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tenions compte de ce qui, jusqu’à présent, n’a été que bagatelles inaperques ; sinon, nous perdrons dans l'opinion pablique. On trouvera, je pense, que l’un des avantages—et ce n’est pas le moinre—de notre nouveau système, c’est de forcer les administrations locales à s’occuper de toutes ces sources peu importantes de revenu, [Applaudissements.] Au lieu de pouvoir nous créer des ressources en augmentant les droits de cinq pour cent, elles auront à percevoir petit à petit, un peu sur les licences, un peu à l’aide des timbres, apprenant et pratiquant partout—non pas la parcimonie, mais bien certainement—l’économie,
Quant aux chapitres Educalion et Instilutions de Charité, le temps et la fatigue ne me permettent pas de faire plus que répéter, que, en ce qui les concerne, j’ai à peine touché à rien. Ils restent substantiellement tels qu’ils étaient; les octrois, ainsi que je lai dit, s'étendent à une année seulement, de sorte qu’à notre prochaine réunion, au commencement de l’année financière qui vient, nous serons libres de traiter, et nous aurons à traiter toutes questions soulevées à leur égard, équitablement et carré. ment. Je pense qu’il y a beaucoup de circonstances aussi favorables qu’il y en eût jamais, circonstances dont le concours nous promet une solution très heureuse de toutes les difficultés qui semblent se rattacher à ces questions.
Ce n’est pas un mauvais présage qu’au début de notre nouveau système, en l’absence de tout sentiment de parti, chose sans exemple et que nous n’aurions osé espérer, notre attention tout entière ait été attirée, par des causes irrésistibles, vers des sujets de détails administratifs, que l'existence de nos institutions, pour ainsi parler, dépende du succès de notre lutte future avec ces difficultés de détail. A force de peines et d’honnèêtes efforts pour faire ce qui est juste et équitable, de quelque nature que soient les circonstances qui surgissent, nous pouvons nous débarrasser aisément de tous les obstacles,
Cet exposé, M. l’Orateur, a pris une grande partie de la séance ; mais
j'espère qu’il n’aura pas vainement fatigué la Chambre, ni moi-même.
J'ai parlé de notre position, de nos affaires, de nos espérances, avec toute la sincérité possibl:. Je n’ai cherché à dissimuler‘aucune difficulté. Je n’ai eu recours à aücan subterfuge. [Applaudissements.] Je ne prétends pas dire qu’à l’ésurd de notre administration, il n’y ait à prévoir ni mécomptes, ni embarras. Sans doute, au point de vue financier seulement, Ontario, notre Province sœur, reçoit un subside plus considérable que nous, elle a un chiffre plus élevé d’arriérages dus sur les terres, et sous certains rapports, peut en apparence pratiquer l’économie plus aisément que nous. Elle n’a pas à faire la forte dépense que nécessite en frais d’impression et autrement, l’usage des deux langues. Tout cela, je l'admets. Mais quand on me dit que par suite de ces difficultés il nous est impossible de faire fonctionner notre système d’une manière satisfaisante et avantageuse pour nous-mêmes et pour le pays, alors je me ris d’une telle idée. [Applaudissements.| La chose est tout simplement ridicule, souverainement absurde. Je me souviens, M. l’Orateur, et je m’adresse à des hommes dont beaucoup s’en souviennent comme moi— des trente dernières années et plus de l’histoire du Bas-Canada, des discordes de races, de la guerre civile, qui, certes, nous menagait alors de
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destruction. Dieu merri, en dépit de tout cela, nous sommes ici dans un état de prospérité, de contentement et d’avenir, tel que personne n’eût os6 le rêver, aux mauvais jours de 737 et 38, Venir me dire qu’uprès avoir traversé de telles épreuves, nous devons maintenant nous émouvoir de ces vains discours, à propos des frais qu’entraine le maintien de notre système dans les deux langues, et de ce que nous avons moins d’argent à notre disposition que les gens d’Ontario! Certainement, nous sommes moins enclins à parler de notre prospérité, de notre richesse, de notre économie, etc. lAiinenents et rires.] N’ai-je pas souvenance aussi, qu’à une époque plus récente, —de ?48 à 750, à Montréal— resque tout le monde se moquait de moi et de quelques autres avec moi, parce que nous ne pouvions pas faire chorus au ridicule caquetage auquel on s’y livrait alors, à propos de la décadence et de la ruine, vers lesquelles marchaient, pour ne plus jamais se relever, cette cité et le pays tout entier. [Applaudissements. ] Même en ?’58 et 59, lors de la dernière session de l’ancienne Législature à Toronto, quel est le Bas-Canadien qui ne se rappelle pas la manière dont les Torontoniens riaient, se gaussaient de nous, lorsqu’ils nous disaient que Toronto et Hamilton, Kingston même, marchaient en tête de Montréal, et que Québec n’était nulle part ? Où en sommes-nous tous maintenant? En présence de l’accroissement et de Ja prospérité actuelle de Montréal, Québec a-t-il lieu de se décourager ? Nous avons beaucoup à faire, mais si nous avons le cœur et le courage nécessaires, si nous avons foi en Dieu, foi en nous-mêmes, foi les uns dans les autres, la tâche que nous avons devant nous n’est pas au dessus de nos forces. [Bruyants applaudissements.]
Vous me direz peut-être qu’une notable portion du territoire du Bas- Canada est épuisée. La chose est vraie ; mais il n’y a pas de meilleure terre au monde, que ce même sol crayeux épuisé, pourvu qu'on lui applique une culture convenable. Libre à vous de me dire que nos terres nouvelles sont, en grande partie, considérablement épuisées. Mais prenez la masse de nos travailleurs qui s’y connaissent, et il n’en est pas qui, une fois à l’œuvre, possèdent plus de capacité, plus d'énergie et d’abnégation, pas qui soient plus économes et plus industrieux—mettez-les à travailler, comme il faut, sur leur sol maintenant épuisé ou non, et je vous dis qu’on peut tirer aussi bon parti des terres de la Province de Québec que de celles de n’importe quel pays. Ily a quelques années à peine, où en était l’'Ecosse ? Même maintenant, sans l’énergie et l’esprit d’entreprise extraordinaires de ses enfants, que serait la Nouvelle-Anglcterre? Ce n’est pas le pays qui a le plus beau climat, le sol le plus riche, en un mot les plus grands avantages physiques, qui prospère le plus. C’est le pays qui possède la population la plus dure au travail et la meilleure ; la population qui sait le mieux profiter de ressources naturelles limitées, qui a à lutter et qui lutte virilement contre les désavantages de la nature. Il n’y a pas de pays mieux placé que le nôtre pour éprouver les qualités d’une race, et développer ses aptitudes. Il n’en est pas de mieux placé pour le commerce, ni probablement pour les manufactures; et je crois que le temps n’est pas éloigné où, sans unè ;'rande somme de ce que certaines gens
ensent absolument nécessaire pour la prospérité des manufactures—la égislation protectrice—cette Province deviendra un pays manufacturier des plus importants. C’est à nous de développer l’agriculture, de favoriser notre trafie et notre commerce, d’encourager nos divers intérêts industriels,
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d'animer notre ponulation à continuer de vivre unie, à espérer, à croire, à latter—tous pour tous. Même la nécessité de parier les deux langues, ont quelques personnes font un épouvantail, a son avantage ; car un homme qui sait parler deux langues, les deux langues les plus répandues par tout l'univers, n’est nullement en arrière dans la course de la vie; au contraire, il a un avantage décidé sur celui qui n’en parle qu’une. Ilya quelque avantage aussi dans la rigueur de notre climat, ainsi que dans uelques autres circonstances de notre position, bien qu’on puisse à peine dire qu’elles nous sont agréables. (C’est quelque chose que d'être assez ablement rapproché du nord ; dans les froides régions septentrionales, es populations sont douées d’une énergie inconnue ailleurs. Ces races sont fortes, endurcies à la fatigue, entreprenantes ; elles possèdent les qualités qui font prospérer, à un plus haut point, que les gens du midi. Ce n’est pas le Sybarite à peine en état de dormir sur un lit de roses, qui est fort et capable. Car la force et la capacité sont le produit d’un vigoureux effort, Celui qui combat contre le froid, la tempête et la fatigue, est fort, énergique, courageux. Ces qualités, qui se trouvent plus ou moins dans tout ce qui est grand et bon, sont filles des difficultés ; et il n’est pas mauvais que nous ayons nos difficultés à combattre dès le début. Elles uvent être sérieuses ; elles ne sont pas insurmontables ; nous n’avons qu’à être fidèles à nous-mêmes et les uns aux autres, et nous trouverons avant long-temps une ample récompense dans le succès, sans avoir raison de regretter que les luttes, qu’il nous a fallu soutenir pour triompher, aient été aussi vives qu’elles ont été, qu’elles sont, et peut-être qu'elles seront, [Applaudissements bruyants et prolongés.]
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