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ou émigrent, des capitaux sont appelés dans un pays ou sont expédiés au dehors, de nouveaux terrains sont disputés à la mer, aux rochers, aux montagnes, etc.; mais l’équilibre cherché ne peut s’établir que graduellement, et en conséquence, la direction dominante des affaires productives peut pendant longtemps être déterminée par un de ces rapports particuliers entre sources de biens. Ainsi, là où le capital et le nombre de travailleurs l’emportent sur la quantité de fonds de terre, il se produit une tendance marquée vers les occupations qui, comme l’industrie et le commerce, peuvent se passer d’une superficie territoriale considérable. Des exemples à l’appui sont fournis par la moderne Angleterre et l’antique Phénicie.
Quiconque combine, pour son bénéfice, les sources de biens de façon qu’elles manifestent un effet productif, se fait entrepreneur d’une branche de production ou d’une industrie productive, devient un industriel. Souvent les propriétaires fonciers manquent du capital qui serait exigé pour l’exploitation avantageuse de leurs terres, sans compter que ni ces propriétaires, ni les capitalistes ne sont toujours aptes ou enclins à l’accomplissement d’un travail productif. Si dès lors un entrepreneur spécial est déjà nécessaire, à qui les propriétaires et capitalistes puissent confier leurs parcelles de fortune pour un emploi productif, il est rendu plus indispensable encore par la circonstance que la mise en mouvement de plusieurs travailleurs coopérant à un même but doit partir d’une seule personne qui les dirige dans leur tâche et les pourvoit de capital. C’est donc l’entrepreneur qui est en quelque sorte le traitd’union entre les travailleurs, d’une part, et les propriétaires des diverses sources de biens, à savoir les propriétaires de fonds de terre et de capitaux, d’autre part. La notion de l’entrepreneur ne se trouve pas, d’ailleurs, altérée par le fait que celui-ci sera souvent en même temps propriétaire de la terre et du capital, ainsi que c’est le cas chez les propriétaires terriens
qui exploitent en personne. Si nous n'avons pas mentionné les forces de la nature à part, c'est qu'elles ne constituent pas une portion distincte de la fortune, et que l’entrepreneur est mis à même, par les fonds de terre et les capitaux, d’utiliser ces forces.
Étant donné que par entreprise on doit se représenter en général un emploi, cohérent en lui-même et formant un tout isolé, de capital et de travail en vue de la réalisation d’un bénéfice, il faut considérer comme rentrant dans une entreprise, comme nécessité par elle, ce qui suit :
1° Le rassemblement des sources de biens exigées, qui, lorsque ces sources sont en général existantes, réclame aux mains de l’entrepreneur un capital suffisant de provenance propre ou étrangère, à l’aide duquel les fonds de terre et l’activité à déployer pourront être obtenus. La grandeur du capital obligatoire rend souvent nécessaire, au regard d’une seule et même entreprise, l’agrégation d’un certain nombre de participants.
2° La direction de l’affaire, ce qui est une tâche, ne laissant pas que d’être difficile, en ce qu’elle ne suppose pas seulement la notion des opérations particulières à entreprendre, mais en ce qu’elle réclame en outre de plus hautes qualités intellectuelles et morales, comme p. ex. de multiples connaissances approfondies, de l’expérience, la puissance de combiner, afin de coordonner les divers opérations et moyens d’art de la façon la plus avantageuse; et encore, de la réflexion, une volonté ferme, l’amour du travail, etc. L’activité des auxiliaires qui prennent part à la marche de l’entreprise est tournée seulement vers un de ses côtés spéciaux, et il rentre dans la mission de son directeur de dominer l’ensemble et de maintenir entre toutes les parties un lien satisfaisant.
3° Enfin aussi, dans la plupart des cas, la charge du danger que l’entreprise n’échoue ou au moins ne réponde pas à l’attente, et que par conséquent la fortune employée ne se perde en tout ou en partie. Il