‹ Exposition abrégée du système phalanstérien de FourierChapitre 31 sur 37 · DD TRAVAIL-ATTRAYANT · texte numérisé non relu

DD TRAVAIL-ATTRAYANT

ment rétribué d’un travail volontaire, qui lui est dû et partout offert; ce qui vaut mieux pour les masses que les mystifications des constitutions qui les laissent plongées dans la misère et condamnées, pour vivre, aux travaux répugnants, sans seulement leur garantir le droit au travail, le premier droit social de l’homme, celui sans lequel aucun autre n’est garanti , mais qui garantit, entraîne et assure tous les autres.

6° VOrganisation du travail-attrayant est la condition du progrès social, En effet, l’intolérable état des masses de travailleurs devient de plus en plus menaçant au sein d’une civilisation dont les progrès éveillent chez les classes inférieures le juste sentiment de leurs droits, tout en les laissant enfoncées, à côté du luxe croissant des riches, dans les perplexités, les douleurs, les misères de toutes sortes qui sont le cortège de l’industrie morcelée et répugnante, et qui dévouent notre civilisation à la mort, comme toutes celles qui l’ont précédée.,, si nous n’organisons pas bientôt l’industrie-attrayante.

1° Enfin VOrganisation du travail-attrayant est la condition sine quâ non du règne de la moralité. En effet, il ne peut y avoir de moralité pour l’homme, dans la bonne acception du mot, sans le travail ; et le travail ne peut être généralisé, exercé dignement, spontanément, par les pauvres comme par les riches, qu’autant que son exercice sera attrayant. D’ailleurs le travail-attrayant peut seul créer les richesses abondantes, expulser la mi-, sère, etayec elle le vol, la crapule, l’abrutissement,

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le meurtre, toutes les plaies sociales enfin dont la misère étend les pourritures autour d'elle.

Nous sommes donc en droit de conclure, et quiconque ne voudra pas se laisser berner par les ridicules illusions politiques, économiques ou autres au milieu desquelles l’intelligence s’égare encore, s’écriera^ avec nous :

Que la liberté politique et sociale des masses, la dignité humaine, la justice, le progrès, l’harmonie sociale, ne sauraient devenir des réalités que par la réalisation du régime qui rendra le travail attrayant.

Voilà ce que l’on reconnaît avec un peu déportée et de véritable profondeur, et quand on n’a pas l’esprit assez faible pour se laisser imposer par les vacuités retentissantes qui occupent aujourd’hui la place des grandes questions de la Destinée humaine.

En'résumé, le problème social a pour objet I’association universelle, et la solution de ce problème est subordonnée à la découverte du mécanisme de l’industrie-attrayante.

Du mode d’application du principe de l’Association à la construction successive de la société harmonique.

Observons d’abord que le mot de société, qui ne peut pas s’appliquer à des individus isolés, ne peut s’appliquer non plus à des individus réunis seule-

Dü MODE D’APPLICATION. 95

ment en famille.- Ainsi le lion, l’ours, le loup, accouplés mâle et femelle, et nourrissant leurs petits, constituent jusqu’à l’émancipation de ceux-ci une véritable famille. Mais le lion, l’ours et le loup ne peuvent être dits animaux vivant en société ; tandis que l’on désigne comme tels les fourmis, les abeilles, les castors, ou d’autres espèces plus ou moins industrieuses, dont les rassemblements ne sont pas limités aux seules exigences de la reproduction de l’espèce.

La famille, réunion de reproduction, ne peut donc pas, à elle seule, être considérée comme constituant société. Le fait de société n’apparait que quand un plus ou moins grand nombre d’individus se rassemblent, et vivent réunis, à d’autres titres encore que ceux de père, mère et progéniture.

La famille n’est donc pas le premier degré de la société ; le premier degré de la société c’èstle noyau formé par un rassemblement de familles.

Si nous suivons l’échelle des Êtres, nous voyons les individus [des espèces inférieures vivre isolés, sans rapport les uns avec les autres, sans même former temporairement la réunion de famille. Plus haut dans l’échelle, ce lien apparaît -et établit des relations entre les parents et les petits pendant l’époque dupremier développement de ces derniers. Enfin, dans des espèces 1 plus intelligentes, les individus et les familles se réunissent pourpourvoir ensemble à leurs besoins, construire des logements, emmagasiner des subsistances, etc. Mais, remarquoos-le, tant que l’on ne sort pas du règno animal,.

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là 'sociabilité restant à son premier degré, a sa première puissance, n’engendre que des noyaux séparés, des éléments sociaux isolés, sans établir entre cek centres de populations des rapports qu’il n’est donné qu’à la sociabilité humaine de réaliser. Ainsi' lés abeilles, les fourmis, des castors fondent l?îen deè ruches, dés villages, des communes, 1 comme les' oiseaux voyageurs se forment en hordes connaissant dés directeurs, des chefs, des sentinelles et des mesures de sûreté admirables ; mais ces ruches, ces villages, ces communes et ces hordes voyageuses, ces’ëlémènts sociaux primaires, demeurent sans rapport entre’eux, isolés les uns dès autres.

- 'Les espèces animales peuvent donc réaliser le degré primaire de la sociabilité, c’est-à-dire des sociétés dé familles,.niais il ne leur est pas donné de combiner ces Associations primaires entre elles et de réaliser l’unité sociale' de l’espèce.' L’accession à l’imité:'sociale', faculté exclusive de l’Être pivotai,, dominateur, recteur et nécessairement unique, est réseévéèà Thomme, et distingue l’espèce humaine dé toutes les autres en ia marquant du signe royal. D’où’il est évident déjà que ce n’est pas l’hommeindividû qùi : peut être appelé le Roi de la création,, mais seulement l’Homme-espèce.

Il résulte de ce que nous venons de dire que là société humaine se constitue sur des noyaux de population, occupant chacun une certaine surface dusoi, ; et aptes à nouer des relations extérieures entre ’ dus’:’ dernier caractère qui là distingué de la socia-’

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