‹ Exposition abrégée du système phalanstérien de FourierChapitre 10 sur 37 · ORGANISATION DU TRAVAIL. U · texte numérisé non relu

ORGANISATION DU TRAVAIL. U

part, le travail pour lequel ils ont un chef à nommer, et d’autre part, les individus qui briguent leurs suffrages ; car ceux-ci ont fait leurs preuves depuis longtemps sous les yeux de leurs collègues : on sait de quoi il sont capables, quel est leur talent et leur degré de supériorité. C’est comme à l’École polytechnique, où les élèves se connaissent même mieux entre eux qu’ils ne sont connus de leurs professeurs. Les électeurs sont donc parfaitement compétents sur les choses et sur les personnes. Dèslors, il est presque impossible que le plus digne ne soit pas élu. Si, par intrigue ou autrement, le contraire arrivait, l’honneur et les intérêts du groupe en seraient compromis. Les groupes rivaux, ou ceux des phalanges voisines, s’empresseraient de réparer l’injustice en attirant dans leur sein, par des offres avantaseuses, le talent méconnu. Ainsi, tout homme est sur de parvenir aux emplois qu’il mérite. Quelle que soit sa position sociale, du jour où il commence à travailler, il entre dans une carrière qui pourra le conduire, par des élections successives, aux dignités les plus éminentes de son pays, de son continent, du Globe.

Équilibres compensalils.

Mais, dira-t-on, il y a des gens sans capacité : ceux-là seront humiliés de se trouver aux derniers rangs. — Réponse : Dans les phalanges, le travail est très-divisé ; il y a pour tout le monde des occupations de toute espèce. Or, puisqu’un individu

prend parta dix,: vingt,trente,travaux différents,, à son - choix, on ne. peut supposer., sans, invraisenv-, blance,. qu’il resieradnféri.eur dans toutes.ses fonctions. Il est certain que dans quelques-unes au moins il surpassera ses collègues, et que dans .d’autres,, il sera d’uno force moyenne ; de sorte qu’un indi—vidu, supérieur à un autre dans une fonction, se trou-, vera son .inférieur dans une fonction différente ; ce qui donnera lieu à un équilibre compensatij. C’est un des beaux effets du mécanisme naturel des séries et des groupes.' ,

; / y"".. Modération universelle.

-,Un autre résultat non moins précieux de cet ordre:: sera de faire pratiquer volontairement, sans qu’il.soil besoin de sermonner les gens, la modération tant .recommandée par les. philosophes. Nous voyons tou.s les jours des hommes, se livrer au plaisir aveu excès.:.Cè;n’est pas, comme on le croit généralement,, parce, que les jouissances sont trop multipliées;', c.’est, au contraire, parce qu’elles sont trop, rares; Les gens riches usent assez modérément des plaisirs-du boire et du manger; c’est que leur table est toujours bien servie. Mais le pauvre qui, pendant six jours, a fait un travail répugnant et pris une mauvaise nourriture, est heureux de pouvoir se dédommager le dimancheou le lundi desprivations de la semaine : il s’abandonne sans mesure aux jouissances.de ce jour exceptionnel; il commet des excès. L’histoire raconte que 32. officiers. d’Alexandre le Grand mou*

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rurent à la suite d’une orgie trop prolongée. Fourier remarque avec raison quesi le dîner de ces officiers avait dù être suivi d’un autre plaisir, par exemple- d’un beau spectacle, les convives no seraient' pas restés si longtemps à table ; ils auraient bu et mangé plus sobrement, auraient goûté deux plaisirs au lieu d’un seul, et ne seraient pas morts gorgés.

Or, dans le régime sériairo, les. hommes.sont à chaque instant sollicités par une foule de plaisirs et de travaux attrayants : ils n’ont que l'embarras, du choix. Comme ils aiment beaucoup la variété; ils, passent fréquemment d’un objet à un autre, et goù-, tent successivement, toutes les jouissances physique^ morales et intellectuelles que la Providence a réservées à la nature humaine. De cette manière,-,ils -nq font point,d’excès, et la modération en toutes: çhoseq résulte de l’affluence même des plaisirs.— : On:vqit. bien que tous les ressorts de la nature humaine ont" été calculés par le Créateur. Il ne s.’agit. que de, les faire, jouer dans le mécanisme social pqm;.ieqiiçjj il les a disposés, — Quelle plus belle preuve: veut-j onde lasuprême.intelligencequi aprésidéà la créaq lion de la nature humaine, que ce résultat, niagnifi-| que, ce plein accord de la Raison et .des Passions;; se réalisant par la plénitude même du développement, par la liberté intégrale de celles-ci! „

C’est au développement général de, ces, yues éle-, vées et religieuses sur l’harmonie préétablie oii.eti ; puissance dans l’homme, que M. Considérant a, consacré la fin de sa troisième séance.,

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