‹ Exposé justificatif de la conduite politique de M. le lieutenantgénéral Comte Clausel, depuis la relation exacte des circonstances qui ont précédé et suivi son entrée a Bordeaux, en qualité de gouverneur de la IIe div. militaire avec une carte géographiqueChapitre 4 sur 11 · SEGO]ND£ PARTIE · texte numérisé non relu

SEGO]ND£ PARTIE

Pour apprécier ce que j^ai fait à Bor<deaux, il faudrait avoir été témoiu de la situation dans laquelle je trouvai cette ville. Quelques heures s^étaient à peine écoulées depuis que Madame la duchesse d'Angou- 'léme y avait passé en revue la garde nationale et les volontaires royaux : cette troupe, dans la chaleur d'un mouvement qui faisait

honneur à son courage ^ayait juré de mourir pour une cause qui ne pouvait plus être utilement défendue» Cette exaltation opposée au délire des troupes» sous Tinfluence du nom de leur ancien empereur, séduites par le prestige des couleurs qu^elles appelaient nationales, croyant revoir dans le retour de Bonapai le le retour des belles époques de Marengo et d'Austerlitz , me plaçait dans la situation la plus diflBcile ; et il fallait, j'ose le dire, tout le devoûment, tout le zèle y tout le patriotisme dont j'étais ani-* me , pour maintenir dans une juste harmonie ces deux ëlémens de discorde , dont le plus léger contact pouvait produire une violente explosion.

Le3 troupes de ligne réunies à Bordeaux, lors de mon arrivée , ayant été jugées insuffisantes pour contenir une population nom-* breusc et agitée par les factions, le Gouvernement ordonna que le château Trom*pettefût réparé et armé de quelques pièces.

Ceux qui connaissent ce fort, tombé en ruine et presqu'à moitié démoli, auront peine à croire que Ton ait pris prétexte de quelques réparations que je fis iairc , cou*

formément aux ordres que j^avais reçus ^ pour exciter contre moi la haine des habitans de Bordeaux , en leur persuadant que ce n^était pas sans intentions hosiiles contre la ville que je mettais le fort en ëtat de défense. Il n^en était pas moins évident, pour tout homme qui a quelques connaissances de Part de la guerre , que le château Trompette , réparé comme il avait pu l'être , n'était pas même à Tabri d'un conp-de-main , et que quelques hommes déterminés pouvaient facilement s'en rendre maîtres, si les circonstances eussent obligé la garnison à s'y renfermer. Je ne pouvais .noir et je n'avais eu en effet d'autre intention , en fai-* «mt armer les rempart» en ruine de ce àmulacre de citaucUe , que de contenir, en l'intimidant, cette partie du peuple touri->tour instrument et victime des factions.

Ce fat en vain qu'elles cherchèrent à m'enlever la confiance des Bordelais : celle que je leur avais témoignée , en leur laissant les armes dont ils voulaient iaire usage contre moi quelques jours auparavant , imposa silence aux maWeillans. Je parvins & rassurer entièrement les esprits , en conti*

BOftftt à m'opposêr & ce qu^il iait aucune recherche sur la conduite antérieure des babitans : la protection dont je les couvris; les services que j^eos le bonheur de rendre à un grand nombre d'entr'eux, en parvenant k soustraire à la punition qu'ils avaient encourue ; l'esprit de modération qui dirigea constamment ma conduite^ contribuèrent à rassurer les Bordelab* et à ne leur montrer en moi qu'un protecteur dévoué à leurs intérêts , que je ne séparais plus de ceux de la patrie.

Chargé de l'organisation et du conimand^iuent supérieur du corps d'observation des Pyrënëes , et du commandement supérieur des 9*, lo* et 20"^ divisions militaires, je donnai (en conséquence des ordres et des instructions des ministres de la guerre et de rintérieur) une grande activité à toutes lés opérations dont Texécution ou la sur-* vaillance m'avait été confiée. L'idée de voir les Espagnols sur le territoire français « y venir éxercer des représailles ou des ven** geances, avait produit un salutaiio effroi dans les provinces méridionales ; les volontés du Gouvernement y furent préve&uet

par Pempressement des citoyens; no9 fron^

tières , en quelques semaines » furent mises en état de défense.

Cependant , je recevais chaque jour l'injonction réitérée de prendre <Jes mesures de rigueur contre les ennemis du régime impé* rial ; et il ne fallait rien moins que Pexcessive modération dont j^avais fait la base d& ma conduite, pour ne pas punir, pour ne pas même poursuivre les délits dont jVîtais chaque jour témoin : les nouvelles les plus alarmantes étaient hautement et publique-ment débitées ; un grand nombre d'individus affectaient , même en ma présence , de porter des signes de ralliement défendus ; des propos séditieux, des cris de provocation frappaient à tout moment mes oreilles ; et cependant je ne signalai ces délits à la poursuite des tribunaux que lorsqu'ils prirent un caractère de gravité qui compromet* tait trop immédiatement la tranquillité pu-^ blique. *

Je n'ignorais pas qu^il se tenait des con-

cilia])ules à Eordeaux et dans les campagnes voisines. Je connaissais le lieu, le jour de. ces assemblées clandestines ; je savais les.

noms de tous les membres dont elles se com*

posaient ; j'étais instruit du but et de Tobjet de leurs délibérations : les peines les plus rigoureuses eussent suivi de près Tarrestation de ces imprudens royalistes.Ces agcnssecrets d'une autorité méconnue, sous le Gouvernement d'un bomme exclusivement dévoué à Napoléon , eussent infailliblement attiré sur leur té te la peine capitale ; je me bornai à les surveiller et à me tenir en garde contre des manœuvres dont les résultais ue pouvaient plus être à craindre que pour eux.

Il n'en est pas moins vrai que les auteurs de ces coinpiots dirigés contre l'autorité impériale y étaient coupables aux yeux du Gouvemement qui m'avait investi du pouvoir « et qulls ne doivent aujourd'hui même , où lis m'accusent peut-être, leur liberté et leur vie qu'à la clémence dont j'usai envers ^ux , et à Toubli dont je m'étais lait une loi d'envelopper toute tentative qui ne com^ promettrait pas essentiellement la sâreté publique.

La modération dont j'usai envers les

royalistes, pour ne jjas leur devenir nuisible, devait être cachée sous les formes d'ujie

apparenté ^Yénié ; mon indul^iic^ poiif

les ennemis du Gouvernement était hautes ment blâmée par les ministres, et les lettres particulières que je recevais de Paris ne mé laissaient pas ignorer que souvent il avait été question daos le consciL de &ire exami-^ ner ma conduite et de la soumettre à unii coinmission d'enquole : ce fut à la suite de ces avis secrets et des ordres pressans que je reçus du Gouvernement relativement aux mesures de rigueur à prendre contre les royaUsies séditieux ^ que je publiai un ordre du )our relatif à la répression des délits ayant leurs causes dans les opinions politiques^ Cependant ces mesures iiirent tellement adoucies dans leur exécution , que les roya-> listes se vantaient hautement de m'avoir mis dans leurs intérêts. Je pourrais me prévaloir aujourd'hui deleur témi^îgnage, et dans ce moment m'en faire une excuse. Je ne trahirai ni la vérité ni l'honneur à ce prix« Le salut (le ma patrie était le seul but , le seul mobile de mes actions ; je ne protégeai^ point les royalistes ; je fermais PoreiUe i leurs discours , souvent même les yeux sur

kl

lîeurs démarches , dans Tintérét de TEtat i tjiii me prescrivait Tiadulgence comme le moyen le plus sûr de maintenir Tordre et la paix dans un pays si violemment agité par les partis ; mais je serrais un Gouyemement, et je n'ai pas cru que Thonneur me permît de me mettre aux gages d^un autre. Je laisse à ceux qui ont tenu une conduite opposée et qui eu onl obtenu le prix , le soin de légitimer ces honteuses distinctions entre le devoir et la fidélité , entre les sermens qu^il faut garder et les promesses qu.'ilfaut trahin

Mes ennemis , après avoir cherché vai-* nement à me signaler à la haine des royalistes , désespérant d'y réussir , dirigèrent leurs manœuvres contre mes soldats» et me présentèrent à eux comme le protecteur de leurs ennemis. Je parvins , à force d^adresse et de fermeté , secondé par le bon esprit des chefs des corps, à conjurer ce nouvel orage , et à maintenir Bordeaux dans une tranquillité dont on me savait gré à cette époque, et donton affecte aujourd'hui d'oublier le bien£adt.

Yers la fin du mois de mai ou dans les

premiers jours de juin (latlalc exacte est sortie de ma mémoire), je reçus une lettre du ministre delà guerre , renfermant copie de celle qui lui avait clé écrite par le duc d*Otrante , ministre de la police générale de Tempire (le même qui a contresigné Tordonnance royale du 24 juillet), dans laquelle , w la protection spéciale que^j'aC'^ cordais aux royalistes ^ on me dénonçait formellement comme suspect de traiuson emers le Gouvernement impérial. En m'adressant cette dénonciation (qui a dû se trouver dans les papiers qui ont été saisis dans mon hôtel à Bordeaux , et dont les originaux se trouveront au besoin dans les archives de la police générale ou du bureau de la guerre), le prince d'£ckmuhl m'engageait àprenili c promplcmeiitdcs mesures pour ikire cesser les soupçons qui de toutes parts s'élevaient y disait-il, sur ma conduite et sur mes opinions.

Au miUeu des pièges de toute espèce dont * on m^environnait , je ne me détournai point de la ligne que je m'étais tracée; mais je m'attachai particulièrement à conserver la confiance des troupes en qui j'avais placé la

nueiine* Je passai de fréquentes revues J (moyen que je n^avaû^ pàa employé jus-' ! qu'alors) ; je parlai aux soldats un langage ; que les Français entendent toujours ^ celiû de rhoimeur. \

Ce fut dans cet état de choses que le î ministre de la guerre envoya aux régimeas \ dea aigles qui leur ayaient été destinées au Champ-de-Mai. Les troupes les attendaient ayec impatience ; elles firent éclater,' à la nouvelle de leur arrivée à Bordeaux « le plus grand enthousiasme : le jour avait été fixé pour en £aire ia remise aux corps qui corn?

posaient la garnison de cette ville , et déjà ce jour était signalé dans les casernes, comme un jour de joie et de bonheur. . . . '

Sur ces entrefaites , je reçus confidentiellement la nouvelle du désastre de Waterloo. Je ne jugeai pas convedable « dans cette circonstance , de distribuer les aigles ; je me consultai sur ce point avec les cheis des différens corps , qui jugèrent , comme moi , qu^un pareil motif d^éxaltation , dans un moment où les destinées de la France étaient ranises en question , pouvait avoir les suites les plus fimestes , et rendre la soumission

' de Taritiée plus difficile* Ce fait , dont on ne saurait nier l'authenticité , prouve avec qneU ménagemens î*éiais obligé d*âgir , et démontre jusqu^à résidence que dans une pareille crise il était , je ne diâ pas inutile , mais iinpossîble de &ire arborer le pavillon

^ blanc dès l'arrivée du Roi à Paris , sans exposer Bordeaux aux plus grands malheurs.

. Les chefe des corps , bien pénétrés de la gravité des circonstances , se montrèrent disposés à ne point obéir aux ordres du sûnîstre de la guerre, relàtlvement à la remise des aigles : mais les troupes avaient eu connaissance de cette décision ; elles laissèrent édater leur mécôntentement /et , sourdement influencées par les ennemis de l'ordre , elles menacèrent de se mettre; en réTolte ouTerte A leurs aigks ne leur étaient pas rendues.

Le danger devenait pressant; je touIus par moi-même juger des progrès de la sédition , malgré les avis qui me furent don-* nés sur le» dangers que f avais à courir en me montrant aux troupes sans leur tenir la promesse qu'on leor avait laite. Je donnai des ordres pour uneretue générale i que je

fixai au jour où la disUibulioii des aigles

«vait été promise ; f y caavoquai la garde nationale, noaTellement organisée^ «t je ip^ jr rendis avec mon état-major»

Dès qpe jWrivai sur le terrai^ije tîs éclater le» signes les moins équivoques du mécontentement de la troupe: les cris de Hiort aux traitres , ^m^m aufic roffoUstesi l€$ ai^est .... partaient des nin^ps à mesure que je les parcourais; je ne pouvais plus avoir de doute sur les intentions des soi<j^ et suf leur animosité contre un grand nombre d'habitans de Bordeaux qui leur avaient ^t4 signalés comme leuis ennemis* Le fait q^e^ j^avance a eu pour témoins dix mUie BorT délais qui assistaient à cette revue j ce n^ sont pas des , rapports clandestiqs arrangés dans le silence et le secret du cabinet , c^est un évéuem^t arrivé sur la place publique en présence d^une foule de. citoyens prétS: k rendre témoignage à la vérité, en affirmant que des officiers soat sortis des rangp pour me déclarer hautement qu'ils ne ré^ pondaient plus de leurs soldats si on diilëi ait à leur distribuer les aiâdes qui leur avaient été promises. »

' Les ëvënèmens survenus en France de^'

puis le 18 juia^ et dont le bruit transpirait . dans' les caserne» malgré les soins que je prenais pour empêcher qu^il n^y pénétrât ; rëtat de fluctuation dans lequel s'y trouraient les esprits , entre un empereur qui Tenait d'abdiquer, un GouTemement provisoire , le fils de Napoléon , dont le nom avait été prctaoncé , et le Roi dont le retour était un nouveau sujet d^inquiëtude pour les uns et d^espe'rance pour les autres ; tout contribuait k alimenter cet esprit de sédi* tion aux progrès duquel on ne pouvait déjà plus assigner de limites. Dans un pareil moment^ il était de mon devoir d'en-; lever un prétexte spécieux au mécontentement des troupes : la distribution des aigles devenait un moyen de les replacer sous le joug de la discipline ; mais en m^engageant à leur remettre ces enseignes , quMls réclamaient avec tant de violence , je pris occa^ sioii de leur faire sentir toute la rigueur dont j'étais disposé à m^armer envers ceux qui tenteraient de sMcarter encore de la( ligne tle Tobéissance et du devoir. Peu de îours après , je réunis les troupes au Champ-

de-Mars; les aigles leur forent distribuées ;

les transports de joie et dVnthousiasino auxquels les soldats se livrèrent parurent alarmer quelques habitans de Bordeaux, dont la c rai nie , prompte à confondre le bruit avec, le désordre , ne pouvait juger jusqu^à quel point je m^ëtais rendu niattre de ce mouvement d'exalialion.

Le prince d'£ckauihl , nommé général en chef de Tarmée de la Loire , me fit connaître la décision du Gouvernement pro^ visoire qui mettait sous ses ordres le corps d^armée des Pyrénées que je commandais :

je vis dès-lors la situation embarrassante où j^allais me trouver; je me voyais obligé d^obéir à toutes les impulsions données par Tarmce principale; j'étais d'ailleurs bien convaincu que les troupes sous mes ordres ne consentiraient pas à se séparer de leurs frères d^armes » et j'avais tout lieu de craindre que les ordres, que je recevrais du.gér néral en chef ne pussent pas convenir k rétat de crise dans lequel se trouvaient la ville de Bordeaux et les provinces de mon gouvernement.

Dans cet état de choses , je voulus con-

Uigmzeu by CjOO^Ic

nahre l^opinim'des généraux et desoffi-»

ciers de la garnison, afin de régler ma conduite sur les résultats que je pouvais attendre de leurs efforts réunis pour aaimr

la ville de Bordeaux de la lutte dangereuse dans laquelle je la Yoyais de nouveau au moment de s'engager. Je les convoquai dana un conseil extraordinaire , où je leur fis connaître avec franchise la situaticm dans laquelle nous nons trouvions , et , après avoir pris les avis en commençant par le grade inférieur , il fat unanimement déclaré par les ofliciers-généraux et supérieurs de toutes armes : que le corps d'obsert^atîon des Py^ rénées , réimi à Varmée de la Loire , sui^ msU jusqu'à la fin té sort de cette armée»

Ce conseil ^ auquel les autorités civiles de fiordeaux avaient assisté , décida <pie yt ferais connaître les résultats de cette déclaration par un ordre du jour, lequel annoncerait aux troupes que le corps A^mni^ d'observation des PyrAiées et les départemens qui se trouvaient placés dans soii étendue étant d^ormais sous les ordres du prince d'Eckmuhl, n'obéiraient qu à lui seuL *

Je ne pourais me dispenser d^adhcrer à cette dédaration signée en ma présence ) mm en même feras Je prévin» Tusembléa

que/ne voulant rie ii prendre excliisivemeni sur moi , dans des circonatances d^un in^ téréi si général , le iiiémei:onseil s^asacmbk'» rait tous les jours , et que Ton y délibérerait en commun sur les mesuras qua Von juge^ rait convenable de prendre jkmit la sAreté de la ville et la tranquillité deshabilans.

Ce fut en sortant du conseil que î^appria Palrrivée dn Roi à Baris. Je pouvais par une lâcheté éviter les malheurs qui pèi»ent au^ joiinl'fatti aar moi; je pouvais ( comme le disent certàtns hommes dont la eondcnle m sera jamais une règle pour moi) abandonner mon poste , laisser Bordeaux aani appni et les troupes sans chef; je pouvais venir aux Tuileries solliciter de la bonté du Roi un pardon dont j^eusse été ^ psr ceU méme,indigne, puisqu'en quittant Bordeaux dans cette circonstance j^aurais infaillible* 'ment livré cette ville k toiiAee les hcmeurs de lanarchie ; que j'aurais pour l;i première ibis de ma vie atbandonné mes àrères d*armes dans le moment du daiiger; et que je tm

serais isolé de leur sort quand I*honneur me faisait une loi de le partager : peut-être à ce prix pouvais - je faire approuver ma con«' duite , et m'assurer une tranquillité honteuse ; je préfère une honorable proscription : je restai donc à mon poste , décidé à remplir jusqii\'i la fin la tache pénihle , mais nécessaire que m'imposait ma double qualité ' de général et de Français.

Dès (]uo les journaux eurent officiellement confirmé l'arrivée du Roi à Parisy des rassemblemens eurent Heu à Bordeaux, des cris de çwe le Roi se firent entendre sur les places publiques , et le drapeau tricolore fut enlevé du grand théâtre ; le peuple, que son enthousiasme ou son désespoir pousse toujours dans^ les excès; le peuple qui accorde rarement les ménagemens de la politique avec l'expression souvent dangereuse de ses sentimensy n'apprécia pas TefiEet que devait produiresur la troupe un mouvement qu^elle regardait jusque-là comme séditieux. Les soldats , dès ce moment , manifestèrent hautement rinlenlion de n'obéir à aucun ordre que le drapeau enlevé ne fut replacé au . théâtre : Tincendie. était encore une fois près

de s'allumer; toute autre considéralion devait céder au besoin^ de prévenir ce malheur; je fis replacer le papillon tricolore , et par ce moyen j'assurai mon autorité sur les troupes : la cause du Koi ne pouvait souffirir aucune atteinte de ce fait , indifférent en lui-même^ que le pavillon blanc fût arboré quelques }Ours plus tôt ou plus tard à Bordeaux ; la question générale était décidée ; il ne s^agis* sait plus que de préserver la France des déchiremens partiels que le désespoir des soldats pouvait occasionner. Je consignai les troupes dans leurs casernes , et je fis faire de nombreuses patrouilles de gardes nationales qui , dans quelques instans , rétablirent Tordre. Bordeaux passa dans un moment de Tétat d'agitation le plus violent au calme le plus parfait , et les habitans eux-mêmes , étonnés d'un changement si subit , n'hésitèrent point à proclamer, qu'ils m'étaient encore une lois redevables du salut de leur ville.

Cet événement , qui eut lieu dans la matinée du 12 juillet, rendait mon administration de plus en plus difficile. Je l'oppose & ceux qui m^accusent^ et je les somme do

tépcHïâTt : après les provocations du pe«<^

pie dans cette journée, provocations qui amenèrent les troupes à faire feu sur lea cbeb de Témeute, ai* je fiiit poursuÎTre unr seul individu ? Les misérables qui n^avaient pas craint d^exposer Bordeaux aux fureum d^iuie soldatesque eflBrënëe » ont su et répété ceat fois que je n^avais pas même connaissance de ce qui se passait dans la ville ; iU m^accusent aujourd'hui d'avoir donne Tordre de tirer sur eux : je les connaissais ;^ n'avais- je que cet affireux moyen de la guerre civile pour me défaire de quelques hommes qui , pendant trois mois , avaienfc fatigué mon indulgence sans pouvoir me décider à laisser tomber sur leur té le le glaive de la loi qui les menaçait depuis si long-^ tems? Ils accusent d'avoir voulu les mettre aux prises avec les troupes , celui dont les soins ont eu constamment pour but d'éloigner de Bordeaux le fléau d'une guerre intestine qu^ils provoquaient de tout leur pouvcûr.

Les soldats , après cet événement , manifestèrent rintention de ne pas laisser arborer le pavillon blanc dans la ville jusqu'aià

moment oit Vmnée ée k Loire , dont le»

troupes de Bordeaux disaient partie , au*^ rait pris cette dëteRiiination..Le conseil ex« ftraordimrire , enpernnnence depuis le&dér* niers^ ëvénemens , décida que dans Timmi"»

nence du péril , il était indiqpensftble de ga-^ gner du tems , afin de disposer plus sûre^ ment de la garnison; qu'il était également nécessaire de maintenir les liabitam par une contenance ferme et menaçante, qui ùiàt au changement qni se préparait Vapparence et les dangers de la révolte: Afin de donner^ aux mesures que j'aliais prendre un caractère tout à^la-lbis rigoureux et paternel , je fis appeler chea root plnsieurs des habitana de Bordeaux les plus notables et les plus influens; je leur exposai la situation dangereuse oà la ville se trouvait placÀ , et la né-^ eessitc dans laquelle je me trouvais d^agir quelques jours encore dans on sens contraire à leurs rc&ix ; ils se rendirent sans peiné mes raisims , et approuvèrent unanimement les mesures que j'avais prises.

/Mesdépéchesàu prince d'Eckmuhl étaient interceptées à Angoulëmc et à Limoges, livré absolument à moi-m^me , je fis de nou<4

Go

Teaa contùquer lés^ notables; |e conyin»

avec eux d'envoyer au prince im aidc-decamp qui lui ferait connaître de quelle importance il était pour la Tille que Tordre d'arborer les couleurs royales y parvînt le plus tôt possible. Je les cn^^geai à envoyer

eax-mémes'une députation au quartier-gé*

néral, pour ôter aux troupes le prétexte de dire que cet ordre avait été sollicité par moi seul. Conformément à la décision qui fut prise à ce sujet , je fis partir en même lems un officier et une députation de la ville de Bordeaux ^ et je donnai connaissance de cette disposition aux habitans par un ordie du jour qui ranima la confiance , et ne laissa plus de doute sur mes intentions.

Le lendemain se présenteront chez moi des commissaires du Roi et de Mabame ; ils exhibèrent leurs pouvoirs , diaprés lesquels ils étaient autorisés à s' entendre avec moi, pour faire recormàUre l'autorité royale dans détendue de mon gouvernement. Je leur exposai la situation dans laquelle je me trouvais envers les troupes et les habitans ; les engagemens que j'avais à remplir avec les uns et les autres ; je leur soumis les rap-

porte de 1 eut-major, et ils purent se con- . vaincre des mënagemens que nous avions à garder avec la garnison. Ils convinrent sans peine que |e né pouvais rien prendre suc moi , sans exposer la vQle aux plus grands dangers, et que le.Koi ne pouvait qu'approuver des mesures gui tendaient à épargner le sang de ses sujeb.

Tel était Tétat des choses, lorsque, le îg juillet , je reçus une dépêche, du prince d^Eckniiihl, renfermant une copie de la soumission faite, au Roi par Tarmée qui était soûs ses ordres, et à laquelle S. Ëxc m'enta {^eait à adhérer. Fort de cet ordre, qui ne laissait plus d^alteruative à des troupes.qui avaient pris rengagement de suivre en tout point la destinée de Tarmc c de la Loire , je fis sur-lé-champ convoquer chez moi tons les officiers de la garnison; je leur donnai connaissance des dépêches que je venais de recevoir, et les engageai à signer avec moi leur soumission au Roi: ce qui fut exécuté à i^nstant.

. Le prince d*£ckmuhl m^eng^geait h user des plus grands mënagemens envers la trou* pe; il exigeait que le changement de co-

carde se fît sans secuus$e& violentes , de manière i éviter la désertion ou la révolté, qui pouvait être le résultat d-une ftu$se tnesure : mais à peine les soldats eurent- ik connaissance des ordres queje venais de.re« cevoiis que rimubordiaation ae manifesta de toutes parts ; les régimens se désorganisèrent, et, malgré le soin qpiie j^avais pria de consigner lea troupes dans leurs quartiers respectifs , la désertion fut eitrayante : les soldats partaient presque tous atec armes et bagages , et dans les lUspositions les plus alarmantes. Je donnai aux chefs de corps toute la journée du 20 pour tâcher de ramener les troupes à leur devoir ; leurs efforts furent inutiles , et déjà , le ao au soir, près des trois quarts de la garnison étaient dis-r perses. Je me décidai alors à éloigner de Bordeaux ce qui en restait , dans la crainte d^exposer une trop faiblé garnison aux suites des désordres qu'elle aurait peut-être provoqués. On m'a reproché de n^avoir pas plus t6t pris ce parti ; maiti» tevtt qui jugent ainsi, diaprés leur passion ou leur intérêt, et toujours après les événemens , oAl-ils bien* connu la positim dans laquelle je noie

IrouYaisF Savent-ils qu'il m^ëtail; plu» diffi-^ cile, avant It M juillet, 4e disposer de met soldats, qu^il ne le fat aux autorités de Bordeaux de leur faire exécuter leurs ordres après le 20 mars f L^esprit d^indiscipline ^tait le même à ces deux époques , et la voix de leurs chefe était la seule qu^ils n'écoutassent pas. Si j'avais cherché à ëloi-^ ^ncr la î^arnison avant la soumission de l'armée de la Loire , c^ctait m'exposer. à voir tnéconnattre mon autorité , car aucun régî^ ment n'eût obci à mes ordres : je ne serais parvenu qu'à les mettre en révolte ouverte^ sans pouvoir en assigner le terme et les ef*fets. Si je suis parvenu à les éloigner le 20 }ttillet, c'est qu'elles étaient alors en tr^ petit nombre pour que leur refas eàtété dangereux, et que d'ailleurs les ordres du général en chef , le prince d'£ckmuhU n^ laissaient plus aucun prétexte.^ la rébellion.

Dans la nuit du 20 , je fis enlever le drar . peau tricolore de tous les édifices- publics » 'et le drapeau Manc j fut arîioré dans la nuk du 21. Je crus devoir laisser cet intervalle , - afin que les esprits fussent préparés gradaellemcnt à ce changement ^ que les partis^,

encore en présence « ne fussent pas frappas trop violemment, et que le premier. élan de la joie des royaUstes ne fût pas signa^lé par des désordres et des réactions.

Immédiatement après la réception des dépêches du prince d'Ëckmuhl, je concertai toutes mes mesures' avec les commissaires du Roi : ils savent si j'ai porté le moindrp ^obstacle à leurs désirs, et si les délais que j'ai exigés pour faire reconnaître Tautorité royale n'éjtaient pas impérieusement cupi; jnandés par les circonstanqes. Je fis, dès le 2 1 , relever tous les postes par la garde nationale de Bordeaux, et je coi^ignai dans, le château Trompette les. gardes nationales de la Charente, qui faisaient partie de la garnison., . . -

Seul , sans troupe , sans commandement , je dirai même sans autorité , je restai au milieu des Bordelais sans autre appui que Ja conduite que j^avais tenue parmi eux, et sans autres jiéfenseurs que les services que je leur avais rendus , depuis trois mois. Je ne cessai de m'occuper de tout ce qui pouvait être utile à leurs intérêts qu'au moment OÙ ror4^|iDance:du 24 juillet me fut connue.

La sécurité dans laquelle je restai au milieu

d'une population triomphante, et dont je suis présenté aujourd'hui comme le persécuteur, n^est-elle pas la preuve la plus évidente de ia (ausscté de celte accusation?

Je viens d'exposer ma conduite ; je laisse maintenant à tous les Français â juger si je devais m'attendre à être compris dans la liste des généraux qui ont tnûU le Roi avant le 23 mars ; qui ont attaqué la France et le Gouvernement à main armée ; et qui , par tfiolence , se sont emparés du pouvoir. J*interrogesur ce point tous ceux qui liront ce Mémoire dans le calme de rimpartialité.

Telle est la puissance d'une conscience sans reproche , d'une longue liabitudc de l'honneur, d'un violent amour de son pays, que la proscription dont je suis frappé et les malheurs qui s'accumulent sur ma tétc ne me laissent , dans le passé , ni remords ni regrets. Etranger aux malheurs de la révolution , ma vie toute entière s'est écoulée dans les camps ; Phonneur que fai constamment pris pour guide , pouvait-il me laisser craindre d'avoir un jour

à justifier ma conduite devant un tribunal.

On a pu remarquer, en lisant ce Mémoire»

le soin que j^ai pris de ne nommer personne.

Cette discrétion m'a privé de grands sc-^ cours ; mais en publiant cet exposé justificatif , je n\ii prétendu en faire ni une apologie , ni une récrimination. On aurait pu croire que dans la position où je me trouve , à l'abri de tout danger personnel, je louais pour me faire des protecteurs , et que f accusais pour me venger de mes ennemis. Je laisse à ceux qui ont pu apprécier ma conduite , qui ont eu à se louer de mes procédés , qui me doivent peut-être quelque re-»

connaissance, à élever la voix , je ne djs pas en ma faveur , mais en faveur de la vérité.

Je ne demande à ceux qui m'ont bassement adulé quand j'étais puissant, et plus lâchement accusé quand ils m'ont vu proscrit, que de laisser parler les faits sans les dénaturer, et de ne point arrêter, par des calomnies, l'élan de la justice, au moment ou elle proclamera mon innocence.

L'opinion publique va s'occuper de mon procès ; son jugement , d'où, dé|>end moq

kooDeiu' 9 précédera celui que je réclame d'un tribonal qui peut seul me rendre à mâ lainillc, à mon pays, en démontrant l'injustice d^uQ ministre qui inscrivait mon nom sur une liste des ennemis de la France , k rëpoque ou tous mes soins , tous mes efiui ts aTaient poor bot de sauver une des premières villes du royaume ; qui me signale à VËurope comme un soldat vendu à. Napoléon , quand ma conduite a constamment été celle d^nn Français dévoué à la seult cause de son pays.

. Si j^eusse été Pune de ces créatures dont It mérite , la fortune et la réputation ne peu^ vent exister que de Taveu et par la puis* aance de leur maître ; qui n'ont d'existence morale que celle qu'elles tiennent de lui , ma conduitCi }*ose m'en flatter, n'aurait eu sien de conmiun avec celle que j'ai invaria^

blement suivie.

Un homme^ de la classe de ceux d€>nt mus de parler, investi du pouvoir suprémé que j'avais dans la 1 1*" division militaire , eât pn , en amenant sa suite les garnisona qui se trouvaient sur son passage , amver sur la rive droite de la Qraroun^ ^yea un€ ferce

imposante ; il eût pu , duposant de l'artil*

lerie de Blaye , menacer Bordeaux d'uae raine totale ; sûr de la disposition des troupes et de la garnison , il passait la Garonne, marchait sur la ville, et ne laissait à la princesse que la ressource d^uue fuite précipitée. La ville soumise , il eût &it chèrement payer à ses habitans leur dévouement à la cause royale» et n^eût pas manqué de prétexte pour faire punir les auteurs de la journée du 12 mars 1814 , journée si iatale à Napoléon, puisqu'elle porta le premier coup à sa puis* sancc. Etablissant le régime militaire dans toute ré tendue de son Gouvernement , les conseils de guerre assemblés à sa voix eussent frappé de terreur les amis du Roi; il ^ût profité du délire du soldat , pour exercer, contre une cité qu^il eût appelée rebelle, «toutes les vexations d'un Gouveincinent purement militaire ; les cachots eussent été enconihbrés deS'YÎctimes de son despotisme soupçonneux ; les contributions , les réquintions, les exécutions de toute espèce eussent pesé sur les habitans. Ce gouYemeur aurait facilement trouvé dans les ordres du ininistère ^ dans la nécessité des circons»

tances » des raisons pour autoriser les exac^' tions dont il se serait rendu coupable ; il eât pu profiter des angoisses de la ville de Bor- *deaux , pour ne livrer au GouTeraement qui devait lui succéder que des monceaux de ruines ; la garnison qui se trouvait dans cette ville eût . suffi pour maintenir son autorité pendant plusieurs mois , et peut-être n'eûtil pas ëtë impossible que , par ces moyens violens% il fût parvenu à entretenir pendant long-tems la guerre civile dans une des plus ^ belles et des plus importantes contrées du royaume. £nfin y quand Fheure de la. justice aurait sonne pour lui ; quand les armées royales seraient venues mettre un terme à tant de calamités , Tauteur de tous ces maux» gorgé de Tor des Bordelais , chargé du fruit de. ses rapines , aurait encore pu se soustraire à la vengeance des lois , et braver sur un autre hémisphère la justice de son pnuce et la haine.de ses compatriotes.

Que .Fon oppose à cette odieuse conduite, celle qu'aurait tenue un de ces honorables vétérans de la cause des Bourbons, un de ces fidèles amis du Roi qui ont partagé son exil .et ses longs malheurs ^ et dont le .dé-

Digitizod by G<.jv.' .ic

Teàmeni as petit plus être mis en doate i qb^oil le suppose à ma place (eù dulnkettant

qu^ii a pu croire qu'il ewtait , après le ao mars » un autre moyen de senrir le Roi obli<** fé de sortir da royaume , que de le suivre à Gand ou d^aller grossir Parmée vendcenne'):

a^ra-t^il autrement que |e n*ai &it ? Croira* t-il pouvoir opposer d'autres digues au tor* reut, pour en détourner ou pour eu dimi-^ imer les raTages? Que l'esprit de part! TeuiUê se prêter à l'idée qu'on sert aussi le Roi de France en servant la cause des Français , et ma conduite ) ainsi que celle du plus grand nombre de mes frères d'armes, s'expliquera d*une manière honorable. £Ue paraîtra , je ne db pas seulement conforme , mais idea^* tique avec celle qu'aurait tenue, pendant les trois mois d'interrèghe , le serviteur le plus fidèle de Sa Majesté.

Celui-ci ayant accepte un commandement du gmwernemeni de fait qui goil-*

veniâ la France après le 20 mars, aurait pris pour r^le de sa conduite d'dpargner lé sang français ; il aurait opposé le calme de

la raison aux efforts inuliles du dévouuient

réduit au désespoir ; il eût ralenti renthau'^

siasmc irréfléchi des troupes, et les aurait maintenues aous les lois de la discipline en faisant résonner à leurs oreilles le nom de patrie et d'honneur, que des militaires français n'entendent jaipais en Tain ; constàmment phcé entre les déux partis « toujours prêts à en venir aux mains , il eut retenu le Taincu par une administration paternelle , et le Tainquenr^ par une -volonté ferme» par un caractère de justice inébranlable ; il eût, au lieu de punir des crimes , exCus^ des fautes ; il se fût montré d'autant plus indulgent pour le passé , qu'il avait plus à craindre du présent ^ et plus à espérer de TaTenir ; forcé par les événemens à marcher dans la direction qui lui aurait été indiquée , il eût , comme je Val &it , adouci la rigueur des ordres ministériels , en exerçant une administration sage et modérée « au milieu des germes d^nn^ rétolution prête à kréeommencer.

A répoque où lea tfoubles désolaient le midi de la France , où Brune était assa^itlé à Avignon , où Ramel tombait sous les coups d«s révoltés dcvTouléUâe , où déjà se méditait à Nîmes Tassassinat du général Lagar i :

oùMontlpêlHer ^ît le thëâtré des réactions fianglanie^ , Bordeaux jouissait du caiiïie le plus parfait » et ce calme était mon oa-

vrage.

Qu'eût iait de plus pour la ville de Bor'deaux cet ami fidèle du Roi , dont je: viens de tracer la conduite en faisant Texposé de la mienne ? -Ne serait- il pas en droit , après de pareils services , de venir au pied du trône en solliciter le prix? Quel enncini, ou même quel courtisan oserait lui envier les dignités et les honneurs dont le Monarque croirait devoir payer son zèle ? Je puis me prévaloir des mêmes droits ; je n^aspire pas aux mêmes récompenses : la justice est la seule faveur que je demande. Me sera-t-elle refusée ? ;

Une ordonnance royale m'accuse : qu'un jugement solennel m'acquitte et me rende à ma patrie ^ ou que la noble bonté du Roi repare l'erreur de son ministre. Je ne sollicite de S, M. ni grades , ni emplois « ni pensions, ni honneurs: je réclame ma qualité de Français , la plus chère de mes propriétés , celle que j'ai acquise par ma naissance , que j'ai légitimée par mes sertices;

)e lui redemandemoa hoxmeur, dont 4ia acte laïnistëriel ne saurait me priver -cet bon*

^neur que j'ai payé de mon sang tant de fois

.y^:^. dan» le»« combats ; je réclame enfin une patrie, celle que j^ai 'defiendoe , et à riUiistication,de. laquelle j^ai peut-être cùatribùé par messserrices. • Qoe diront més 'vieox camaràides qui se

.reposent dans leurs retraites après d' honorables travaux? que. diront* ils en voyant mon nom sur une liste d^ennemis de la France ; croiront-ils que je me sois rendu indigne de leur estime ? non ; ils me dë£endront conire les atlciulcs de la calomnié.' Il parlera pour moi, ice vétéran de Thonneur qui a guidé mes premiers pas dans la carrière des armes il sait mieux qu'un autre .i|ue les leçons quUl m'âi données n*é-

, taient pas de nature à &*e(&cer d^ ma mé^ moire, "

. £st.*ce pour déf>rédation que le général Clausel est proscrit? diront les soldats qui m^ont ' suivi dans mes campagnes dltaiie.

Non f son désintéressement est connu ;' nous

l'avons vu parer nos muséums de plusieurs chefs-d'œuvre de Tart qu'il avait reçus des

SDuverains en dom pcrsonùels. Aurait- 0 lâchement abandonné les traipes qui loi Dût été confiées ? non , diront 1«8 Françafo tfli

m^ont suivi à Saint-Domingue » nous savons tût» que c'est à lui que noué dévoila notre retour dalis notre patrie. Antalt-^il ttiànqué i rhonneur ? ils répondront pour moi , les brares qui m'ont tu Aor les champs de ba-> taille en Prusse et en Autriche. S'est- il montré injuste ou cruel dans son administration, celui que nous aviôns tornotnmé en Espagne ia Ptovidence des vaincus et ^dBs malhmreuûit^ Enfin « pourront dire lés .braTca qui m^ont vu défen^ré pied à pied le sol de la patrie ^ Clausél ne peut avoir trahi son pays« qu'il à servi vingt^^inq ans avec-wi dévoûment sans bornes ; n'est-ce pas lui qui nous écrivait encore dans les derniers jours de son conïmandemèùt : Més, amis , si les Espagnols osent, franchir nos fraoUères ^t je quiite. Bordaawv ei je viens me mêUre à voire Êêie^

Tels sont les témoins que j'invoque et les déiensenrs que f avoue. Si leurs efforts réunis ne parviennent pas à fiiire taire la calomnie, à désarmer l'esprit de parti et la

Digiu^

Mine à^mt &ctioii , diors je rédamèrai hautement la promesae royale de Madame

\à ducbesee d'Angouléme^ de la fille adop« tiTe de ce Moi tfm l'Europe cmmUt pmar

n*ai>oir fcanais promis en çain; je n'hésiterai pas à lui dire ; « M ad am e , vous m'avez conAé » les destinées d'une des principales Tilles » dii royaume ; vous Tavez remise entre mes » mains au moment où elle touchait à sa » ruine ; vous y aviez laissé le souvenir de j» votre héroïsme ; cent mille des plus fidèles » sujets du Roi étaient commis à ma garde; » je suis arrivé , j'ai calmé les factions , j'ai » ramené la sécurité, j'ai accordé protecn tion à tout le monde ; je n'ai voulu voir » partout que des Français ; je ne vous » demande pour prix de ce que j'ai fait que Y> de me rendre à ma patrie , de m'y rendre » avec honneur , et de me permettre d'y » mourir après vingt-cinq ans d'une car- » rière sans reproche; ce que je vous de- » mande , est non-seulement une justice, » c'est un droit acquis; c'est un engage- » ment sacré que vous avez pris avec moii y » en me faisant transmettre ces paroles .» dignes de la fille de Louis XYI ; Dnzs a

» <iLAÛSEL<|ÙE^ DANS TELLE CinCONSTAMCE

3» JQIIE JE ME TUOUVE, JE LUI TlENDilAi j» TOUJOURS COMPTE DE CE QU'iL ADEA » 'VAIT VÔUR LA TILLE 'DE BORDEAUX. »

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