LIVRE II
département du Nord), à 6 4 hectolitres (arrondissement G-ourdon, du département du Lot), Si le prix couvre les frais de production du sol le moins productif, la culture du sol plus favorisé procure un produit net, par conséquent une rente foncière; ef cet effet de la bonté graduée des fonds de terre se montre de la même façon quand les terres meilleures ne sont mises en culture que plus tard, pourvu que le produit ne soit pas assez abondant pour écraser les prix. La théorie développée par Ricardo sur la rente foncière et à laquelle il a attaché son nom repose entièrement sur cette productivité variable des fonds de terre. Il semble y avoir été précédé cependant par Anderson, comme aussi par Malthus et Edw. West. Parmi ceux qui ont pris fait et cause pour la doctrine de Ricardo, on peut citer James Mill et Mac Culloch; au nombre de ses détracteurs figurent av, contraire des écrivains comme de Sismondi, Banfield, Garey, Bastiat, etc. •
Ricardo admet, il est vrai, que la terre plus fertile est cultivée la première et qu’on ne passe à la culture des terres moins fertiles que subsidiairement ei graduellement, mais cet ordre n’est pas le seul possible. L’Américain Garey s’efforce de démontrer que les terres, riches en humus, des vallées et des plaines ayant été difficiles à dessécher, on aurait commencé par cultiver les terres moins fécondes mais plus sèches, situées sur les hauteurs, et que et n’est que lors de l’accroissement du capital et de lç population qu’on se serait employé au dessèchement de ces surfaces plus planes, qui rapportèrent ensuit» aussitôt une rente foncière plus forte que les surfaces sises plus haut. L’Amérique lui fournit de nombreux exemples à l’appui de sa thèse, tandis qu’on pourrai! en revanche signaler beaucoup d’autres exemples oè la marche inverse a été suivie. Au surplus, les faits avancés par Garey ne prouvent rien contre l’idée fondamentale sus-énoncée, attendu que sa démonstration étant adoptée, la mise à jour d’une rente
par la diversité des terres n’en serait pas moins évidente.
A part les frais ayant un caractère proprement acquisitif, il y a à prendre en considération aussi les pertes et périls attachés à l’utilisation du sol, qui peut être par ex. inondé, ainsi que les dépenses motivées par les moyens de protection auxquels on a recours à l’encontre de ces dangers.
La productivité inégale résulte en partie de circonstances naturelles, parmi lesquelles se rangent principalement la composition de la couche supérieure de la terre, où se rencontrent des principes minéraux et des restes organiques, l’épaisseur de cette couche, la constitution du sous-sol, la sécheresse ou l’humidité, la platitude ou l’inclinaison du terrain, le climat local; mais cette productivité inégale a aussi en partie sa source dans l’art employé, et par ex. dans des travaux de drainage, l’arrachage des buissons et l’éloignement des pierres, des excavations comblées, l’établissement de rigoles pour l’irrigation, etc., etc.; et l’aptitude productive ainsi surélevée agit de même façon sur la rente foncière que l’inégale conformation naturelle. Si la bonté de la terre ne se manifeste pas par la quantité plus grande, mais par une qualité supérieure des produits, ceux-ci doivent au moins atteindre un prix justifiant la destination donnée aux fonds qui servent à leur engendrement.
2° La situation, elle aussi, a de l’influence sur les frais des produits du sol, et par cette situation nous entendons aussi bien celle des terrains contre les bâtiments de l’exploitation que la distance séparant ces terrains du marché. Dans les deux cas, en effet, l’éloignement entraînera des charges par suite du transport portant, dans la première hypothèse, sur les engrais par ex. et les récoltes; dans la seconde, sur les marchandises elles-mêmes qu’il s’agit d’offrir au consommateur Gomme on ne peut pas tirer d'un fonds de terre une quantité quelconque de