‹ Exposé financier de l'Hon. Christopher Dunkin, trésorier de la province de Québec, soumis le 14 février 1868 [microforme]Chapitre 2 sur 10 · EE · texte numérisé non relu

EE

système, les Provinces n’ont aucun caractère municipal. [Applaudissements] Il y a des gens qui en rare comme de grandes municipalités. Abba disnnents.| Mais la Législature de cette Province et les Législatures des autres Provinces ne participent en aucune manière du caractère municipal. [Applaudissements.] Elles sont les créatrices parlementaires des municipalités. [Applaudissements réitérés,] Les municipalités sont nos créatures ; elles nous sont subordonnées à nous qui siégeons ici, Nous ne sommes pas simplement à la tête du régime municipal ; nous sommes au-dessus de ce régime ; nous en sommes les maîtres, les créateurs. Aucune des fonctions des Provinces n’a un caractère municipal, Aucune ne vient de la Puissance du Canada, elles ne dépendent pas de la Puissance, leur autorité n’est pas subordonnée à celle de la Puissance, Le caractère qui la distingue tient beaucoup plus de la co-ordination. 1l procède de la mème autorité ; c’est une division des fonctions de tout le système ; il n’est ni plus haut, ni plus bas ; ni plus grand, ni plus petit; c’est une division de fonctions, fondée sur des considérations gouvernementales de convenances. Certaines fonctions, s’exergant sur un vaste espace territorial, sont assignées à un corps qui s’appelle Parlement ; et certaines autres fonctions, non moins importantes pour ceux sur qui elles s’exercent, se rattachent à l’organisation des Provinces. Au fait, sous un rapport fort important, ces Législatures Locales et ces Gouvernements que nous avons, possèdent même une autonomie plus complète, une indérendance plus grande que la Puissance du Canada elle-même ; car, en vertu de l’Acte du Parlement impérial auquel nous devons l’existence l’une et l’autre, nous sommes presque les maîtres absolus de notre constitutic*, tandis que le Gouvernement Fédéral, à quelque point de vue théorique que ce soit, n’est pas maître de la sienne. [Applaudissements.] A l’exception seulement de ce qui touche à la position du Lieutenant- Gouverneur, lequel administre le gouvernement au nom de Sa Majesté, nous avons pouvoir sur toute et sur chaque chose, sans autre contrôle que celui qui est nominalement imposé à toute notre législation. Le Parlement de la Puissance, au contraire, ne peut toucher à sa constitution sans avoir recours au Parlement Impérial pour en cbtenir la permission. Sous ce rapport, nous sommes bien loin de lui être subordonnés. Nous ne sommes en général soumis à aucune autorité. Les fonctions qui nous sont assignées embrassent l’administration de tout ce qui se rattache aux terres publiques ou domaine, presque tous les intérêts intimement liés au bien-être matériel du peuple ; nous avons un contrôle presque illimité sur la constitution de nos cours de justice ; nous sommes les maîtres absolus de nos institutions municipales et de notre système d’enseignement ; enfin, nous avons la liberté d’agir comme il nous plaît dans les questions financières qui affectent tous ces grands intérêts. N’appelez donc pas toutes ces fonctions des fonctions municipales. 1l est tout aussi important pour le peuple qu’elles soient remplies comme il faut, et par des hommes de premier mérite, qu’il est important de bien remplir celles qui sont assignées au Gouvernement et au Parlement Fédéral. [Bruyants applaudissements.] Je ne sais même pas sila chose n’est pas de plus grande importance. Il y a une foule de questions exclusivement de notre ressort, qui touchent de plus près aux sentiments et aux affections de la masse du peuple, qui affectent ses intérêts et ses passions plus vivement qu’aucune chose qui pourrait arriver à Ottawa. Désormais notre pouls devra battre à ce qui se passe ici avec bien plus de force qu’à ce qui se passe là-bas.

MAD OInARO nor AT O0 DD CAT:

udisse- >alités, Légiscaracparleiunicias qui muniaîtres, e mundent : Puisrdinaons de li plus gouur un ment ; ir qui 1 fait, Yerneplète, ême ; ’exisnotre e vue nts.] nantjesté, e que Parlesans Sous 1s ne nous aux :s au é sur solus dent ; ions pas ritant mes assidisande sort, e du une attre bas.

JUDO ———————————S——————……——……… …"…"… ….…"… ….—…—… "__<—1<…——,

[Applaudissements.] Si, comme je le crois, cette proposition est vraie de toutes les Provinces, elle l’est surtout en ce qui regarde la :',ovince de Québec. !1 n’y a pas à en douter: la forme fédérale imprimée à nos institutions politiques est due en grande partie à la position particulière de cette Province de Québec. Nous formons ici un peuple avec un caractère qui nous est propre et des associations qui nous séparent des autres Provinces, Il y a division de langage, division de croyance, ce qui ne se remarque pas ailleurs, et nous avons tous de bonnes raisons pour désirer que la solution de ces questions soit laissée à nous seuls, à quelque langue

à quelque croyance que nous appartenions. [Vifs applaudissements. | Le nouveau système nous a laissés à nous-mêmes, et, pour mon compte, je n’en suis pas fâché. Autant vaut admettre le fait, et agiren conséquence. Ce système nous a livrés à nous-mêmes pour conserver et mettre en harmonie les éléments de société qui constituent la Province de Québec, et d’après notre position géographique à l’égard des autres Provinces, pour exercer la même influence conservatrice et conciliatrice sur leurs populations et leursinstitutions. Quelles que soient les idées qui prédominent dans les autres pars de la Puissance du Canada, quant à l’à-propos, à l’opportunité de faire des efforts pour changer notre organisation, j’ai la conviction que, dans la Province de Québec, il n’est pas un homme public, d’un jugement sain, animé d’honnêtes intentions, ayant quelque prétention au titre d'homme d'état, qui hésite à reconnaître que ce n’est pas à nous qui siégeons ici qu’il appartient de songer à faire ces efforts. Je désire d’autant plus vivement être compris, lorsque j’insiste avec tani de force sur ce point, qu'il est bien connu que, lors de la discussion de ce nouveau sysième, je n’étais pas un de ceux qui accueillirent avec faveur la proposition de son introduction.

Maintenant, Monsieur l’Orateur, nous pouvons faire à la question que je vais soumettre à la Chambre, une première, une nette application du principe que je viens d’essayer de poser. Je ver. parler en termes généraux de la question d’économie. Il y a des personnes qui, tout en affectant d’avoir une très mince opinion des institutions provinciales, paraissent aussi déterminées à en tirer la plus forte somme possible de ce qu’ils appellent économie, mais de ce que j’appelicrais, moi, parcimonie ; ce qui est simplement, pour toutes fins pratiques, impossible et impolitique. Nous avons un pror- be très sage et très ancien qui dit: “tel s’enrichit par sa libéralité; el autre s’appauvrit, en voulant trop conserver.” Voulons-nous que notre ouvrage soit bien fait? et je me suis efforcé de faire partager à la Chambre ma conviction que nous le voulons bien fait— il faut avoir soin qu’il soit fait par un nombre suffisant d’homines capables, et si nous voulons un nombre suffisant d’hommes capables, il faut que nous payions un prix raisonnable, condition que nous ne pouvons remplir sans dépenser une certaine somme d’argent. Si quelqu'un vient me dire que les affaires de cette Province peuvent être conduites sans aucune dépense, en faisant ce que certaines gens appellent de l’économie, mais ce qui n’est que de l’économie mal raisonnée, de la parcimonie, de la lésinerie, je suis prêt à discuter la question. La chose est simplement impossible. Vous pouvez trouver des hommes en nombre insuffisant, avec des aptitudes insuffisantes, pour un traitement insuffisant. Mais vous n’y gagnerezrien. Vous rappellerez la seconde partie du proverbe: ‘tel s’appauvrit qui veut trop garder pour sui’ Vous avez besoin que votre

Page 1