‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 58 sur 305 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

pourrait-on considérer comme capital que cette partie de l’argent qui est employée aux dépenses favorisant médiatement o.u immédiatement la production. Mais chaque pièce d’argent reçoit tantôt l’une, tantôt l’autre des deux destinations."

»*» En raison de ce qui a été exposé, le capital d’un peuple comprend donc :

A. — Les éléments qui sont immédiatement exigibles pour des branches données du travail, à savoir : 1° des matières premières ; 2° des substances auxiliaires ou matériaux ; 3° des moyens d’entretien pour les travailleurs; 4° des moyens auxiliaires, sous forme d’instruments ; 5° des réserves de marchandises pour l’échange.

B. — Le moyen général de faciliter tout échange, à savoir l’argent.

. A part les réserves, toutes ces parties sont plus ou moins assujetties à la consommation. Les matières premières et auxiliaires, ainsi que la plupart des moyens d’entretien ^ont-consommés plus rapidement et dans la mesure dans laquelle de nouveaux biens sont engendrés; quant aux autres parties, elles subissent au moins une usure, une détérioration dont n’est pas affranchie même la substance qui fait fonction d’argent.

Sous ce rapport, le capital concorde avec les moyens de jouissance, et il n’en diffère que par cette circonstance qu’avec leur consommation, ces moyens de jouissance n’offrent pas de dédommagement en biens matériels, tandis que l’amoindrissement du capital se trouve compensé et quelquefois même plus que compensé par l’engendrement simultané de biens matériels. Les éléments constitutifs du capital peuvent aussi, celui-ci ne changeant pas de grandeur, varier dans leur ensemble, en raison aussi bien d’une consommation et d’une production que d’un échange.

»*, L’emploi d’un capital peut communiquer aussi à d’autres sources de biens une valeur plus élevée et notamment une aptitude productive plus grande. Les

qualités ainsi engendrées d’une autre source de biens ne doivent plus être rangées dans les variétés du capital, du moment que les biens dépensés à leur intention ont cessé d’exister comme des fractions isolées de fortune. G’estainsi l°qu’un travailleur peut être redevable à des sacrifices, d’une adresse plus grande, acquise par l’enseignement reçu dans des voyages ou autrement. La capacité ainsi accrue des travailleurs a été citée comme un capital personnel, en ce qu’elle prend la place du capital sacrifié pour son obtention. J. -B. Say n’a-t-il pas dit qu’un homme qui a achevé sa croissancé est un capital accumulé, et Mac Culloch que tout individu arrivé à maturité peut être considéré comme une machine qui a coûté vingt années d’attention soutenue et un capital considérable en déboursés de bâtise ? Toutefois les qualités des hommes, quelle que soit leur importance pour la production des biens, ne rentrent pas, en tant que biens personnèls, dans la fortune, ni par conséquent non plus dans le capital ; il ne sied pas de classer parmi les choses, sous quelque rapport que ce soit, les hommes, au bien-être desquels ces choses sont en général destinées. C’est ainsi encore que 2° des fonds de terre peuvent, grâce à une dépense de capital, être rendus plus productifs. Ces améliorations foncières forment manifestement une branche de la production; mais tant qu’elles ne se traduisent pas par une construction distincte du sol et amendent seulement la constitution de celui-ci, par le drainage par ex., ou le remblayage, ou le nivellement, ou des travaux d’irrigation, etc., il y a absorption du capital, et les fonds de terre ont bénéficié d’un accroissement de valeur, en même temps que le capital s’est amoindri.

* Eu égard à sa façon d’être vis-à-vis de celui qui l’emploie, le capital est dit fixe ou circulant (stehend ou umlaufend ; fixed ou floating capital). Le capital fixe englobe ceux des biens qui se rendent utiles au travail dans un usage continu et parmi

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