‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 90 sur 305 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

des travaux qui sont estimés d’après leur valeur d’usage ; c est le cas quand ils procurent au dispensateur du salaire un avantage sans le secours de l’échange, et! dans cette catégorie veulent être rangés aussi bien 1 assistance donnée à celui-ci pour les acquisitions! qu’il poursuit par sa production propre, que certaines taches visant la conservation et l’usage des biens matériels et les nombreux services personnels, qui toutefois peuvent être habituellement obtenus à un prix de beaucoup inférieur à leur importance. La valeur d’échange est au contraire prise en considération dans les travaux mis au service d’une entreprise industrielle.

, plus sont satisfaisants les résultats de l’entreprise, c’est-à-dire plus il restera de son rendement, déduction faite des autres frais déjà arrêtés, aux mains de 1 entrepreneur pour sa part et celle des ouvriers, plus il pourra être accordé à ceux-ci un salaire élevé. Pour cela, il y a surtout à interroger les prix des produits industriels dans leur rapprochement avec les autres déboursés. Gomme toutefois la dation d’un salaire considérable a pour effet d’amoindrir le bénéfice industriel de 1 entrepreneur, ce salaire aura acquis sa limite supérieure du moment qu’il subsisterait à peine encore un encouragement pour le dit entrepreneur à continuer son œuvre. D’ailleurs, la concurrence des capitaux favorisera rarement assez les salariés pour leur permettre d’atteindre un salaire se rapprochant de cette limite extrême.

2° En second lieu, la valeur se règle sur le zèle, ‘ 1 habileté, la force, etc., des travailleurs, toutes circonstances qui font qu’étant donnée une même industrie, le produit de ces travailleurs varie d’une manière sensible. Ces diversités dans le produit s’observent aussi de contrée à contrée. Ainsi des ouvriers anglais accomplissent plus de besogne que des ou- \iiers français et beaucoup plus que des ouvriers irlandais, dont par contre le salaire est aussi bien plus modique. On prétend qu’un journalier écossais

est payé moins cher 1 schelling qu’un ouvrier irlandais 1/2 schelling. Ce qui permet déjà de reconnaître par un salaire plus élevé l’adresse et le zèle des ouvriers qui en déploient, c’est qu’avec le même capital fixe ils produisent davantage. En 1829, on payait à Manchester, pour une livre de fil de coton dun°200, un salaire de filage de 4 08 schellings, tandis que de 1831-33 on ne payait plus que 2 41 à 2 7 schellings ; mais comme au dernier prix le fileur travaillait simultanément avec 648 bobines, alors qu’auparavant il n’en employait que 312, il recevait tout de même désormais, à durée égale de travail, un salaire plus fort, à tout prendre, que sous le régime antérieur, salaire qui se chiffrait par 648 fois 2 5/12 ou 1,566 schellings, au lieu de 312 fois 4 1/12 ou 1,274 schellings.

Le salaire est stipulé soit pour une certaine période (jour, semaine, mois, etc.) de travail, soit en raison d'une certaine prestation déterminée, auquel dernier cas on dit que l’ouvrier est à ses pièces. Eu égard à l’avantage des deux classes de personnes, intéressées avant tout dans la question du salaire, celui-ci peut être envisagé d’une double manière :

1° Et d’abord, dans ses rapports avec le temps employé par l’ouvrier. La condition économique de l’ouvrier dépend principalement de la grandeur de tout son revenu en salaire, lequel se règle à son tour sur la grandeur de l’indemnité offerte en échange ji’une période de travail donnée (rate of labour) et [sur la continuité dans l’occupation ou les interruptions qu’elle subit.

; 2° Ensuite, dans ses rapports avec la dépense que le maître est tenu de faire pour un certain effet de :ravail et que les Anglais appellent price of labour. Le maître vise à obtenir contre le sacrifice le plus éger la prestation de travail la plus haute en valeur. Si c’est une rémunération à la tâche qui est conveîue, le maître n’éprouve aucun préjudice à ce que, ?râce à un redoublement de zèle, l’ouvrier augmente e revenu provenant du salaire.

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