‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 92 sur 305 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Or, bien que la manière de vivre plus satisfaisant dont ont eu à se réjouir les travailleurs d’un paysn’ef été à l’origine qu’une conséquence d’un salaire avar tageux, cette manière de vivre, en se prolongeai agit comme cause déterminante du salaire, en c qu’elle excite les ouvriers à résister énergiquemer à son affaiblissement. Leurs moyens de résistance, tel que l’ajournement du mariage, le passage à d’autre occupations, le changement de résidence, etc., mar quent néanmoins d’efficacité au milieu de circons tances défavorables, par suite desquelles les ouvrier ne sont pas rarement amenés à se résigner à de privations qui à la longue perdent ce qu’elles ont d pénible. Aussi les prétentions des classes ouvrière à une certaine mesure de jouissance de biens va rient-elles beaucoup de pays à pays, d’après les con ditions économiques et intellectuelles où celles-( sont placées.

Les frais d’entretien ne sont pas les même pour toutes les classes de travailleurs d’un pays : c qui tient en partie à ce que la diversité des occupa tions qui nécessitent des efforts de nature tantô plus corporelle, tantôt plus intellectuelle, réclam une réparation physique quelque peu inégale, et c qui tient encore aux exigences traditionnelles de 1 condition sociale à laquelle appartient le travailleu et qui l’oblige, par ex., à une tenue plus soigné quand il est en rapport constant avec des gens bie; élevés et élégants. Cette gradation, qui se manifest; depuis les tâches les plus communes, les plus vul gaires, jusqu’aux services les plus élevés, et qu trouve habituellement son expression dans les fixa tions correspondantes du salaire, ne relève aucunement du hasard et se rattache à la nature des occu pations, aux difficultés qu’elles offrent, à l’art qui j est déployé, aux dispositions, aptitudes et qualité; de toute sorte qu’elles exigent. C’est ce qu’il est déji permis de déduire de la persistance de l’écart de; salaires dans les diverses œuvres qui s’accomplissent

/, Gomme le même besoin d’entretien s’exprime par me somme d’argent différente, selon ce que sont les trix des substances alimentaires, il en résulte une [ifférence dans le montant en argent du salaire. C’est e qui s’aperçoit 1° quand on compare plusieurs loalités. Dans des contrées fertiles et où la population st peu dense, l’ouvrier peut n’être nullement à laindre avec un modique salaire en argen t. En ville, 3S déboursés pour le logement, le bois, les impôts, etc. , ont plus élevés qu’à la campagne. 2° Et c’est ce qui 'aperçoit encore , quand on compare diverses poquês. Si le prix des denrées alimentaires s’élève, i condition des ouvriers doit s’empirer, à moins que 3 salaire ne suive lui-même un mouvement ascenant. Pour ce qui est de l’effet de ce changement sur î salaire, il faut faire la distinction suivante : a) La ausse insensible, mais continue, qui avec l’accroisjment du bien-être et de la population se produit ans les prix des substances brutes, entraîne à sa suite,

. la concurrence demeure la même, une augmentaon du salaire, ainsi qu’il arrive ordinairement au as d’une crue persistante des frais, sans que toute- !>is il en résulte le moindre avantage pour le traàilleur, attendu que le salaire ne fait que se mettre la remorque de la grandeur des déboursés néessaires. Le prix des moyens d’existence faiblit-il u contraire avec persistance, le même motif fait raduellement baisser le salaire, de telle sorte que Is frais d’entretien moindres tournent au profit de Entrepreneur ; cependant la demande agrandie de ouvrage qui a diminué de prix peut prévenir l’afissement complet du salaire et permettre aux traülleurs de vivre mieux qu’auparavant. Aussi bien, îxpérience prouve qu’en général le montant du daire ne se modifie qu’avec lenteur, b) Un renchéssement passager des vivres, amené par ex. par une auvaise récolte, ne peut pas aussitôt faire monter salaire parce que les entrepreneurs résistent énerquement et que l’offre de travail ne décroît pas de

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