‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 64 sur 305 · LITRE I · texte numérisé non relu

LITRE I

est peu d’entreprises qui soient à i’abri de pareils périls, résultant de circonstances variées.

Nous voyons ainsi se dessiner la différence entre entrepreneurs et gens de service ou à gages. Sans doute on rencontre des entreprises conduites avec un capital si infime qu’elles avoisinent un simple travail salarié et forment comme la transition entre les deux genres d’activité; mais c’est là le cas le moins fréquent, et le plus souvent le contraste n’apparait que dans un jour d’autant plus vif.

L’avantage de la production pour la société tout entière gît dans l’excédant de la quantité de valeur nouvellement produite sur celle consommée. Mais les propriétaires de fonds de terre et de capitaux n’emploieront et ne laisseront employer à la production les parcelles de fortune à eux appartenant, les travailleurs et les entrepreneurs ne consentiront à manifester leur activité qu’autant qu’il en résultera pour eux un avantage économique, c’est-à-dire qu’autant qu’une partie des biens nouvellement prod uits leur échoira en partage. Ils ne visent donc pas seulement à être tenus indemnes de leurs déboursés et pertes, mais encore à faire un recouvrement supplémentaire. C’est la perspective de cette part dans le produit qui détermine en conséquence la coopération des classes sociales désignées à la production de biens.

De ce qui précède résulte la nécessité de plusieurs espèces de revenus, dont l’examen attentif rentre dans la doctrine de la distribution des richesses et dont l’énonciation nous sert comme de pont pour le^ passage de la première à la seconde partie de l’Écon. pol. Quand on dégage et dénombre ces revenus, on arrive à la nomenclature suivante :

1° Le salaire ou compensation pour le travailleur comme tel, sans égard à d’autres sources de biens;

2° La rente foncière ou revenu du propriétaire de terrains utilisables, uniquement comme conséquence de la propriété et de l’abandon de celle-ci en vue de son utilisation.

3° La rente du capital ou rémunération (revenu) du possesseur de capitaux, qui en a cédé l’emploi.

4° Le profit industriel (la rente industrielle) ou bonification à l’entrepreneur pour la peine et les périls inhérents à une entreprise.

Notons ici que les mêmes revenus échoient aussi en partage à ceux qui ne font servir les sources de biens dont ils disposent qu’à l’engendrement de biens personnels : il y a un salaire des services, une rente du capital à l’occasion de moyens de jouissance communiqués et loués, et un profit industriel à la suite d’une entreprise de services.

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