage fait, comme disait Storch, qui se tienne prêt pour l’échange et au placement duquel, consécutif à des achats, se réfère l’activité mercantile. Une partie des ; produits doit toujours être tenue en réserve pour des fins commerciales, attendu que l’échange ne peut avoir lieu en tout temps, ni non plus toujours aussitôt après la production accomplie. Certains biens ne sont engendrés qu’à certaines saisons, ou ne sont même pas, ainsi que le vin, obtenus tous les ans en quantité et qualité suffisantes, et d’autres objets, tels que les fourrures ou des étoffes pour vêtements de deuil, ne trouvent emploi que de temps en temps. Grâce à ces réserves de biens, les besoins humains reçoivent une a satisfaction immédiate. Les choses ne se trouvent toutefois que transitoirement et souvent même que pour très-peu de temps dans cette classe, que les matières transformables ne cessent d’alimenter et de reconstituer. Si l’on envisage la destination à venir de ces approvisionnements, on constate qu’ils entrent dans l’usage, partie comme moyens de jouissance, partie comme capitaux d’une des sortes précédemment expliquées; c’est donc d’eux, ainsi que des matières premières, qu’émane la production de biens

nouveaux, production qui s’éparpille ensuite en usages variés.

2° Il faut au commerce des moyens d’entretien pour les travailleurs qui y vaquent et différentes substances auxiliaires, telles que cuves, voitures, poids et mesures, etc.

3° La conservation, l’expédition et la vente des marchandises exigent bien des ustensiles, de même que des constructions, telles que magasins, routes, canaux, chemins de fer, ports, etc.

Le commerce proprement dit, aussi bien que l’échange pratiqué immédiatement entre producteurs et consommateurs et que tout échange en général avec des biens matériels réclame de l 'argent, c’està-dire une chose que personné ne fait difficulté d’accepter pour la restituer ensuite encore une fois à l’échange et qui peut donc servir d’équivalent à tous les biens et à toutes les prestations. Pour autant que la fonction de l’argent est remplie, non par un simple signe, tel que le papier-monnaie, mais par un bien ayant une valeur et occasionnant des frais déterminés, comme l’argent métallique, la provision de cet argent compose une masse de biens indépendante et une portion à part de la fortune nationale. De même que tout individu qui veut échanger ou vaquer à d’autres opérations de translation des biens, en prêtant, par ex., ou en prenant en location ou en payant des salaires, doit avoir à sa disposition une partie de son avoir sous forme d’argent, de même il faut à un peuple tout entier une certaine quantité d’espèces qui serve d’instrument pour faciliter l’échange, et qu’en conséquence il est permis de ranger dans le capital, par la raison que cet échange se trouve dans le lien causal le plus étroit avec la production de biens nouveaux. Observons seulement que parmi les affaires d’argent, il en est beaucoup qui ne se réfèrent aucunement à la production de biens nouveaux, comme c’est le cas dans le paiement de services improductifs. Aussi, à regarder de près, ne

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