‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 71 sur 305 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

à se concentrer par succession en masses considérables. Parmi les réformateurs de ce qui existe il en est qui pensent qu’au lieu de porter atteinte au droit de disposer, lequel droit devrait, selon eux etre aussi large que possible, on devrait plutôt restteindre le droit de recevoir au-delà d’un certain ctnltre, ce qui aurait pour effet de diriger les libéralites des gens fortunés vers des usages publics, vers des etablissements de charité, d’instruction, etc ains1 que cela se pratique sur une large échelle aux btats-L ms. Mais ils sont obligés de reconnaître euxmemes que tant que prévaudra dans l’opinion publique ce sentiment, qu’on doit faire pour les siens le plus possible, une pareille loi serait toujours éludée en tait..., sans compter qu’elle nous paraîtrait faire trop bon marché, en un certain sens, du droit de propriété et aussi trop répondre à des visées socialistes.

, , Les motifs que nous avons donnés de la propriété ou possession exclusive s’appliquent aux choses mobilières, lesquelles ayant été produites semblent devoir appartenir à qui les a produites; mais ces motus lie s’appliquent pas à la propriété foncière à la matière première de la terre, qui n’est pas le produit du travail. Aussi, si la nature faisait tous les rais de la force productive de la terre, si l’industrie humaine n’y était absolument pour rien, ou bien s’il était possible de faire dans cette force productive la part exacte de la nature et de l’industrie, il serait tout-a-fait contraire à la justice de laisser des indi- ; vidus s’approprier, accaparer le don delà nature, bans doute, à l’époque actuelle, pour les besoins de ; 1 agriculture, la terre doit être à la disposition exclusive d’un seul, et l’individu qui a labouré et ensemence doit pouvoir récolter. Mais alors, étant faite cette concession nécessaire dans l’agriculture, que la terre soit occupée seulement pendant une saison comme il arrivait chez les anciens Germains, ou soumise à une nouvelle répartition à mesure que la population augmente, ou remise en propriété à l’État,

qui l'affermerait à des cultivateurs à des conditions réglées par la coutume ou des baux !

Iliaut toutefois reconnaître quesila terre elle-même n’est pas issue de l’industrie, elle est redevable à l’industrie de beaucoup de ses qualités utiles, et que le travailsert non seulement à mettre en usage cetinstrument, mais encore souventà le façonner. Que delabeur dépensé généralement au début, à défricher ^ des terrains, à les rendre propres à la culture; et même, quand ils sont défrichés, que de fois ne sont-ils productifs que par suite de l’intervention de l’industrie, que par suite de travaux de drainage ou d’irrigation ! Bien des peines ne sont prises, bien des dépenses ne sont faites même qu’en vue derésultats bien lointains, dont lesenfantsou arrière-neveux seulement seront appelés à bénéficier. Qui voudrait se résigner à ces débours et à ces peines qui sont immédiats, si lui-même ou ses successeurs n’en devaient tirer avantage? Aussi, afin que l’homme ait devant lui le temps nécessaire pour profiter des améliorations entreprises, afin que ces améliorations si nécessaires à l’humanité tout entière ne soient arrêtées par aucune préoccupation, par aucune entrave, a-t-on pensé communément que son bail ne devait avoir aucune limite dans le temps et être par conséquent perpétuel.

Telle étant la seule justification, et elle est uniquement d’ordre économique, qu’on puisse donner de la propriété de la terre, cette propriété ne serait donc plus défendable au point de vue économique, si le propriétaire de la terre n’était pas aussi celui qui l’améliore, et, comme le dit justement J. Stuart Mill, « dans aucune théorie bien entendue de la propriété, on ne s’est jamais proposé que le propriétaire de la terre ne fût qu’un simple sinécuriste résidant. »

« Lorsqu’on parle, observe le même écrivain, du caractère sacré de la propriété, on devrait toujours se rappeler que ce caractère sacré n’appartient pas au même degré à la propriété de la terre. Aucun homme n’a fait la terre. Elle est l’héritage primitif

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