‹ Exposé et examen critique du système phrénologique, considéré dans ses principes, dans sa méthode, dans sa théorie et dans ses conséquences;Chapitre 8 sur 21 · XVI LETTRE A MM. LES ÈXÈVES · texte numérisé non relu

XVI LETTRE A MM. LES ÈXÈVES

se manifester, doit être dans un rapport incessant avec un principe et avec un but. Sans avoir connaissance de son principe , l'activité est impuissante à connaître son but, et sans connaître son but, elle existe comme si elle n existait pas; c'est l'inertie.

Dieu est l'activité essentielle et suprême. Agir, pour Dieu, c'est exister, car pour Dieu, le temps et l'espace n'existent pas ; il renferme en son essence son principe et son but. Rien ne le précède , rien ne lui succède; il est l'Éternel. Agir, pour l'homme, c'est manifester par ses oeuvres son principe et son but ; c'est lier le présent au passé et à l'avenir; c'est engendrer dans le temps et dans l'espace. Pour l'homme et pour l'humanité qui ne sont pas éternels , l'existence est liée aux manifestations qui les ont précédés et à celles qui leur succéderont. En un mot, il y a pour l'homme et pour l'humanité un passé et un avenir qui les rattachent à un vaste ensemble de phénomènes dans lequel leur individualité n'est acceptée qu'à la condition d'accomplir une fonction déterminée. L'homme et l'humanité, en tant qu'activités destinées à se manifester par la matière dans le temps et dans l'espace , n'existent qu'à la condition de concourir à cette fonction.

L'homme a son principe dans l'activité divine; son but est dans la fonction de l'humanité. L'humanité a son principe en Dieu; son but est dans la pensée divine sur la création du monde.

L'homme doit agir, toujours agir; c'est la condition de sa liberté , c'est la condition de son exis* tence. S'il n'agit pas, il perd son caractère humain,

de l'école de médecine. xvn

il perd sa liberté, il se dépouille de son essence hu- 1 maine, il brise tous les liens qui le lient au passé et à l'avenir; dès qu'il cesse d'agir, il n'y a plus de continuité entre l'humanité et son être ; il n'est plus qu'une brute plus ou moins parfaitement organisée, qui se meut dans sa sphère individuelle. Ne pas agir , pour l'homme, c'est déjà faire le mal, c est se placer dans la fatalité, c'est nier le devoir. Il n'y a pas de milieu possible entre le bien et le mal. Quand le bien ne se produit pas, le mal est affirmé : il triomphe.

Ainsi, toute science qui conclut à l'immobilité est fausse ; elle est fausse parce qu'elle est immorale; elle nie le but social de l'activité humaine, elle conduit au mal. Toute doctrine qui conclut à * l'immobilité doit être combattue. Ainsi toute doctrine mystique doit être combattue.

Agir, c'est produire une œuvre. Toute science qui conclut à une œuvre contraire à la loi de l'activité humaine est fausse; elle est fausse parce qu'elle est immorale ; elle doit être condamnée. Ainsi toute doctrine matérialiste doit être condamnée.

11 n'y a donc de science vraie que celle qui conclut à une œuvre conforme à la loi de l'activité humaine; celle-là seule est conforme à la morale; celle-là seule est certaine , parce que seule elle renferme la notion du bien et du mal; celle-là doit se montrer , combattre et triompher.

Adopter ce qui est en dehors de cette science , accepter ce qui lui est contraire, c'est la nier, c'est la trahir, c'efct, pour parler le langage de l'Église, mettre le paradis avec l'enfer, c'est boire et manger

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