DD CARACTÈRE ORGANIQUE
nité dé but el d'action; 2° le libre ralliement des individualités; 3° la juste et légitime répartition des avantages distribués proportionnellement au concours à la production, dernière condition sans la T quelle les précédentes peuvent un moment exister dans une masse, mais ne sauraient s’y maintenir. ■
L’idée opposée à celle d’Association comporte, par contre : î° l’absence de but commun, 2° la divergence des forces, leur éparpillement, leur hostilité, 3° enfin la répartition arbitraire, frauduleuse ou oppressive et toujours illégitime des richesses ou autres avantages produits.
Ainsi le morcellement, qui représente le fait gé? néral opposé à celui d’ASSociATiON, engendre les résultats précisément contraires a ceux que produirait la réalisation de l’Association ; il engendre la lutte, l’anarchie, la spoliation, l’égoïsme général, quand l’Association établirait la convergence, l'ordre, le ralliement libre et passionné de toutes les individualités dans l’unité de l’action sociale et du bon heur commun.
Si maintenant l’on évoque l’idée du règne de l’Harmonie sociale sur la terre, on conçoit que cette Harmonie ne peut être que le résultat de l’Association de tous les éléments, de toutes les forces, de toutes les puissances de l’humanité. — C’est trop clair ; on n’insiste pas là-dessus.
De ce que nous venons d’établir résulte donc ceci, à savoir:
Que les sociétés caractérisées par le règne de l’incohérence, de l’oppression, de la fourberie, de là
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misère, de l’égoïsme, de la guerre, de tous les fléaux qui peuvent ravager le globe, c’est-à-dire les sociétés subversives, ontle Morcellement pourprincipe fondamental et générateur;
Et que les sociétés harmoniques, qui doivent briller par la richesse, la liberté, la justice, l’union des individus, des peuples et des races, réaliser la Destinée de l’homme et sa Royauté sur son globe, que ces sociétés ont nécessairement l’Jssocialion pour principe fondamental et générateur.
Découvrir le régime sociétaire et le substituer à nos sociétés morcelées, tel est donc, sous de nouveaux termes, l’expression du problème social, du problème de la Destinée.
Résumons maintenant :
L’humanité a sur la terre, sans préjudice du Ciel, une Destinée de bonheur et d’harmonie.
Dans les formes sociales où elle réalise cette Destinée, toutes les forces, toutes les passions, toutes les facultés de ses membres sont associées, librement unies dans l’œuvre de ses grandes fonctions collectives.
L’humanité, ne peut réaliser cette organisation harmonique qu’après avoir traversé des sociétés non harmoniques, c’est-à-dire brutes, incohérentes, pendant lesquelles elle forge les instruments de sa puissance sur la nature.
Enfin/l’humanité, nantie des ressources créées par les périodes antérieures, possédant les sciences, les arts, l’industrie, les instruments nécessaires à l’exercice de son activité sur le monde, doit ac-
DES CONDITIONS DE L’ASSOCIATION. 85 complir le grand , le magnifique progrès qui 'consiste à organiser l’harmonie en substituant Y Association au Morcellement- dans le régime des relations sociales d’individus à individus et de peuples à peuples. (Réalisation pratique du Christianisme.)
La question est donc de découvrir le procédé d’Association qui convient à la nature humaine, de créer la Science de l’Association, ou l’art d’associer. Or, cette science est faite, le mécanisme sociétaire est déterminé ; c’est à le faire connaître et à le réaliser qu’est aujourd’hui la tâche.
vi= THÈSE.
Des condilionsrtel’ Association.
Nous avons dù définir avec précision’le sens du mot Association: ce motse trouve aujourd’hui dans toutes les bouches, et n’y est souvent, comme celui d’Organisation du travail, qu’une vague expression qui sert à toutes les opinions les plus milles, comme les mots de liberté, de progrès, d’ordre, de fraternité, etc., avec lesquels se confectionne le bavardage progressif, ïittéraire, philosophique et politique de ce temps-ci.—Procédons actuellement à l’examen des conditions que la définition du mot contient.
En principe, l’Association doit s’étendre à l’humanité entière. L’objet de la science ne saurait être de rechercher un procédé d’Association qui fût de sa nature limité à un groupe, à un peuple, à une race. Il ne s’agit donc pas pour nous de rechercher les lois
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d’un système d’Association applicable seulement à telle industrie, à tel lieu, à tels hommes. Des Associations partielles, fonctionnant dans un milieu morcelé, sont soumises à l’hostilité extérieure et ne constituent en aucune façon l’Harmonie sociale. Nos compagnies industrielles luttent entre elles comme des individus, et les duels des nations s’appellent des combats et des batailles. Le réseau de l’Association doit s’étendre sur l’humanité entière. Il faut donc que le procédé d’Association soit, par sa nature, applicable en tous les lieux-à tous les hommes.— Pour être universalisable, l’Association doit donc procéder d’une formule déduite des conditions essentielles et générales de la nature humaine.
Rappelons-nous maintenant notre définition de l’Association, et posons les trois problèmes qu’elle contient : 1° but commun , 2° concours libre , 3° répartition proportionnelle. Ceci est capital.
1 0 Sur quel but doivent converger lesforceshumaines, quel doit être l’objet de l’Association? — Cet objet sans doute ne saurait être la destruction, la dévastation universelle. -—L’embellissement et le gouvernement du globe, la création de tous les moyens du bien-être et du développement physique, moral ét intellectuel de l’humanité, l’exercice de I’indus- TniE, en un mot, tel est l’objet sur lequel doit être dirigée tout entière l’activité humaine. — Observons que le mot industrie est pris ici, non dans une acception restreinte aux travaux manuels et mécaniques, mais dans l’acception qui embrasse l’ensemble des créations utiles du génie humain, depuis les
. DES CONDITIONS DE L’ASSOCIATION. S7 industries agricole, manufacturière; etc.,', jusqu’à la )iaute industrie des sciences et des beaux-arts.
Ainsi, l’exercice intégral de Tindustrie , c’est-àdire la meilleure gestion du globe terrestre, ét ; la création de tous les éléments du bonheur, du perfectionnement et de la dignité de tous les êtres, tel' doit être l’objet de l’Association des hommes. ' ' Mais, pour qu’il y aWuniléÆaction entre toutes lés forces engagées dans l’exercice de l'industrie., il" faut que l’industrie soit organisée , combinée en ! mode hiérarchique et unitaire. Cetté condition pose’ ainsilanécessité de I’organisation du travail dans la société. '
2° Les forces ne seront spontanément convergentes, les individus ne fonctionneront en plénitude de liberté dans l’œuvre industrielle, que si l’Organisation cherchée a puissance de. les passionner pour; l’exercice de l’industrie, autrement dit de rendre l’industrie attrayante. .
3° Enfin, si la répartition des produits et avantages créés dans l’atelier social doit être proportionnelle au concours , il faut que l’organisation dë cet atelier fournisse le moyen d’ apprécier le Travail et le Talent aussi bien que le Capital, engagé par les coopérateurs; — le Capital, le Travail et le Talent : sont, en effet, les trois facultés industrielles, les' 1 trois forces productives dont le concours est nécessaire à la création des richesses matérielles ou intellectuelles, et qui ne viendront pas librement se combiner dansl’atelier social, ou qui n’y déploieront pas tonte leur puissance créatrice, si elles n’ont pas
( ,VII e , T B feE. rf ,-
la .garantie, qu’il leur, sera rigoureusement tenu compté de. leur concours. ..
■Ainsi, notre,exacte définition de l’idée d’Association, nous fournil, très-clairement les premières conditions dû problème social, et ces conditions se réduisent en somme à la détermination d’une organisation iNDUSTniEiiLE.ayant la propriété de rendre le travail attrayant et connaissant une règle fixe de répartition proportionnelle aux trois facultés productives-—Il est même, facile de comprendre que çetté secpnde condition rentre dans la précédente, et que :1a découverte du régime de I’inrustrie at-. trayante esc le véritable nœud du problème.
Viv THÈSE. ,
Du tfl avai t-ATMXYAMr. Nœud capital du problème social.
Nous avons pris la question sociale de haut , nous ne l’avons certes pas amoindrie en examinant ses conditions, essentielles, et nous mettons au défi au-., cune ,École politique; philosophique ou religieuse de prouver qu’elle est,, sur cette question, aussi.large, aussi complète et aussi logique. Eh bien! pourtant, nous ,ypici arrivés, non pas à des abstractions vides et retentissantes, mais à un problème qui porte sur la réalité des choses, et dont l’énoncé excite le dédaigneux, sourire de la plupart de nos grands hommes du jour, bien éloignés qu’ils sont d’abaisser leur esprit sublime sur un aussi misérable sujet que celui de industrie-attrayante! Ces hommes ne s’oc-