‹ Exposition abrégée du système phalanstérien de FourierChapitre 4 sur 37 · PREMIÈRE SÉANCE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SÉANCE

distances. Cette loi fournit les moyens de prédire l’état du ciel, d’annoncer les éclipses, le retour des comètes dont les éléments sont observés, de calculer leur distance au soleil à un moment donné, etc., etc.

Les mathématiques ne forment pas une science constituée ; car elles manquent encore d’une loi suprême, d’une formule générale, de laquelle on puisse déduire toutes les théories particulières dont elles se composent. Il en est de même de la physique, de la chimie, de l’histoire naturelle, etc.

■ Là science sociale ne sera donc constituée que si elle possède un principe capable d’embrasser tous les phénomènes sociaux et de satisfaire à tous les intérêts.

Caractère particulier de la science sociale.

Certaines sciences ont un caractère spécial : elles ne se bornent pas, comme l’astronomie, à l’explication des faits, elles ont pour objet la création des phénomènes.' Alors elles sont assujetties à des conditions particulières. Telle est, par exemple, la mécanique. Une machine nouvelle est inventée : d’après la théorie, elle doit produire des résultats supérieurs à ceux qu’on a obtenus précédemment avec les machines existantes : mais l’expérience seule prononce définitivement sur la valeur de la découverte. La science sociale doit avoir les deux caractères. Non-seulement il faut qu’elle explique les laits du passé, et détermine d’une manière générale ceux de l’avenir; il faut en Outre qu’elle produise des procédés pour perfection-

Ber l’ordre social existant, ou pour lui substituer un ordre meilleur. Toutefois, quelque juste que puissé paraître la théorie, les procédés ne peuvent être reconnus bons par la société, qu’après des expériences décisives.

Position et solution générale du problème del’Organisalion.

Dans les sciences, pour bien résoudre un problème, il faut le poser dans toute sa généralité. Par conséquent, si l’on se propose de trouver une nouvelle organisation sociale, il faut chercher un système applicable à tous les peuples du globe. Au premier abord, cette entreprise peut paraître gigantesque et téméraire : mais on va voir qu’elle se réduit, en dernière analyse, à des termes fort simples.

Avant tout, il faut préciser l’idée d'oRGANisATiON. Elle renferme deux idées fondamentales. Un être ou un système organisé suppose, 1° un centre directeur, 2° la séparation, la distinction des éléments divers du système (î).

(0 M. Considérant a rendu celte idée générale dcl 'Organisation très-claire, ainsi quetoules les applications qu’il en a faites soit au globe, soit à la commune, en traçant, sur un tableau, des cercles hiérarchiquement renfermés les uns dans les autres, reliés par des rayons divergeanttoujours d’un centre supérieur aux centres immédiatement subordonnés, etunissaut ainsi successivement et légitimement ces cercles les uns aux autres, dans leur ordre d’impor-

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Cela posé, supposons pour un instant que le problème soit résolu, c’est-à-dire que la société universelle soit organisée. On ne pourra concevoir cette organisation qu’en admettant qu’il existe, sur un point donné du globe, un gouvernement central, lequel étend à toute la terre son action directrice. Et comme ce gouvernement ne pourrait se mettre en rapport avec chaque commune sans intermédiaires, il faudra concevoir que le globe est divi • sé en continents, ayant chacun un gouvernement central ; que les continents sont divisés en empires, les empires en royaumes, ceux-ci en provinces, les provinces en départements, enün les départements en communes. Toutes ces divisions successives ont leurs gouvernements respectifs, et forment des centres subordonnés les uns aux autres, qui rattachent ainsi, par la chaîne hiérarchique, l’ensemble des communes du globe au gouvernement suprême.

Si le globe était ainsi organisé, il lui serait arrivé comme à la France, dont les provinces autrefois hostiles ne forment plus qu’une seule unité nationale.. Or, on voit qu’en définitive le globe n’est, comme la. France, qu’un assemblage de communes, et que la commune est la base, l’élément alvéolaire de la société. Donc, pour réaliser sur la terre une organisation sociale nouvelle, il faut la réaliser dans les communes, et d’abord dans une commune..Si le systèmeest bon, il s’étendra successivement à toutes lesautres, dans un temps plus ou moins long. Les communes étant organisées, il sera facile d’organiser et d’associer les départements, les provinces, les-

royaumes, les empires, les continents. —Donc le problème de l’organisation sociale du globe se réduit, avant tout, à la détermination du meilleur système d’organisation de la commune.

Conditions que doit remplir tout plan d’organisation sociale.

Cette manière de poser, la question sociale appartient à Fourier et à son École : elle a fait impression sür le public. M. Considérant en a tiré immédiate^ ment ces deux conséquences : 4° que tout plan d’organisation sociale, pour être réalisable et positif, doit être expêrimentable sur une lieue carrée dë terrain au plus, sans aucun danger pour l’ordre établi ; 2° que tout plan de réforme sociale, s’il est bon, doit prétendre non à s’imposer par la violence et par le pouvoir, mais à se faire librement accepter par les avantages réels qu’il est capable de procurer à toutes les classes. — Si ces principes étaient reconnus, soit par les gouvernements, soit par l’opinion publique, les plus mauvais systèmes deviendraient tout-à-fait innocents. Par exemple, il n’y auraitrien à craindre des Communistes , dont les opinions sont néanmoins dangereuses aujourd’hui, puisque la doctrine de la communauté des liens laissée dans le vague tend à exciter la guerre du pauvre contre le riche. En effet, ces réformateurs étant obligés de présenter un plan d’organisation, ce plan pourrait être localement expérimenté. Si dans la pratique on le trouvait bon, la société en profite-.

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