LIVRE I
d’abord les convertir en d’autres biens, afin de les rendre productives.
Toutefois, comme les revenus d’argent réguliers dont une partie peut être mise de côté, proviennenl toujours finalement d’une masse de biens nouvellement produite ou amenée de l’étranger, on est autorisé à admettre qu’à chaque somme d’argent rassemblée correspond une de ces quantités nouvellement ajoutées de marchandises dont l’argent a pris la place, el qu’aussi avec cette somme d’argent peut être encore une fois acquise quelque autre quantité de substances^ d’outils, etc., utilisable comme capital.
La grandeur du capital d’un peuple à chaque époque est la résultante de l’industrie et de l’épargne des divers citoyens, aussi bien que de la fermeté el de la justice du gouvernement; et pourvu que des perturbations particulières ne se soient pas livrées carrière, elle peut être envisagée comme une conséquence des forces intellectuelles et morales agissant dans un État. Le nombre des personnes qui épargnent est habituellement, vis-à-vis du nombre des mauvais administrateurs de leur chose, dans un rapport tel que le plus souvent le capital intégral d’un peuple ne conserve pas seulement la hauteur acquise, mais la dépasseencoreincessamment, quoique d’une façon peu sensible. Le degré de prévoyance et de domination de soi-même, ou de légèreté et d’avidité de plaisirs qui règne dans un pays ou dans certaines de ses classes, comme aussi l’habileté et le succès par lesquels se distinguent les travaux productifs, sont de nature à accélérer ou ralentir l’accroissement du capital, et il se peut même que des événements spéciaux, tels que des guerres malheureuses, des troubles civils,! des inondations, etc., amènent une véritable réduction, un véritable amoindrissement du capital. Une augmentation de ce capital par une épargne incessante rie perdrait sa raison d’être que pour autant qu’aucune occasion ne fût offerte ou à un emploi productif dans le pays même, affligé par ex. par de
mauvaises institutions, ou à des prêts et placements dans d’autres pays. Mais il y a vraiment lieu de compter toujours sur Tune ou l’autre de ces deux ressources : aussi n’est-il pas à craindre que le mouvement ascendant du capital vienne à s’arrêter, et Rabaissement du taux de l’intérêt et des bénéfices peut avoir seulement pour effet d’engourdir, de ralentir graduellement ce mouvement.
Coopération des sources de biens.
Les sources de biens envisagées jusqu’ici n’exer- *ent leur influence sur la production que lorsqu’elles sont mises en rapport les unes avec les autres. Les orces naturelles qui se manifestent dans les fonds le terre aussi bien que dans les parties du capital, i savoir les substances et les instruments, ne sont que le peu d’utilité sans le concours du travail. Mais le ravail lui-même réclame l’assistance du capital ; il le saurait non plus se passer des fonds de terre, et es forces naturelles lui viennent singulièrement en lide. Étant donnée cette dépendance réciproque des ources de biens les unes vis-à-vis des autres, il est important qu’elles soient entre elles dans un rapport 'e grandeur exact. Si l’une d’elles avait relativement aux autres une abondance très-grande, il n’y lirait à cela, pour le moment, qu’un intérêt, qu’une tilité médiocres. Sans doute, les efforts des hommes sndent tout naturellement à faire cesser la disproortion, à amener l’équilibre; des ouvriers immigrent