‹ Exposition abrégée du système phalanstérien de FourierChapitre 11 sur 37 · EFFETSIURMONIQUES DE L'ORGANISATION SOCIÉTAIRE · texte numérisé non relu

EFFETSIURMONIQUES DE L'ORGANISATION SOCIÉTAIRE

Répartition proportionnelle au capital, au travail et au talent.

Après avoir exposé l’organisation de l’industrie sociétaire et quelques-uns des avantages qui en résultent, M. Considérant s’est occupé de la répartition proportionnelle au capital, au travail et au talent. . Le maintien de l’Association dépend d’une bonne solution de ce problème, car l’Association croulerait si les sociétaires ne devaient pas s’entendre sur la répartition des dividendes.

Le bénéfice total se divise en trois parts correspondantes à ces trois facultés industrielles. Fourier propose d’attribuer quatre douzièmes au capital, cinq douzièmes au travail et trois douzièmes au talent. Mais ce n’est pas une règle, c’est une proportion prise comme exemple : on adoptera, facultativement, toute autre base.

D’abord, quant au capital, il sera rétribué en raison de son utilité. On conçoit que les grandes Associations phalanstériennes auront besoin de capitaux pour accroître leur prospérité. Les capitaux seront donc très-recherchés, et le prix de l’argent s’élèvera d’autant plus que la demande sera plus considérable. La concurrence nivellera le taux de l’inté-

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rèt. Si une Phalange prétendait. payer l’intérêt au-dessous du cours, les détenteurs de capitaux placeraient leur fortune ailleurs. Le capital sera donc rétribué d’après sa valeur sociale. D’ailleurs, chacun en particulier sera intéressé à lui .affecter une part convenable : car, grâce à l’accroissement de ; la richesse sociale et à l’équité de la répartition, tout le monde sera plus ou moins capitaliste en peu de temps. La Phalange fera fonction de caisse d’épargne pour les petits capitaux, qui n’y trouveront pas seulement un intérêt, mais en outre un fort dividende.

La part afférente au capital se distribue aux actionnaires au marc le franc des actions, c’est-à-dire de toutes les sommes, petites ou grandes, placées dans la Phalange et hypothéquées sur l’ensemble de ses valeurs. Rien n’est plus facile que cette distribution: c’est ce qui se fait dans toutes lés sociétés où l’on partage des bénéfices.

Pour régler la part due au travail , on divisera les travaux en trois catégories : travaux de nécessité, d’utilité et d'agrément. Ces derniers seront moins rétribués que les deux autres. Généralement les travailleurs appartiendront aux trois catégories : ils ne chercheront donc pas à faire prévaloir injustement une catégorie sur une autre, et l’on ne consultera que les intérêts généraux. Chaque série recevra un dividende qui sera réparti entre les groupes, et chaque groupe fera la sous-répartition entre les membres qui le composent proportionnellement à leur travail constaté par les relevés des séances.

En ce qui concerne lq rétribution du talent, on

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' a vu'que lés ihommès' les plus 'capables s’éiêvaïent ■ infailliblement, par l’élection compétente, au rang 'quijéür était dû; Il en résulte quelegrade qu’un in- ’dividü occupe dans chacime'dessériesoùilest’en- !i rôlé est'l’expression exacte du talent dont il fait •''preuve dabschaque espèce de travail. Usera donc ; -b\èn r faciië de le rétribuer proportionnellement à ''sotitidënt ; — problème insoluble dans notre organisation sociale actuelle.

- ,L’égoïsme et la cupidité deviendraient voies de justice.

On n’a point à craindre que les chefs de groupe 'Ou dé série's’entendent pour s’adjuger de gros di- ’yidendes au détriment des simples travailleurs, ni queceux-rci se coalisent contre les chefs dansunbut ' analogue.' En effet, tout individu se trouve au . nombre des chefs dans certaines séries, et au nombre des soldats' dans d’autres, .sans compter les .positions intermédiaires. Dès-lors, .il est aisé de voir que les chefs, ne pourraient être injustes envers '.les simples travailleurs,et réciproquement, sans se porter-préjudice à eux-mêmes. Par conséquent, en supposant qu’au jour de la distribution des dividendes, chaque associé ne soit mû que par des sentimènts d’égoïsme et de cupidité, qui disparaîtront complètement du- milieu sociétaire, ses désirs ne .pourront être satisfaits que par une répartition basée sur les.'règles de la justice. Il y, a donc’ parfait .accord de l’intérêt individuel ayec l’intérêt collectif'dans le système sériaire.

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• ; Telle est la solution du problème' de' la 'répartition proportionnelle au capital, au travail et au ta- : lent. M. Considérant A terminé par cette‘question ' son exposition’du système dé Fourier: II'-'a''ensuite récapitulé avec ùneprécisiori'rémarquabléles tlièôries développées dans les quatre séances dü : 'coürS, et il a jeté dans son résumé des aperçus nouveaux et intéressants que nous croyons devoir signaler au lecteur, afin de remplir la fâche que nous nous sommes imposée, de reproduire èn historien’ ' fidèle •la substance des idées exposées par M. Considérant. " ' ‘ ’ ;

. les médecins dans l’ordre sociétaire. ;

En régime sociétaire’, lamédecinos’exerce'dans •des conditions‘différentes de cellesqui lui sonlimpo- 'sées dans les sociétés morcelées.-Aujourd’huiles médecins trouvent leur intérêt à ce qu’ibyait beaucoup de malades. Dans le Phalanstère, ils sont intéressés à ce qu’il y en ait le moins possible. En effet, les médecins ne reçoivent directement aucun salaire des individus ; ils touchent, à la fin de l’année, un dividende comme tous les autres membres dèTAssociation; etco dividende est d’autant plus élevé que . le nombre des malades a été plus faible, que lés médecins ont mieux défendu la phalange contre là maladie. Il résulte de ce système de rétribution que tous les malades indistinctement, quelle que soit leur position sociale, sont traités avec les mêmes soins; que les médecins s’occupent constamment de la santé de

leurs coassociés, 'et que leur rôle ne se borne pas à guérir les maladies qui surviennent, mais consiste surtout à les prévenir en prescrivant toutes les mesures d’hygiène publique et privée capables d’améliorer l’état physique de la population en masse.

Impossibilité du vol.

Dans un Phalanstère, le vol est impossible. D’abord, les hommes n’y sont pas poussés par la misère, malesnada famés ; ensuite leur moralité grandit sous l’influence du travail et de l’éducation. Mais indépendamment de ces'causes morales, le vol serait empêché par des obstacles matériels presque insurmontables. En effet, le vol ne peut porter que sur un objet de consommation ou sur un objet mobilier. Dans le premier cas, le voleur serait fort embarrassé du comestible dérobé. Où le préparerait-il? comment le consommerait-il ? Dans le second cas, il ne saurait où cacher la chose volée, et ne trouverait personne qui voulût l’acheter, attendu que les particuliers ne font pas le commerce, et que les phalanges seules ont le droit de vendre et d’acheter. Tout individu qui se présenterait devant les administrateurs d’un Phalanstère, avec l’intention de vendre un objet quelconque, serait tenu de prouver la légitimité de sa possession. Ainsi, ni moralement ni matériellement le vol n’est possible.

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