XXIV UETTRE A MM. LES ÉLÈVES
liberté est une faculté et non le but de l'activité humaine. Comme but, la liberté est un mal, puisquelle conclut à l'individu, à son droit, à son égoïsme. Comme mode d'activité, elle constitue la moralité même de l'acte humain en engageant sa responsabilité. Mais le but de l'activité humaine étant la réalisation de l'égalité et de la fraternité chrétiennes , y concourir devient un devoir , et ce concours nécessite la production d'un acte. Plus cet acte aura été librement produit, plus sa responsabilité sera grande ; c'est ainsi que la liberté civile se confond avec le libre arbitre , sans lequel il n'y a pas de morale , sans lequel il n'y a aucune notion de bien et de mal, sans lequel il n'y a aucune certitude. Pour que l'homme agisse, il doit choisir entre le bien et le mal , entre le dévouement et l'é- ' goïsme , entre l'affirmation et la négation de la fonction sociale.
Le choix, quand il est bon , est d'autant plus méritoire qu'il est plus douloureux pour celui qui le fait : le choix , quand il est mauvais , est d'autant plus coupable que l'ignorance aura moins enchaîné la liberté. De là une nécessité immense , celle d'une éducation sociale égale pour tous ; delà une nécessité immense, celle d'une liberté illimitée égale pour tous , afin que la responsabilité soit la même pour chacun. <
Maintenant, il ne nous reste plus qu'à signaler les adversaires que nous sommes dans la nécessité de combattre, avec lesquels nous ne pourrons jamais faire ni paix ni trêve, parce qu'entre eux et
de l'école de médecine. xxv
nous il y a toute la distance qui sépare le bien du mal , la certitude du doute , le vrai du faux. Ce qui précède fera comprendre ce qui suit.
La philosophie des ecclectiques, association monstrueuse de principes qui se combattent, affirmation de contraires ; n'ayant d'autre principe de certitude et n'ayant d'autre but que le moi individuel; conduisant logiquement au mal en lui donnant l'autorité d'un principe ; — le scepticisme, toujours prêt à livrer l'humanité comme Pilate livra le Christ, après s'être lavé les mains; n'affirmant aucun principe ni aucun but social, n'affirmant que l'intérêt individuel, n'ayant d'autre certitude, d'autre critérium que l'égoïsme de celui qui doute, et subissant par conséquent la loi du mal ; — le matérialisme impuissant à. connaître la fonction de l'humanité ; niant le principe de toute certitude , niant Dieu, niant la dualité humaine, niant l'égalité, la liberté et la responsabilité; concluant de l'individu à l'individu , du droit au droit, du mal au mal, de l'égoïsme de l'individu à l'égoïsme de tous les hommes ; appelant par conséquent le règne du mal, de la force, des instincts, etc.; — le panthéisme matérialiste qui aspire à donner au mal la consécration divine en proclamant la réhabilitation de la matière et la sainteté des appétits charnels; le panthéisme mystique qui divinise la personnalité humaine ou l'anéantit; qui place en Dieu le but de l'individu, et nie par conséquent la loi de l'activité de l'homme et de l'humanité ; — tous les théoriciens inconséquent qui , comme dit l'apôtre, appellent mal le bien, et bien le mal 9 qui affirment