LIVRE II
* La rente foncière peut être envisagée de deux côtés. Pour le cultivateur en particulier, qui doit payer un fermage ou bien s’approprier les fonds de terre moyennant un déboursé de capital et renoncer aux intérêts que lui vaudrait le prêt de ce capital, la rente foncière existante forme une partie des frais de production qui peut seulement être modifiée avec plus de facilité que d’autres parties de ces frais par des circonstances extérieures. Mais si l’on considère l’engendrement de substances brutes en général du point de vue de toute l’économie publique, il y a à distinguer la rente foncière aussi bien que la rente du capital de celles des dépenses qui se réfèrent à une consommation nécessitée par la production. Les deux rentes, celle du sol et celle du capital, constituent, il est vrai, d’inévitables dépenses de l’entrepreneur; mais au lieu d’être la restitution d’une consommation, elles sont des redevances faites à d’autres pour l’utilisation concédée par ceux-ci de leurs sources de biens, et elles forment par conséquent dans toute l’économie publique un revenu net.
La plupart des fonds de terre d’un pays sont employés à la culture de laquelle découle par conséquent la majeure partie de la rente foncière. C’est pourquoi c’est surtout dans la culture du sol qu’il y s lieu de rechercher les causes qui valent au propriétaire foncier une certaine participation au produit net, sauf à tirer de là des conclusions conformes pour les conditions se rencontrant dans d’autres emplois de la terre. La rente foncière, qui peut êtri très-inégale d’un pays à un autre, voire d’un lieu ; un autre, et qui est susceptible d’atteindre parfois ur montant très-élevé, provient d’un excédant du rendement sur les frais et déroge par conséquent à ls règle en vertu de laquelle les prix des choses se rapprochent des frais. Là où la coopération du sol à une branche industrielle et partant le montani des frais occasionnés au sujet de divers fonds d( terre accuse des inégalités, le rendement net de l’entre-
Mise ne saurait, si les produits ont un prix uniforme, Hre de même grandeur. Par contre, une si grande lifférence de frais ne s'observe pas sur celles des inlus tries qui peuvent s'exercer partout à l'aide d’un capital, et si même les prix de la main-d'œuvre et de a matière première sont plus bas dans telle contrée [ne dans telle autre, la concurrence entre plusieurs mtrepreneurs placés tous dans des conditions égaernent favorables est en général assez puissante )Our amener les prix aussi près que possible du nontant des frais. Gomme le concours que des fonds le terre constitués d’une certaine façon donnent à a production ne se manifeste qu’à des endroits déerminés et dans une mesure restreinte, il est dans a nature des choses que là où rutilisation de terains donne lieu à un plus fort excédant, celui-ci tille en grande partie au propriétaire foncier comme ente foncière. Ainsi s’explique que des auteurs, iarmi lesquels notamment Senior, aient vu dans la ente foncière comme la conséquence d’une sorte de fionopole. Les différences dans les frais pour divers ands de terre peuvent provenir des causes suiantes , que nous allons reprendre une à une , savoir : 1° la constitution des fonds de terre ; 0 leur situation; 3° le montant du salaire; 4° le iode d’exploitation.
1° La constitution des terres a sur leur rendelent une grande influence. Si l’on considère en parculier la culture du sol, il est certain que d’une erre féconde on retire un produit brut plus élevé ivec des frais relativement moindres, de telle sorte u’un quintal, un boisseau ou toute autre mesure relient à meilleur compte que prise sur une terre plus îgrate. En dedans d’un même pays, les écarts dans ! rendement brut ne laissent pas que d’être parfois i’ès-considérables. Ainsi des indications concernant otre propre pays établissent pour le rendement en blé es divers arrondissements une marge de 22 31 hecflitres par hectare (arrondissement de Lille, dans le